Mort du petit Nathan: quatre ans de prison pour Nicolas Lacroix

Nicolas Lacroix a été condamné à quatre ans... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Nicolas Lacroix a été condamné à quatre ans de prison, soit la peine minimale prévue à la Loi, pour avoir causé la mort du petit Nathan Lecours en faisant une démonstration d'arme à feu.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Ce sera quatre ans.  La Couronne en aurait voulu six. Nicolas Lacroix a eu sa peine; les parents du petit Nathan Lecours, eux, poursuivent la leur.

Nicolas Lacroix est calme. Il ne tente plus de fuir les caméras. Après avoir changé d'avocat trois fois et s'être débattu dans un procès, l'électricien en construction âgé de 40 ans donne l'impression d'accepter son verdict. 

Lacroix s'est présenté chez son amie Mélanie Bissonnette le 3 mai 2012, rue Foisy, dans le Vieux-Lévis, afin de montrer à la jeune mère comment faire peur à un harceleur avec un fusil de chasse de calibre 12. Un coup est parti alors que Lacroix tentait de retirer une cartouche en pressant la détente. Nathan, qui jouait à faire des «coucous» au bout de la table, a été fauché.

En janvier, la juge Chantale Pelletier a reconnu Lacroix coupable d'homicide involontaire par usage négligent d'arme à feu. En manipulant une arme à feu chargée alors qu'il était en état d'ébriété, dans une maison où vivait un enfant, Lacroix a fait preuve d'une grande négligence, a dit la juge.

En raison notamment de l'alcool, la Couronne réclamait une peine de six ans de pénitencier. La défense estimait que Lacroix, déjà ostracisé, méritait une sentence suspendue d'une année.

Les parties reconnaissent qu'imposer une peine pour un homicide involontaire est une opération délicate; la jurisprudence est très fluctuante, car les circonstances de ce type de crime vont du quasi-accident au presque-meurtre.

La juge Chantale Pelletier a l'habitude de rendre des décisions par écrit. Elle les lit lentement, le ton le plus neutre possible.

La juge va commencer par rejeter la requête de la défense qui voulait faire déclarer inconstitutionnelle la peine de prison de quatre ans prévue pour l'homicide involontaire commis avec une arme à feu. Ce serait une peine cruelle et inusitée en raison des circonstances déchirantes de l'événement, plaidait la défense.

La juge, elle, estime que le cas de Lacroix ne se distingue pas des causes déjà analysées par les tribunaux. «La peine minimale de quatre ans, quoique parfois sévère, n'est pas exagérément disproportionnée», estime la juge Pelletier.

«Marquée au fer rouge»

Lorsque vient le temps de prononcer la peine qu'elle a réservée à l'accusé, la juge Pelletier lève les yeux de son texte. Elle regarde la mère de Nathan, Mélanie Bissonnette, assise toute droite dans le fond de la salle, ainsi que les grands-parents paternels du petit, qui ont suivi chacune des auditions depuis quatre ans. En plus de celles de l'homme qui avait harcelé leur ex-belle-fille.

«Le Tribunal comprend la douleur de la famille de la victime. Peu importe la peine, elle ne sera jamais représentative de cette vie perdue», dit sobrement la juge. 

La pondération, soit le juste équilibre, commande que la Cour examine aussi la situation de l'accusé dont la vie est «maintenant marquée au fer rouge», ajoute la juge. Nicolas Lacroix, père d'un garçon de douze ans, a des valeurs prosociales et présente des remords sincères, estime la juge. C'est pour cette raison que la peine minimale de quatre ans prévue au Code criminel est appropriée pour lui.

Nicolas Lacroix n'aura plus le droit de posséder une arme pour le reste de sa vie.

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Nathan Lecours

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Les grands-parents paternels du petit ont suivi chacune des auditions depuis quatre ans. En plus de celles de l'homme qui avait harcelé leur ex-belle-fille.

Le Soleil, Erick Labbé

Les souvenirs restent

Nathan aura toujours deux ans et demi dans les cadres qui ornent le salon de Micheline Lecours. Et sa «mamie» continuera à lui jaser. 

Petit blondinet aux joues rondes, aux yeux bleus brillants, Nathan Lecours aura vécu deux ans et demi. C'est peu, mais bien assez long pour que ses grands-parents paternels accumulent une foule de souvenirs de fous rires, de pitreries. 

Les parents de Nathan, Mélanie Bissonnette et Éric Lecours, s'étaient séparés quelques mois avant le drame qui allait bouleverser leur vie. 

Longue guérison

Ces derniers ont tous deux eu des enfants après la mort de Nathan, mais n'ont pas réellement recommencé à vivre normalement, constate douloureusement Micheline Lecours. 

Lors de chaque anniversaire du décès de Nathan, Micheline et son mari Florian Lecours voient leur fils Éric sombrer dans le chagrin. «J'espère que ça va être différent l'année prochaine», glisse Micheline Lecours.

Entourée de ses proches, Mélanie Bissonnette n'a pas souhaité commenter la fin de ce chapitre épouvantable. 

Elle a confié à la procureure de la Couronne, Me Sarah-Julie Chicoine, que son deuil pourra enfin commencer, maintenant que le responsable de la mort de son fils est en prison.

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