Allégation d'agression sexuelle: un nom circule, dit Lisée

L'auteure des allégations aurait pris la parole lors du... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'auteure des allégations aurait pris la parole lors du rassemblement qui a eu lieu à Québec en soutien aux victimes des agressions présumées survenues samedi à l'Université Laval.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le premier ministre Philippe Couillard promet que chacun de ses élus sera rencontré pour éclaircir les allégations d'une jeune femme qui dit avoir été agressée sexuellement par un député libéral. Un nom circule, soutient le chef péquiste Jean-François Lisée.

«J'ai pris connaissance de ça ce matin, a affirmé le premier ministre Philippe Couillard, jeudi matin. (...) J'ai demandé au whip du gouvernement (Stéphane Billette) et à quelqu'un de mon cabinet de faire quand même des vérifications auprès de chacun des élus. C'est une situation délicate. Il faut que les droits des gens soient respectés. Mais je veux aller plus loin sur cette question et je ne prends pas cette déclaration à la légère.»

Chacun des députés libéraux se fera demander s'il connaît la personne et s'il a rencontré les forces policières sur la question.

Les propos tenus par la jeune femme lors de la vigile à l'Université Laval, mercredi, enrichis par une publication sur sa page Facebook -retirée depuis- ont secoué la colline parlementaire, jeudi.

S'il est vrai que la femme a été encouragée à ne pas porter plainte pour éviter de porter atteinte à la carrière de quelqu'un, la chose est inacceptable, a convenu le premier ministre. «Ne nous transformons pas en enquêteurs et en police, ce n'est pas notre job», a dit M. Couillard.

Lui-même père d'une fille et d'une petite-fille se dit «bouleversé» par la situation à l'Université Laval «Quand je vois ça, ça me renverse, a dit M. Couillard. Je veux que les femmes du Québec se sentent en sécurité partout, incluant sur les campus.»

«Une rumeur non vérifiée»

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a affirmé qu'un nom de député libéral «circule» sur la colline parlementaire en lien avec les allégations depuis jeudi matin. «Je suis très soucieux de la présomption d'innocence, a dit le chef de l'Opposition. Je sais qu'il y a un nom qui circule. Mais c'est à la police, pas à nous, ni aux journalistes, à spéculer sur qui est cette personne. Nous devons avoir les faits.» Le nom est «une rumeur non vérifiée», a-t-il ajouté.

Si la jeune femme a effectivement été découragée par des policiers de porter plainte, le Bureau des enquêtes indépendantes devra se pencher sur l'affaire, croit M. Lisée.

La députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais, a semblé assommée par les allégations. «Ça m'a scié les jambes, a affirmé Mme Maltais. Je suis profondément troublée. Je cherche mon souffle, là.»

Elle souhaite que la lumière soit faite sur les affirmations. «À l'idée qu'elle n'ait pas été crue parce que quelqu'un siège à l'Assemblée nationale, je trouve ça épouvantable, a déclaré Mme Maltais. Dans ma tête, c'est inconcevable.»

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, invite les policiers à éclaircir les circonstances liées au dossier de la jeune femme. «Je demande aux supérieurs de ce policier de vérifier si c'est effectivement ce qui a été dit, a dit M. Legault. (...) Tout le monde est égal devant la loi, incluant les députés, les ministres, toutes les personnes en autorité. S'il y a un policier qui a mal fait son travail, il doit être dénoncé.» 

Simard présente ses excuses

Le député libéral de Dubuc, Serge Simard, a dû s'excuser d'avoir laissé entendre que la jeune femme qui a dénoncé son agression sexuelle a pu se tromper en identifiant l'un de ses collègues.

En point de presse, jeudi matin, M. Simard a insisté sur le fait que l'allégeance politique du député présumé agresseur n'était pas certaine.

«Vous avez bien dit "il semble" (que ce soit un député libéral), a répondu M. Simard à la question d'un journaliste. On demande très souvent à quelqu'un : "C'est quoi le nom de ton maire?" et il ne le sait le pas». Il a ajouté «je ne sais pas si elle sait que c'est un...» sans finir sa phrase.

En Chambre, la députée péquiste Mireille Jean, porte-parole en matière de condition féminine, a demandé au premier ministre s'il endossait les propos de son député. «Tenter de discréditer une victime, c'est ignoble, et ça peut décourager les autres qui voudraient briser le silence, a lancé Mme Jean. Ces propos sont inacceptables, surtout venant d'un élu.»

Même attaque de la caquiste Nathalie Roy. «Ça banalise les dénonciations d'agression sexuelle ce qui vient de se produire», a-t-elle déploré.

Le premier ministre Philippe Couillard a alors promis que M. Simard «aura l'occasion très rapidement et de s'entretenir avec les médias et de clarifier ses propos».

Courte déclaration

Peu après la période de questions, le député de Dubuc s'est présenté devant les journalistes pour une déclaration, accompagnée d'une attachée de presse qui s'est assurée qu'il ne réponde à aucune question.

«Je veux m'excuser auprès des gens que j'ai pu offenser par rapport à mes propos, a dit M. Simard. Je ne veux surtout pas banaliser ce qui s'est passé. C'est extrêmement grave.»

Sa propre collègue ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a qualifié les commentaires de M. Simard de «propos vraiment déplorables».

La solidaire Manon Massé estime que le député de Dubuc a effectivement banalisé la situation. «C'est dire : "Au fond, on n'est pas obligé de la croire cette fille-là puisque la majorité du monde ne reconnaît même pas leur maire», a indiqué Mme Massé.

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