Des chauffeurs d'Uber aident à l'arrestation de fraudeurs

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Un des chauffeurs d'Uber a passé plus de deux heures avec les fraudeurs avant de pouvoir alerter la police.

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(Québec) La vigilance de deux chauffeurs d'Uber a permis l'arrestation d'un groupe de mineurs de la région de Montréal venus à Québec avec l'intention d'effectuer une série de fraudes par carte de crédit. Pris dans un piège qui se refermait sur lui, un des chauffeurs raconte sa virée surréaliste de plus de deux heures avec les présumés criminels.

Pour les suspects, tous âgés de moins de 18 ans, la dernière fin de semaine a commencé avec la location d'un appartement sur le site Airbnb. À Québec, trois d'entre eux ont décidé de louer une chambre dans un hôtel. Les locations ont été faites par cartes de crédit volées, confirme la police de Québec.

Samedi, Francis (nom fictif) est le chauffeur qui a cueilli peu avant 9h le groupe de trois jeunes hommes qui avaient élu domicile dans le Airbnb de Limoilou. «Michelle était le nom qui apparaissait avec la demande de transport. J'ai demandé aux trois hommes qui étaient embarqués si on attendait la dame. L'un d'eux m'a dit que c'était lui, Michelle. Comme ils étaient Noirs, je me suis dit que c'était pour eux la manière d'écrire le nom pour un homme», raconte-t-il.

Premier pépin

Dans l'auto, le trio parle d'acheter différents produits comme des chaînes en or. Francis effectue un premier arrêt pour ses clients qui reviennent avec quelques pâtisseries. Ces derniers lui demandent ensuite de se rendre jusqu'à un commerce de prêts sur gage (pawn shop). «Une fois sur place, je pensais que c'était terminé», laisse-t-il tomber. Mais non, à destination, deux membres du groupe sont sortis, en laissant le troisième jeune à l'intérieur.

C'est à ce moment que le système informatique d'Uber a bloqué la course. Francis suppose qu'une possible fraude avait été détectée. La situation n'a pas freiné les arnaqueurs en herbe. Après reconnexion avec un autre compte associé à une nouvelle carte de crédit, ils ont redémarré la course. «Cette fois, c'était un nom en anglais qui apparaissait», précise le chauffeur.

«Là, j'ai eu peur», poursuit-il. Le chauffeur s'apercevait qu'il participait, bien malgré lui, à la commission d'activités illicites. Plutôt que de prendre un air apeuré, il décide de gagner leur confiance. «Je pensais juste à me protéger, à être chummy-chummy. Je suis allé à la pêche. Au fil de la conversation qui portait sur les cartes de crédit et des transactions en bitcoins [monnaie virtuelle], je leur ai dit à la blague que j'avais des numéros de carte de crédit à vendre. Ils ont tout de suite mordu en répondant vouloir me les acheter», relate-t-il.

«Lors d'un arrêt dans un pawn shop, ils sont restés seulement 30 secondes à l'intérieur parce que le système ne fonctionnait pas.» Selon les informations recueillies, le modus operandi consistait à entrer manuellement, à l'insu du commis, les informations d'une carte de crédit apprises par coeur. C'est une fonction possible à exécuter pour qui sait le faire, comme lors d'une commande au téléphone dans un restaurant.

Électronique et or

L'arrêt suivant devait être plus lucratif. Ils sont revenus avec un iPhone, un Play Station et une médaille en or. Plus la tournée avançait, plus la confiance était établie. Lors d'un arrêt, les trois jeunes hommes sont sortis, laissant même les objets volés dans le véhicule. «J'ai pensé me sauver, mais j'ai gelé. Je leur avais laissé mon [numéro de] cellulaire. Ils voulaient me rappeler parce qu'ils me trouvaient cool.» Avec du recul, Francis reconnaît qu'il s'est laissé emporter.

En fin d'avant-midi, il les a reconduits au Airbnb. Soulagé, il décide de composer le 9-1-1. «La police m'a dit qu'elle avait déjà reçu des plaintes de commerçants. Avec mon appel, elle pouvait maintenant les localiser.»

Quasi au même instant, un collègue chauffeur avait contacté les policiers après avoir fait monter le second trio qui était dans un hôtel. Les deux jeunes hommes et une fille, qui seraient âgés de seulement 13 ans, avaient utilisé une carte de crédit volée. Il semble que leur destination était les résidences de l'Université Laval.

Selon ce qu'il a été possible d'apprendre, les deux jeunes y auraient conduit l'adolescente pour s'y prostituer. Cette partie de l'affaire demeure obscure. La police de Québec laisse savoir que rien ne laisse penser que des accusations de prostitution juvénile seront portées.

Chose certaine, les deux jeunes hommes attendaient la jeune fille dans un parc près de l'université lorsque les policiers sont arrivés. L'adolescente a été interceptée à la sortie des résidences grâce au chauffeur qui l'a reconnue.

Au moins trois d'entre eux devaient comparaître lundi au palais de justice de Québec pour non-respect de conditions. Un des suspects court toujours.

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