Larouche et Lagacé n'auraient pas été mis sur écoute, dit le SPVM

Vincent Larouche et Patrick Lagacé... (La Presse, David Boily)

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Vincent Larouche et Patrick Lagacé

La Presse, David Boily

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Émilie Bergeron, Louis Cloutier
La Presse Canadienne
Montréal

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a réagi aux informations parues dans La Presse, samedi, en réitérant que le chroniqueur Patrick Lagacé et le journaliste Vincent Larouche n'avaient jamais été mis sur écoute.

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Le chef du Service de police de la Ville de Montréal Philippe Pichet

La Presse Canadienne, Ryan Remiorz

La Presse rapportait que le SPVM a demandé et obtenu un mandat pour placer sur écoute MM. Lagacé et Larouche. Le service de police ne se serait donc pas contenté d'obtenir le droit de fouiller les relevés téléphoniques et de géolocaliser les journalistes. Le quotidien ignore cependant si ce mandat d'écoute électronique a été utilisé.

Par voie de communiqué samedi, le directeur du SPVM a maintenu que seuls les policiers faisant l'objet d'une enquête ont été sur écoute électronique. Philippe Pichet a cependant précisé que toute personne ayant communiqué avec les policiers en question a pu être entendue dans le contexte de ces conversations. Le communiqué affublé du titre «Le SPVM dément les informations parues dans La Presse ce matin [samedi]» ne semble toutefois ni confirmer ni infirmer l'existence d'un mandat ciblant directement les journalistes.

M. Pichet, qui assure avoir agi en toute légalité, a dit vouloir demander à la cour une levée rapide des scellés sur les données concernant Patrick Lagacé, par souci de transparence.

Plus tôt samedi, le chef du Parti québécois a réclamé sa suspension, le temps que la lumière soit faite sur les deux cas de surveillance policière révélés dans la dernière semaine.

Jean-François Lisée a fait valoir que, dans la foulée des informations rapportées par La Presse, la suspension de M. Pichet, «l'un des acteurs principaux de ce qui est un manque de jugement, sinon un abus de pouvoir», devient d'autant plus nécessaire.

«À chaque jour qui passe et lorsqu'on en apprend davantage, on voit que l'une des personnes que la commission d'enquête voudra le plus voir et interroger, c'est bien le directeur Pichet et donc il faudrait l'extraire de son travail immédiatement pour ne pas entacher la preuve d'aucune façon [...] Il faut prendre cette précaution», a-t-il lancé, en entrevue avec La Presse canadienne.

Le chef péquiste a précisé qu'il demandait déjà qu'un tel geste soit posé depuis le début de la semaine. Il n'exige toutefois pas la démission du directeur du SPVM pour l'instant.

Les problèmes du SPVM

«Les problèmes du SPVM sont plus profonds que la seule identité de la personne qui le dirige présentement», a soutenu pour sa part Patrick Lagacé.

«Il y a une culture qui fait en sorte que dans le haut commandement, on se moque de la liberté de presse, on méprise les journalistes», a-t-il dénoncé, en entrevue avec La Presse canadienne.

Selon la lecture d'une déclaration sous serment et d'une autorisation judiciaire obtenues par La Presse, la police aurait eu l'autorisation de mener des écoutes électroniques auprès de M. Lagacé, de même que de Vincent Larouche.

Leurs communications privées pouvaient être interceptées, aurait écrit le juge Marc Bisson, de la Cour du Québec, dans un mandat d'écoute signé en mai dernier et valide pour 60 jours - toujours selon les informations de La Presse.

La Presse ignore cependant si les deux journalistes ont finalement été écoutés. Ils n'ont pas reçu un avis de 90 jours les prévenant qu'ils avaient été écoutés, comme le prévoit la loi.

Cette semaine, le directeur du SPVM avait déclaré devant les médias qu'il n'avait jamais été question d'écoute électronique de Patrick Lagacé dans ce dossier.

Aux yeux du chroniqueur, il est impératif de mettre en lumière le fonctionnement du SPVM au-delà «des versions roses et édulcorées des communiqués de presse».

«La seule solution à laquelle je peux penser à mon niveau, c'est de continuer à faire du journalisme», a-t-il lancé.

De son côté, Jean-François Lisée affirme qu'il revient «légalement» au premier ministre, Philippe Couillard, de suspendre Philippe Pichet - et non au maire de Montréal, Denis Coderre.

Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux a écrit sur sa page Facebook en fin d'après-midi qu'il était en contact avec le maire Coderre «depuis tôt [samedi] matin».

«Tout au long de la journée, nous avons échangé sur cette situation qui me préoccupe au plus haut point. Devant les nouveaux éléments rapportés par le journal La Presse ce matin, les autorités du Service de police de la Ville de Montréal et la Ville de Montréal doivent faire preuve de la plus grande transparence dans ce dossier et poser des gestes afin de restaurer la confiance des Montréalais envers leurs institutions», a-t-il soutenu.

Commission d'enquête

Quant à Denis Coderre, il n'a pas formulé de commentaires samedi.

Le gouvernement a annoncé jeudi qu'une commission d'enquête sera mandatée pour se pencher sur la surveillance policière des sources journalistiques, après que de nouveaux cas, concernant six journalistes, eurent été révélés.

La création éventuelle d'un comité d'experts formé d'un juge, d'un membre des forces policières et d'un représentant des médias avait déjà été lancée. Ce dernier recevra tous les pouvoirs relatifs à la loi sur les commissions d'enquête, qui incluent notamment le pouvoir de contraindre les témoins.

Me Christian Leblanc a été choisi à l'unanimité par une douzaine de chefs des principales salles de nouvelles du Québec pour siéger au comité.

M. Lisée a rappelé samedi qu'il avait demandé au premier ministre que les chefs des partis de l'opposition soient consultés sur la nature du mandat et sur la période qui sera couverte par la commission, se disant déçu de ne pas avoir encore été approché en ce sens.

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