Devoir accompli, estime le chef Desgagné

Après 40 ans de service, dont cinq comme directeur... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Après 40 ans de service, dont cinq comme directeur du Service de police de la Ville de Québec, le chef Michel Desgagné rendra son arme à la fin décembre.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) «Il est toujours difficile de quitter un navire qu'on a piloté et sur lequel on est heureux. J'ai au moins le bonheur de constater que le vaisseau est en excellente condition et qu'il sait exactement où il s'en va. Et que son équipage est fin prêt à affronter le beau temps comme la tempête.»

Après 40 ans de service, dont cinq comme directeur du Service de police de la Ville de Québec, le chef Michel Desgagné rendra son arme à la fin décembre. Il part avec le sentiment d'avoir contribué à moderniser les pratiques policières et rendu la ville plus sécuritaire.

La police a bien changé depuis ses débuts comme policier-pompier à Beauport en 1977. M. Desgagné a intégré la police de Québec en 1993 lors d'une fusion des services. Il était alors lieutenant. Il a été tour à tour responsable des événements spéciaux et des mesures d'urgence, commandant de poste, directeur adjoint à la gendarmerie, puis aux enquêtes, avant d'assumer la plus haute fonction.

«Je suis très fier d'avoir contribué à faire du SPVQ l'organisation policière performante qu'elle est aujourd'hui. Notre service est devenu une référence, et ce, dans plusieurs domaines, dont la formation, l'emploi de la force, la gestion des événements spéciaux.»

Même si le service peut porter flanc aux critiques, il se réjouit du fait que 93 % des citoyens considèrent la ville assez ou très sécuritaire. Une donnée relative à la diminution du taux de criminalité au fil des ans, notamment les crimes contre la propriété.

Et ces critiques ont afflué dès sa première année comme directeur lors des manifestations étudiantes du printemps érable. Les groupes populaires accusaient le service de faire des arrestations abusives. Il reparle de cet épisode avec sérénité. «Les manifestations étudiantes ont été un succès pour la Ville. Bien sûr, on a été critiqué. Mais il fallait protéger et les citoyens et les manifestants. On l'a géré de la bonne façon. On avait des principes qui étaient clairs.»

Festive et sécuritaire

La gestion des grands événements et le contrôle de foule sont justement, selon lui, un moment décisif de sa carrière. Il a grandement contribué à changer et à moderniser les pratiques. «Quelqu'un me rappelait que les policiers n'avaient que leur veston de cuir pour se protéger des pierres et autres projectiles lors de la première sortie officielle de l'unité de contrôle de foule en mai 1996.»

Outre l'équipement, c'est la philosophie derrière la gestion des grands rassemblements qui a changé. «Maintenant, ce n'est plus seulement la responsabilité de la police, mais de l'ensemble des services de la Ville. La participation de chacun permet maintenant le déroulement de grands événements de façon sécuritaire et dans l'ordre», souligne-t-il. Il pense notamment au virage opéré durant la Saint-Jean-Baptiste. Ce qui était une beuverie est devenu une fête plus familiale.

Récents changements

S'il juge ne pas avoir réalisé tous les projets qu'il souhaite, il se félicite d'avoir lancé de récents changements majeurs. «J'ai eu le temps de mettre des choses en marche», lance-t-il, en référence au plan de redéploiement de la gendarmerie sur le territoire, y compris la construction d'une nouvelle centrale dans Lebourgneuf pour 2020 et le réaménagement d'une centrale au centre-ville, près de la rue du Pont.

Le successeur de Michel Desgagné n'est pas encore connu. Tout en lui souhaitant la meilleure des chances, il lui donne un seul conseil. «Le bateau est bien enligné. Il devra prendre en considération ce qui a été fait dans l'évolution du service depuis la fusion de 2002 pour que Québec garde sa réputation de ville sécuritaire.» 

Contrairement à son prédécesseur, le regretté Serge Bélisle, emporté par le cancer, M. Desgagné part en pleine forme. Il affirme même être déjà prêt à assumer de nouveaux défis professionnels. Il a déjà reçu quelques offres qu'il prendra le temps d'analyser. «Peut-être qu'on va se recroiser», conclut-il, sourire aux lèvres.

Michel Desgagné sur...

La gestion du service

«J'ai contribué au bon climat de travail. On a un service qui est facile à diriger. En plus, le chef a toujours eu la liberté de faire ses opérations sans intervention politique.» 

La mise en accusation de policiers

«C'est probablement les changements sociaux qui sont en train de s'implanter. Il y a une justice sociale qui se fait sur les réseaux sociaux, et c'est très difficile à gérer. On doit faire en sorte que la vérité sorte tout en respectant les droits des policiers.» 

Les caméras corporelles

«À un certain niveau, ça peut être pratique. Mais c'est très ardu de gérer les données et les enregistrements. Et c'est aussi très dispendieux.»

L'utilisation du pistolet à impulsion électrique

«On a les balises nécessaires pour l'emploi de la force. Je suis confiant sur la façon dont on l'utilise. Je considère que le Taser est sécuritaire. J'ai testé le Taser [reçu une décharge], mais pas encore osé tester l'arme à feu.»

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