Sortie de route mortelle à Lac-Beauport

Des délais d'intervention supplémentaires auraient été causés par... (Collaboration spéciale Steve Jolicoeur)

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Des délais d'intervention supplémentaires auraient été causés par une confusion dans les protocoles applicables en cas d'accident à Lac-Beauport.

Collaboration spéciale Steve Jolicoeur

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(Québec) Un résident de Sainte-Brigitte-de-Laval est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à la suite d'une violente sortie de route sur le chemin Traverse de Laval, un tronçon réputé comme étant dangereux. Le conducteur se serait endormi au volant pour ensuite demeurer coincé à l'envers dans son véhicule de longues minutes avant d'être secouru.

Stacy Caron, 32 ans, circulait seul à bord de sa voiture, à Lac-Beauport, lorsque le drame est survenu devant le 113, chemin Traverse de Laval. Selon la Sûreté du Québec (SQ), son véhicule a fait plusieurs tonneaux avant de s'immobiliser de l'autre côté de la chaussée. Sa ceinture de sécurité n'était pas bouclée à l'arrivée des secours. 

Selon les ambulanciers, l'homme était en détresse cardio-respiratoire, mais toujours en vie lors de son transport vers le centre hospitalier. «Il était instable, mais il y avait toujours un pouls», a expliqué David Munger, superviseur à la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ). L'état de M. Caron, copropriétaire de l'entreprise Les Paysages Signature, s'est dégradé plus tard à l'hôpital, où il a succombé à ses blessures. 

La SQ a rapidement écarté la présence d'alcool comme facteur ayant contribué à l'embardée mortelle. Selon la porte-parole Christine Coulombe, les premières constatations laissaient croire que l'automobiliste se serait endormi au volant. «C'est une hypothèse à considérer», a-t-elle dit. La SQ a ouvert une enquête.

Confusion?

Le Soleil a reçu samedi des informations laissant entendre que des délais d'intervention supplémentaires avaient été causés par une confusion dans les protocoles applicables en cas d'accident à Lac-Beauport. L'usage des pinces de désincarcération, équipement que ne possède pas la municipalité, serait au coeur du problème. 

L'appel d'urgence initial réalisé par une passante est entré à 3h36 du côté de la SQ. M. Caron ne s'est pourtant retrouvé à l'hôpital qu'à 4h58. Les autorités ont généralement comme norme d'amener le patient aux urgences en une heure au maximum, la «golden hour» (heure critique), dans le jargon pour traiter les polytraumatisés. 

Le Soleil a eu accès à un enregistrement de l'intervention. Selon ce qu'on peut y entendre, le directeur du Service d'incendie de Lac-Beauport, Nicolas Couture, demande à plusieurs reprises l'appui des pompiers de Québec pour sortir M. Caron de son véhicule. Il finit par s'impatienter et affirme avoir devant lui un homme en détresse cardiorespiratoire. 

Selon une source digne de foi, la demande de M. Couture a été faite vers 3h50, dès l'arrivée des sapeurs de Lac-Beauport. Il aura fallu attendre jusqu'à 4h17 avant que les pompiers de Québec de la caserne d'Orsainville ne soient sur place et commencent le travail sur le véhicule de l'homme en détresse. Sur place depuis une trentaine de minutes, les ambulanciers n'ont donc pu prendre en charge M. Caron avant 4h23.

Joint samedi, Nicolas Couture a préféré laisser le directeur général de Lac-Beauport, Richard Labrecque, commenter le dossier. Ce dernier, visiblement mal à l'aise, a indiqué qu'il n'y avait aucune entente avec la Ville de Québec concernant l'usage des pinces de désincarcération, pas plus qu'avec Stoneham, autre municipalité limitrophe possédant les mâchoires de vie. 

Il reviendrait selon M. Labrecque à la SQ de demander un appui en cas de besoin. Or certaines sources ont affirmé que c'était plutôt le rôle des pompiers de Lac-Beauport de demander les pinces une fois sur les lieux de l'accident. Sans entente, Lac-Beauport doit débourser un montant pour chaque intervention provenant d'un service externe sur son territoire.

Selon la CTAQ, les blessures subies par M. Caron étaient très graves et ce dernier a été instable tout au long de l'intervention, sans jamais reprendre connaissance. Difficile donc de dire si une intervention plus rapide aurait permis de le sauver.

Un chemin qui fait encore jaser

Le chemin Traverse de Laval fait jaser ses utilisateurs depuis des années. Reliant les municipalités de Lac-Beauport et de Sainte-Brigitte-de-Laval, il a été nommé pire route du Québec en 2015 au terme d'un sondage populaire mené par CAA--Québec.

Ironiquement, la mairesse de Lac-Beauport, Louise Brunet, avait publié un communiqué vendredi, la veille de l'accident ayant coûté la vie à Stacy Caron, dans lequel elle appelait à réparer ce tronçon cahoteux.

«Le projet de réparer cette route est sur la table depuis des années. Il s'agissait d'une priorité pour moi lors de la dernière élection et je souhaite que cela se règle rapidement. Tous les acteurs sont prêts à procéder, sauf les conseillers municipaux de l'opposition de Lac-Beauport, a-t-elle écrit vendredi, à quelques heures de l'embardée fatale.

Jointe samedi, Mme Brunet s'est refusée à faire de la politique sur le dos d'un drame. Elle a par contre maintenu qu'elle souhaitait que cette route soit remise à niveau le plus rapidement possible. Elle estime que le projet est attaché et que les partenaires financiers sont présents.

Des subventions sont selon elle disponibles jusqu'au 31 décembre. Le projet doit donc être inscrit au prochain budget de la municipalité, qui sera établi d'ici quelques semaines.

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