Les juristes de l'État manifestent à Québec

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(Québec) Quelques centaines d'avocats et notaires de l'État québécois se sont rassemblés pour une sobre manifestation culminant devant le palais de justice de Québec, lundi matin, marquant ainsi le début d'une grève générale illimitée.

Sans contrat de travail depuis mars 2015, les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ) sont passés de la parole aux actes, lundi. Dès 8h30, près de 300 juristes ont entamé une marche de la place George-V, sur la Grande Allée, jusqu'au palais de justice, lançant officiellement une grève générale illimitée destinée à relancer les négociations avec le gouvernement.

«On nous considère moins que des procureurs de la Couronne, ce n'est pas vrai», a lancé aux manifestants réunis le président du syndicat de LANEQ, Jean Denis, rappelant l'importance de la présente négociation et saluant la détermination de ses confrères et consoeurs.

Le principal litige entre LANEQ et le gouvernement concerne le format des négociations, le syndicat d'un peu plus de 1000 juristes désirant un mode d'arbitrage liant les deux parties, à l'image de ce qu'il se fait dans plusieurs autres provinces canadiennes. «On s'est fait dire non trois fois à cette nouvelle demande.»

Des services essentiels trop larges

LANEQ a par ailleurs l'intention de demander une révision judiciaire au sujet de la décision du Tribunal administratif du travail, qui a imposé un cadre trop large, selon Jean Denis, aux services essentiels devant être maintenus durant la grève. «On trouve que ça n'a pas de bons sens», a-t-il plaidé, comparant la décision avec celle rendue lors de la précédente grève de LANEQ, en 2011.

«Pour nos gens qui plaident devant les tribunaux, et l'on en a au-delà de 300, je crois, c'est un recul par rapport à 2011», a expliqué le président du syndicat. «Ils vont devoir aller faire des demandes de remise, et si les demandes ne sont pas accordées, ils vont devoir faire leurs dossiers.»

À noter que la grève ne perturbera pas les activités judiciaires quotidiennes dans les palais de justice, les juges, procureurs de la Couronne et employés de soutien du système juridique n'étant pas concernés.

Le déclenchement de la grève à moins de deux semaines du 4 novembre, date butoir pour déposer des projets de loi en vue de la prochaine session parlementaire, est «évidemment stratégique», reconnaît Me Denis. Le gouvernement devra rapidement revenir à la table de négociation, ou encore obliger ses juristes à retourner au travail à l'aide d'une loi spéciale, comme ce fut le cas dans les deux dernières négociations entre les deux parties.

Bien qu'il avoue craindre une autre loi spéciale, Jean Denis dit espérer que la grève poussera plutôt les négociateurs du gouvernement à évaluer sérieusement les demandes de LANEQ. «C'est très légitime ce qu'on demande.»

Le rassemblement de lundi matin se voulait volontairement calme, sans chansons, slogans ou casseroles, a précisé Me Denis. «Pourquoi? Parce que notre employeur nous respecte, on le respecte, mais maintenant, on veut qu'il nous prenne au sérieux.»

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