Une bataille d'experts à l'enquête sur remise en liberté de Jacques Delisle

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Le procureur de la Couronne, Me Michel Fortin, a livré une bataille d'experts avec le pathologiste judiciaire Michael Shkrum, mercredi.

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(Québec) «Ce serait intéressant.» Personne ne pourra accuser le pathologiste judiciaire Dr Michael Shkrum de ne pas être bon joueur.

Le procureur de la Couronne, MMichel Fortin, venait de lui soumettre qu'il pourrait démolir sa théorie sur la trajectoire de la balle qui a tué Nicole Rainville grâce à un simple test balistique.

«Si on pouvait vous démontrer qu'avec cette arme, ce projectile et la façon dont le tir a été fait, c'est impossible que la balle puisse rester à l'intérieur, est-ce que ce ne serait pas insatisfaisant pour le scientifique que vous êtes de soutenir votre théorie de tir perpendiculaire?» a demandé, d'un ton à peine insolent, le procureur Fortin.

Le Dr Shkrum a pris une pause et, encouragé par le juge qui lui signalait qu'il ne s'agissait que d'une hypothèse, a répondu poliment que «ce serait intéressant».

Durant les sept heures précédentes - y compris les délais de la traduction -, le pathologiste judiciaire de London en Ontario, embauché par les avocats de Jacques Delisle, s'était attelé à démolir le travail du pathologiste de la poursuite et ses conclusions.

Le Dr André Bourgault, du Laboratoire médico-légal de Montréal, estime que la balle est entrée selon un angle aigu, du côté gauche, et a suivi une trajectoire directe jusqu'au fond du crâne, terminant sa course du côté droit.

Trajectoire compatible­

Pour le Dr Shkrum, les radiographies et les photos du crâne de Nicole Rainville prouvent que la balle est entrée de façon perpendiculaire à la tempe et a traversé le crâne pour ensuite ricocher et débouler jusqu'à l'arrière du crâne. Des fractures sur le crâne et des fragments de balle viennent appuyer cette théorie.

Pour la défense, cette trajectoire est compatible avec la théorie d'un tir auto-infligé, soit d'un suicide de Mme Rainville.

La Couronne souhaite déposer une nouvelle preuve balistique, résultat de tests faits au cours des derniers jours par le balisticien Guillaume Arnet du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale sur des modèles de crânes. Le juge aura à déterminer si cette preuve est admissible.

Le procureur de la Couronne n'a pas manqué de souligner à l'expert ontarien que, contrairement à son collègue québécois, il n'avait pas, lui, la chance de pouvoir compter dans son laboratoire sur l'expertise de balisticiens. Il doit appeler ceux du laboratoire provincial à Toronto. «Vous êtes désavantagés», insiste Me Fortin.

Voyant les parties plongées intensément dans les preuves scientifiques, le juge Benoît Moulin de la Cour supérieure a tenu à leur rappeler qu'il n'aurait pas à choisir entre deux experts pour décider de la remise en liberté du magistrat retraité coupable du meurtre de sa femme.

«J'aurai à décider ultimement si le requérant m'a démontré, par des informations nouvelles, de sérieuses préoccupations quant à la justesse du verdict.»

Jacques Delisle demande d'attendre l'issue de sa révision judiciaire dans son condo de Sillery plutôt qu'en prison. L'enquête sous remise en liberté se poursuit jusqu'à vendredi.

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