Vague d'agressions sexuelles en une nuit à l'Université Laval

Onze femmes se sont plaintes à la police... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Onze femmes se sont plaintes à la police depuis samedi d'avoir été victimes d'introduction par effraction dans leurs chambres du pavillon Alphonse-Marie-Parent sur le campus universitaire. Des policiers étaient sur place dimanche, de même que des représentants du Service de sécurité et de prévention de l'Université Laval.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Les résidences de l'Université Laval auraient été le théâtre d'une vague d'agressions sexuelles dans la nuit de vendredi à samedi. Un ou des suspects auraient cogné à des portes et se seraient introduit dans près d'une dizaine de chambres déverrouillées, touchant ou agressant des femmes au passage.

Selon Pierre Poirier, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), toutes les plaintes font référence à des événements survenus entre 3h et 6h le 15 octobre. «Dans certains cas, le ou les suspects seraient repartis sans rien faire, dans d'autres cas, il y aurait eu des attouchements et peut-être des agressions plus sérieuses, mais ça reste à valider», explique-t-il.

Selon les premières informations colligées par la police, au moins un homme serait entré dans plusieurs chambres du pavillon Alphonse-Marie-Parent, où se trouvaient des femmes pour la plupart endormies, et se serait glissé à quelques reprises sous les couvertures avant de repartir rapidement.

L'agent Pierre Poirier explique qu'aucune porte n'a été forcée et qu'aucun grabuge n'a été rapporté, les chambres visitées par le ou les intrus n'ayant pas été barrées pour la nuit. Il se peut que le ou les suspects aient visité plus d'un étage du pavillon ou se soient introduits dans un des quatre autres pavillons qui composent les résidences de l'Université Laval.

Les enquêteurs des crimes majeurs de la police de Québec ont rencontré plusieurs plaignantes dimanche, mais n'ont pas encore terminé les entretiens. L'enquête se poursuivra une bonne partie de la semaine. Aucune arrestation n'a encore été faite, et la police n'a pas lancé d'avis de recherche, étant donné qu'elle ne possède pas encore assez d'information sur le ou les suspects.

Pour l'heure, toutes les plaintes proviennent de femmes, qui disent ne pas avoir reconnu ou ne pas connaître personnellement le potentiel agresseur.

Autres victimes?

À la police de Québec, cette histoire a commencé par une seule plainte tôt samedi matin. Mais rapidement, l'affaire a été ébruitée et médiatisée, si bien que les plaintes se sont accumulées durant toute la fin de semaine. «Il pourrait y avoir d'autres victimes. C'est pourquoi on demande à toute personne qui aurait de l'information à nous transmettre concernant ces intrusions de nous appeler au 418-641-AGIR (2447)», indique M. Poirier.

La police travaille ce dossier de pair avec l'organisme Viol-Secours et avec le Service de sécurité et de prévention de l'Université Laval, qui a resserré ses mesures de sécurité autour des résidences depuis samedi. L'Université Laval ne sait pas encore si ces mesures perdureront dans le temps. «On va s'ajuster au jour le jour», indique Andrée-Anne Stewart, porte-parole de l'université.

En fin de journée samedi, l'Université Laval a envoyé un courriel aux quelque 2300 étudiants résidant dans les quatre pavillons destinés à cet effet sur le campus, les informant qu'une personne s'était introduit dans des chambres. «Il est primordial de verrouiller votre porte en tout temps. Lorsque vous êtes dans votre chambre, utilisez aussi la chainette de sécurité ou l'entrebâilleur de porte», écrivait-elle.

L'agression sexuelle est un crime majeur, passible d'une peine allant jusqu'à 14 ans de prison.

Avec Guillaume Piedboeuf

Pas de panique générale

Les potentielles agressions sexuelles survenues à l'Université Laval n'ont pas causé de commotion générale au coeur des résidences étudiantes. Lors du passage du Soleil en fin d'après-midi dimanche, des agents de sécurité surveillaient toutes les entrées du pavillon Alphonse-Marie-Parent, alors que les étudiants vaquaient à leurs occupations.

Certains n'étaient pas encore au courant de ce qui s'était passé dans la nuit de vendredi à samedi. D'autres avaient entendu des «rumeurs», mais déploraient le peu d'information qui leur était communiquée par l'université ou le service des résidences. «On essaie de savoir ce qui s'est passé, mais personne a l'air au courant», indique une résidente, qui n'a pas voulu s'identifier. Elle dit toutefois se sentir toujours en sécurité dans les résidences parce que «ce ne sont pas des choses qui arrivent souvent».

Depuis le courriel avertissant les jeunes de verrouiller leur porte en tout temps, l'Université Laval n'a pas communiqué de nouveau avec les étudiants qui résident sur le campus de Sainte-Foy. La porte-parole Andrée-Anne Stewart indique qu'il «n'y a pas de situation de panique» sur place à l'heure actuelle, mais que les résidants peuvent toujours confier leurs craintes ou poser des questions aux conseillers qui sont présents 24 heures sur 24 dans les résidences. Sinon, ils peuvent se référer aux ressources habituelles d'aide psychologique de l'Université.

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