L'entrée des résidences étudiantes plus facile à Laval qu'ailleurs

La police de Québec a déployé son poste... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La police de Québec a déployé son poste de commandement au pavillon Alphonse-Marie-Parent à l'Université Laval, mercredi.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Parmi les huit universités du Québec et de l'Ontario jointes par Le Soleil, six indiquent que l'accès aux résidences étudiantes y est contrôlé par des clés ou des cartes d'accès 24 heures sur 24 pour des raisons de sécurité.

Seule l'Université du Québec à Montréal a une politique semblable à celle de l'Université Laval, puisque l'une des portes donnant accès aux immeubles des résidences étudiantes est déverrouillée de 8h à 23h et ne nécessite l'utilisation d'une carte d'accès que pendant la nuit.

À l'Université de Sherbrooke, une seule des trois résidences, la résidence G, n'est pas toujours verrouillée. Dans la résidence E, la porte principale n'est pas barrée, mais la porte des corridors, qui donnent accès aux chambres, l'est en permanence. Quant à la résidence située sur le campus de la santé, sa porte d'accès est également toujours verrouillée.

La préposée qui nous a répondu a toutefois précisé qu'il n'y avait plus un gardien de sécurité en permanence dans les résidences. «Il y en a déjà eu, mais ça a pris fin avec les coupures... Mais les gardiens font des tournées et ils sont à quelques minutes à pied des résidences», précise notre source.

Accès contrôlé

Ailleurs, n'entre pas dans les résidences étudiantes qui veut. À l'Université de Montréal, les portes principales des bâtiments sont barrées en tout temps. «Les résidents disposent d'une carte d'accès et ils doivent l'utiliser pour entrer dans l'immeuble en tout temps. De plus, on leur rappelle régulièrement les consignes de barrer la porte de leur appartement en tout temps», indique la porte-parole Geneviève O'Meara.

À l'Université McGill aussi, il faut montrer patte blanche pour entrer dans les résidences. Certaines des résidences sont dotées d'un comptoir ouvert 24 heures sur 24, et les locataires doivent utiliser leur carte pour franchir un tourniquet qui leur donne accès à l'immeuble. Dans les autres, il faut utiliser la carte d'accès en tout temps pour pouvoir pénétrer dans le bâtiment.

À l'Université Bishop's, une seule des résidences n'est pas verrouillée toute la journée, celle où sont localisés les bureaux de l'administration. «C'est ouvert quand le personnel est en poste, mais c'est barré et accessible seulement avec clé ou carte d'accès le reste du temps. Dans les autres résidences, l'accès est contrôlé par clé ou carte d'accès en tout temps», explique notre source.

On ne badine pas non plus avec la sécurité à l'Université du Québec à Trois-Rivières puisque les résidents disposent non pas d'une, mais bien de trois clés pour avoir accès à leurs espaces de vie. «Il y en a une pour le bloc, une pour l'appartement et, finalement, une pour la chambre», explique Sylvie Langlois, adjointe administrative. «Ce sont des clés numérotées et signées. Ce n'est pas possible d'en faire faire un double au Canadian Tire.»

Mme Langlois précise aussi que les employés d'entretien vérifient régulièrement si les portes des étages sont bien fermées. «Il y a aussi des caméras qui filment les entrées», indique-t-elle.

En Ontario

La situation semble être la même de l'autre côté de la rivière des Outaouais, alors que l'Université de Toronto et l'Université d'Ottawa ont également comme politique de contrôler en tout temps l'accès aux résidences étudiantes par clé ou carte d'accès.

«Tout le monde doit avoir sa carte pour avoir accès à l'immeuble. Il est même impossible d'avoir accès aux ascenseurs sans carte. Il n'y a qu'un seul immeuble qui est ouvert de 7h à 19h parce qu'on y donne aussi certains cours, mais c'est tout», explique une porte-parole du service des résidences de l'Université d'Ottawa.

Le nombre de plaintes d'intrusion passe à 15

La police de Québec enquête maintenant sur 15 plaintes d'intrusion dans les résidences de l'Université Laval, dont certaines ont été suivies d'agressions sexuelles. Tout en soutenant que le travail avance, les policiers admettent que l'enquête est «complexe». 

«Évidemment, ça se passe en pleine nuit, on n'a pas d'éclairage, donc pour reconstituer le fil conducteur de tout ça, c'est pas évident, mais l'enquête avance rapidement», a exprimé Mario Vézina, capitaine du module des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). 

Si le nombre de plaintes ne cesse d'augmenter depuis quatre jours, elles renvoient toujours à des gestes commis au petit matin le samedi 15 octobre. 

En point de presse devant le pavillon de résidences Alphonse-­Marie-Parent, les policiers ont indiqué qu'ils ne savaient toujours pas si on peut parler d'un suspect ou de plusieurs. Aucune description ou portrait-robot n'a été fourni.

Sur les 15 cas d'intrusion sans effraction dans les chambres dont les portes étaient déverrouillées, au moins 4 auraient été suivies de gestes de nature sexuelle. Toutes les plaignantes sont des femmes.

Collecte d'informations

La police de Québec a garé son poste de commandement devant le pavillon Alphonse-Marie-Parent toute la journée mercredi et a indiqué en début de soirée avoir recueilli plusieurs «informations intéressantes», qui restent à être vérifiées. Le poste de commandement ne sera toutefois pas de retour jeudi.

La police de Québec était encore à visionner mercredi les vidéos captées par les caméras de surveillance des résidences. Est-ce que les policiers auraient dû travailler plus rapidement dans ce dossier? M. Vézina soutient que toutes les ressources spécialisées nécessaires ont été rappelées au travail dès le début de l'enquête, samedi, et qu'il y avait des enquêteurs «en nombre suffisant» en fin de semaine. 

Les plaintes sont toutefois entrées graduellement, et de trois façons différentes : par la plaignante elle-même, par un membre de la famille ou un ami à qui elle s'était confiée ou par le service de sécurité de l'Université Laval.  Patricia Cloutier

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