Procès d'Alain Perreault: trois témoins disent avoir vu Lyne Massicotte

Les deux procureurs de la Couronne dans le... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Les deux procureurs de la Couronne dans le procès d'Alain Perreault, Me Lyne Morais et Me Thomas Jacques

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La défense a présenté trois témoins - dont deux inattendus - qui ont dit avoir vu Lyne Massicotte bien vivante après la date où Alain Perreault l'aurait tuée.

Malvina-Michelle Roy, dame de 85 ans aux cheveux blancs, est un personnage connu à l'hôtel de ville de Québec. Elle s'est d'ailleurs présentée à deux reprises comme candidate à la mairie contre Régis Labeaume.

L'octogénaire a répété lundi ce qu'elle avait dit lors du premier procès, soit que le soir du 17 juillet 2003, vers 19h30, une dame l'a abordée spontanément dans le Vieux-Québec, près du Château Frontenac.

La touriste a dit s'appeler Lyne. «Ça m'a marquée parce que c'est le nom de ma fille», a dit Mme Roy. Le procureur de la Couronne Me Thomas Jacques n'a pas manqué de lui souligner quelques minutes plus tard que sa fille s'appelle en fait Sylvie et que Lyne n'est que son deuxième prénom.

Les deux femmes auraient jasé de tout et de rien durant environ 30 minutes. Malvina-Michelle Roy aurait ensuite conseillé un restaurant à Lyne.

Avant de partir, Lyne aurait demandé son adresse à l'octogénaire.

Lorsqu'elle a entendu parler de la disparition de Lyne Massicotte quelques jours plus tard, Malvina-Michelle Roy dit avoir tenté d'appeler la police de Québec pour parler de sa rencontre. Au bout du fil, à la centrale de police, on lui aurait dit : «Va chier» avant de raccrocher, allègue la témoin.

Jamais, par la suite, même si elle a rencontré les policiers à trois reprises pour d'autres événements, tel un vol de parasol, Malvina-Michelle Roy n'a révélé ce qu'elle savait sur Lyne Massicotte. Elle a décidé d'appeler l'avocat d'Alain Perreault en janvier 2011, alors que le premier procès faisait les manchettes.

Détails inédits

Questionné par la Couronne, ce témoin de la défense a ajouté des détails inédits. «Lyne m'a dit qu'elle s'en allait, qu'elle se sauvait parce que sa soeur voulait la forcer à signer des papiers», a dit l'octogénaire.

Selon la témoin, Lyne Massicotte aurait dit vouloir quitter le Québec et planifiait rejoindre un homme, différent de celui qu'elle avait rencontré à Québec. «Elle m'a dit que si elle me donne des nouvelles, c'est parce qu'elle revient. Si elle n'en donne pas, c'est qu'elle a choisi de ne pas revenir», a indiqué Mme Roy, ajoutant encore là un détail supplémentaire, 13 ans après la rencontre alléguée.

Rappelons qu'en juillet 2003, Lyne Massicotte avait la garde de sa fille de 13 ans.

Souriant au début du témoignage de la dame âgée, l'accusé Alain Perreault a bientôt affiché une mine déconfite, le visage dans les mains.

Deux autres témoins, Marc Olivier et Sylvie Adams, ont téléphoné à l'avocat d'Alain Perreault vendredi pour offrir de témoigner pour la première fois.

Ils ont dit avoir croisé Lyne Massicotte, entre le 15 et le 20 juillet, en compagnie d'un homme, policier retraité de la région de Montréal, âgé entre 55 et 60 ans, portant un veston à motifs pied-de-poule.

Selon eux, Lyne Massicotte et son compagnon marchaient sur la rue d'Estimauville et cherchaient un chemin pour aller voir le fleuve. Le couple Olivier-Adams a indiqué une brèche dans une clôture qui faisait office de passage pour piétons.

Sylvie Adams se dit convaincue à 100 % d'avoir croisé Lyne Massicotte ce jour d'été 2003. La dame très mince, petite, avec des cheveux ondulés, était semblable à l'image qui a circulé après la disparition, jure Mme Adams.

La citoyenne n'en a jamais parlé avant de peur que l'homme qui accompagnait Lyne Massicotte la retrouve et lui fasse un mauvais parti. «Là, je veux avoir la conscience tranquille», dit-elle.

Meurtrier sordide ou suspect vulnérable?

Trop vulnérable face au grand patron, Alain Perreault n'avait d'autre choix que de s'incriminer même s'il n'est pas coupable du meurtre de Lyne Massicotte, a plaidé son avocat. La Couronne martèle elle que les aveux sont fiables; personne ne décrit un crime aussi sordide à moins de l'avoir commis.

C'était la dernière prestation des avocats des avocats lundi au procès d'Alain Perreault avec l'étape des plaidoiries.

L'avocat d'Alain Perreault, Me Stéphane Beaudoin a répété que les aveux faits par son client au patron de la fausse organisation criminelle ne sont pas fiables et doivent être rejetés.

Perreault a changé sa version en voyant que le patron n'acceptait pas sa première explication, à savoir que Lyne Massicotte était partie de chez lui vers 18h. «Il savait que s'il maintenait sa position, il risquait de tout perdre», ajoute l'avocat, en faisant référence au nouveau travail de Perreault, à ses amis, à son futur condo de luxe.

L'accusé a ainsi inventé avoir commis un crime ainsi qu'un lieu fictif où il aurait laissé le cadavre.

«Vendetta personnelle»

L'avocat de Perreault a invité les 12 jurés à ne pas se laisser prendre par la «vendetta personnelle» de la Couronne et des enquêteurs qui veulent faire condamner son client à tout prix, dit Me Beaudoin.

La procureure de la Couronne Me Lyne Morais a énuméré une dernière fois tous les éléments de preuve qui viennent selon elle corroborer l'aveu de Perreault au patron. Parmi eux, la navigation sur Internet de l'accusé, la voiture de la disparue trouvée à l'endroit de stationnement préféré de Perreault dans le Vieux-Québec et la boue typique du bord du fleuve qui tachait la voiture de la disparue.

Lorsqu'il se confesse au grand patron, Alain Perreault, envahi par l'émotion, donne plein de détails, fait remarquer Me Morais. Il cherche dans sa mémoire et reprend le patron sur la séquence des événements. «Les détails sordides ce n'était pas nécessaire, souligne la procureure de la Couronne. Il était dans le mood de dire la vérité, tant qu'à être là, je dis tout, all in.»

Le juge Richard Grenier livrera ses directives en droit au jury ce matin. Les délibérations commenceront par la suite.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer