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10 $ pour faire débarrer sa porte la nuit aux résidences de l'UL

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(Québec) Alors qu'elle demande à ses étudiants qui vivent en résidence de toujours verrouiller leur porte de chambre, l'Université Laval a comme politique de demander 10 $ chaque fois qu'un étudiant s'embarre à l'extérieur de sa chambre la nuit, a appris Le Soleil.

«On essaie de responsabiliser les étudiants afin qu'ils n'oublient pas leurs clés», explique Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l'Université Laval. Au premier oubli, l'étudiant a le droit de faire déverrouiller sa porte gratuitement par un agent de sécurité. Mais pour les autres fois dans l'année où il oublie ses clés entre 17h et 8h, il doit payer 10 $. 

En réaction à la série d'intrusions et d'agressions sexuelles survenue à la mi-octobre au pavillon Alphonse-Marie-Parent, l'Université Laval a envoyé un message à tous les étudiants vivant en résidence, leur rappelant de bien verrouiller leur porte de chambre la nuit. Rappelons que le principal accusé dans cette affaire, Thierno-Oury Barry, 19 ans, se serait introduit dans une quinzaine de chambres déverrouillées du pavillon. Quatre femmes qui auraient reçu sa visite cette nuit-là ont porté plainte pour agression sexuelle.

Mme Stewart indique que le service de sécurité de l'Université répond chaque mois à environ 30 demandes d'étudiants qui se trouvent embarrés à l'extérieur de leur chambre la nuit, et que ce nombre n'a pas augmenté depuis un mois. 

Pour Éric-Jan Zubrzycki, représentant syndicat des agents de sécurité, ces frais de 10 $ sont un non-sens, voire «une hypocrisie de la part de la direction». «On incite carrément les gens à laisser leur porte débarrée la nuit! C'est parce qu'en résidence, tout est à l'extérieur de la chambre : la toilette, la douche et la cuisine pour aller se faire à déjeuner», commente-t-il. 

Selon le représentant syndical, cette politique complique la vie des étudiants qui, ensommeillés, voudraient aller à la toilette à 2h du matin. «Lorsqu'ils vont prendre leur douche, ils doivent avoir leur clé autour du cou?» se questionne-t-il. 

Audit de sécurité

Depuis la série d'intrusions, l'Université Laval mène un audit de sécurité dans ses résidences. Par des sondages et des discussions de groupe, elle recueille l'avis des étudiants et révise ses façons de faire. Dont les frais de 10 $? «Toutes les pratiques sont évaluées», répond Mme Stewart. 

Ces derniers jours, l'Université a installé de nouveaux lecteurs de cartes magnétiques, question de rehausser la sécurité à l'entrée du pavillon Alphonse-Marie-Parent. D'ici peu, tous les résidents troqueront leur clé de pavillon pour une carte magnétique et les visiteurs devront s'annoncer dans un interphone. 

Selon Mme Stewart, ces nouveaux dispositifs permettront à l'agent de sécurité de ne pas rester posté à l'entrée du pavillon 24 heures sur 24 et de plutôt patrouiller sur les étages et dans les espaces communs. 

Ces dispositifs pourraient s'étendre aux autres pavillons de résidences plus tard dans l'année et l'ensemble des changements à la sécurité devraient être mis en oeuvre d'ici le printemps 2017. 

«Ça montre qu'ils font quelque chose, mais, selon moi, ça empêchera rien», a commenté Rémi Georges, un résident du pavillon Parent jeudi. L'étudiante Saoussen Gammondi trouve quant à elle ces mesures rassurantes, elle qui deviendra locataire d'une chambre au pavillon Moraud au cours des prochaines semaines.

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