Procès de l'ex-juge Delisle: suicide et homicide sont possibles

Le procureur de la Couronne Michel Fortin... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le procureur de la Couronne Michel Fortin

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Nicole Rainville peut s'être suicidée ou avoir été victime d'un homicide. La preuve pathologique laisse les deux portes ouvertes, convient l'expert de la défense.

Les traces de noir de fumée trouvées sur... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

Agrandir

Les traces de noir de fumée trouvées sur la main valide de la victime peuvent avoir été laissées alors qu'elle tirait elle-même, tenant l'arme à l'envers, selon la théorie de la défense, ou à l'occasion d'un geste de défense, comme le soumet la poursuite, a convenu le Dr Shkrum.

Photothèque Le Soleil

Les traces de noir de fumée trouvées sur... (Photothèque Le Soleil) - image 1.1

Agrandir

Les traces de noir de fumée trouvées sur la main valide de la victime peuvent avoir été laissées alors qu'elle tirait elle-même, tenant l'arme à l'envers, selon la théorie de la défense, ou à l'occasion d'un geste de défense, comme le soumet la poursuite, a convenu le Dr Shkrum.

Photothèque Le Soleil

Depuis le début, les avocats de Jacques Delisle défendent une thèse : Nicole Rainville, dépressive et handicapée, s'est enlevé la vie le 12 novembre 2009 en se tirant une balle dans la tête à l'aide du pistolet de calibre 22 de son mari. Selon la défense, la septuagénaire tenait l'arme à l'envers, de sa main gauche, la seule valide.

D'abord pour les émissions Enquête et Fifth Estate, puis pour la défense, le Dr Michael Shkrum, pathologiste judiciaire de London en Ontario, a révisé le cas à l'aide de photos et de radiographies. À la lumière de la preuve pathologique, l'expert réputé affirme depuis qu'il y a un doute raisonnable que Nicole Rainville se soit suicidée.

Contre-interrogé par le procureur de la Couronne Me Michel Fortin, le pathologiste expert du clan Delisle a admis que si le suicide ne peut être exclu, l'homicide est aussi une possibilité. 

Les traces de noir de fumée trouvées sur la main valide de la victime peuvent avoir été laissées alors qu'elle tirait elle-même, tenant l'arme à l'envers, selon la théorie de la défense, ou à l'occasion d'un geste de défense, comme le soumet la poursuite, a convenu le Dr Shkrum. «Les taches principale et secondaire sur la main s'expliquent aussi dans un cas d'homicide?» a demandé le procureur de la Couronne. «Oui», a répondu l'expert.

Le procureur de la Couronne a voulu cogner sur le clou encore un peu plus. Il a demandé à l'expert de manipuler une arme - sécurisée - et de la poser sur sa tempe gauche en la tenant à l'envers.

«Vous conviendrez que ce n'est pas une position confortable?» a demandé le procureur de la Couronne. 

Effectivement, tenir un pistolet sur sa tempe est en soi très inconfortable, a d'abord répondu l'expert. «Mais je ne sais pas si c'était confortable pour la personne dans ce dossier», ajoute-t-il.

Parmi les preuves nouvelles que la défense veut voir admettre pour justifier une révision judiciaire, l'expert Shkrum a dessiné une nouvelle trajectoire. 

Selon lui, la balle a traversé l'avant du crâne de gauche à droite avant de ricocher sur la paroi et de glisser jusqu'à l'arrière du crâne.

Des traces de fractures et des microfragments de balle localisés sur son tracé valident son analyse, dit-il.

Le pathologiste de la poursuite parle pour sa part d'une trajectoire directe de la tempe gauche jusqu'à l'arrière droit du crâne.

Le Dr Shkrum a dû convenir qu'avec un poids d'un milligramme comme c'est le cas en espèce, il est possible que les fragments de balle aient migré à travers les vaisseaux sanguins. La poursuite voulait soumettre que, dans ce cas, les fragments ne donnent pas d'indice sur la trajectoire.

Quelques questions plus tard, l'expert a admis la possibilité que l'arme n'était pas perpendiculaire au moment du tir, mais pointait vers l'arrière.

Balistique

Un faux crâne dans une main, un projectile dans l'autre, le procureur de la Couronne Me Michel Fortin a amené le pathologiste judiciaire de plus en plus loin sur le terrain de la balistique. «Ce n'est pas mon domaine d'expertise», a souvent répété le Dr Shkrum, poli et calme.

«Ça me donne pour impression que vous ne voulez pas répondre à ma question», a lancé Me Fortin, d'un ton oscillant entre le sarcasme et l'impatience.

Jacques Delisle, 81 ans, écouteurs sur les oreilles, suit attentivement depuis mardi chaque question et chaque réponse, ne lâchant pas les protagonistes des yeux.

Par moments, il a montré des signes d'impatience. Lors des pauses, il en profite pour glisser quelques mots à son avocat Me James Lockyer, grâce au téléphone du box des détenus. 

Ce dernier lui répond d'une voix rassurante. L'avocat spécialisé dans les cas d'erreurs judiciaires garde tout son flegme. Il continue même de s'adresser à son opposant de la Couronne en l'appelant «my friend» (mon ami).

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer