Alain Perreault témoigne de sa rencontre avec Lyne Massicotte

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La boue rouge trouvée sur la voiture de Lyne Massicotte est typique des plages bordant Lévis, là où Alain Perreault a avoué au Mister Big avoir laissé le corps de la femme de Chambly. Le Service de police de la Ville de Québec a rendu publiques des images de deux sites distincts à Lévis, susceptibles d'être ceux décrits par Perreault.

Fournie par le Service de police de la Ville de Québec

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(Québec) Alain Perreault a beaucoup aimé sa rencontre avec Lyne Massicotte, qu'il trouvait très jolie. Mais a été très déçu de la voir partir si vite.

Sorti de la boîte des détenus pour l'occasion, mais gardé par deux agentes correctionnelles et trois constables spéciaux, l'accusé, menottes aux poignets, a commencé à témoigner en toute fin de journée.

Son avocat Me Stéphane Beaudoin a tenté de reporter le témoignage à vendredi matin, mais le juge Richard Grenier a plutôt décidé de remplir la journée de cour jusqu'à la fin.

Alain Perreault, 54 ans, a donc raconté son passé de machiniste et de technicien en informatique.

À l'époque de la rencontre de Lyne Massicotte, fin mai 2003, il est séparé depuis deux ans et a la garde de sa fille de cinq ans une fin de semaine sur deux. Il vit modestement dans son logement d'une pièce et demie de la rue Mont-Thabor dans Limoilou. Perreault dit faire son épicerie au magasin à un dollar, amener sa fille voir des spectacles de marionnettes à la bibliothèque et souper régulièrement chez sa mère.

Un soir sur trois, il clavarde sur Internet avec une femme de Chambly, Lyne Massicotte. Les échanges sont légers, dit-il. La femme lui parle de ses enfants, lui raconte ses recherches de chalet. 

Elle l'invite à venir la visiter, mais il refuse, n'ayant pas l'argent pour prendre l'autobus et ayant mis sa voiture au rancart. L'employée de banque se propose de venir le visiter à Québec au début de ses vacances, le 17 juillet. «C'était la veille de ma fête, ça faisait un beau cadeau», a commenté Perreault.

Jour J

Le jour dit, Lyne Massicotte arrive vers 14h. Perreault va la chercher à la porte d'entrée de son immeuble. «Elle était très jolie, les photos ne trompaient pas», commente Perreault.

Lorsqu'elle arrive au logement, la femme appelle d'abord une amie à Chambly pour confirmer son arrivée. 

L'accusé affirme qu'ils ont ensuite jasé en fumant des cigarettes et en regardant des sites sur Internet. «Après, on s'est collés, on s'est déshabillés tranquillement et on a fait l'amour», raconte Alain Perreault.

Après la relation sexuelle, Lyne Massicotte aurait sorti un joint de pot. Alain Perreault dit en avoir pris trois bouffées. Lyne Massicotte lui aurait ensuite fait une fellation.

Alain Perreault a indiqué avoir éjaculé à deux reprises. Aucun sperme n'a été trouvé dans le logement.

Le couple est sorti du logement vers 18h pour aller souper en haute ville. En s'asseyant au volant, Alain Perreault s'est senti un peu «embrouillé». Il est ressorti en disant à sa compagne qu'il ne peut pas conduire comme elle le souhaitait. «J'ai senti un léger froid, j'ai vu sa déception», dit-il.

La dame serait repartie pendant que lui rentrait à son logement.

Après avoir pris un café et «dégelé», il a reçu deux appels, de l'amie et de la soeur de Lyne Massicotte, qui cherchaient la femme de Chambly.

Perreault dit n'avoir pu que leur répondre qu'elle était partie sans donner de nouvelles.

Il a écrit un courriel à Lyne pour s'informer et est sorti vers 23h, à la demande de Francine Massicotte, pour voir si l'auto était toujours dans les parages.

Alain Perreault dit avoir marché dans son quartier, jusqu'au boulevard Henri-Bourassa et être rentré se coucher chez lui vers minuit.

L'interrogatoire se poursuit vendredi.

Une boue typique des berges de Lévis

La boue rouge trouvée sur la voiture de Lyne Massicotte est typique des plages bordant Lévis, là où Alain Perreault a avoué au Mister Big avoir laissé le corps de la femme de Chambly.

L'expert en minéralogie de la Couronne, Jean-François Wilhelmy en arrive à la conclusion que les échantillons de boue qu'il a analysés portent une signature claire. 

La moitié des échantillons prélevés sur les jantes de roue de la Pontiac Sunfire étaient constitués de grains arrondis de schiste rouge, une roche sédimentaire qui s'effrite facilement. On la retrouve spécifiquement dans certaines zones de la région de Québec, comme Cap-Rouge, Lévis, Lauzon et Pointe-de-la-Martinière, indique l'expert en minéralogie. «On avait là des éléments typiques, rares en surface», affirme l'expert.

Contaminants industriels

En défense, l'expert géologue Réjean Girard confirme les conclusions de la poursuite à savoir que le schiste rouge est dominant dans les échantillons.

Avec son microscope électronique à balayage, Réjean Girard a de plus découvert la présence d'environ 20 % de contaminants de type industriel dans les échantillons, comme du phosphate de zinc et du sulfate de baryum. 

Il est très peu probable que ces contaminants se soient collés à la voiture de Lyne Massicotte à plusieurs endroits distincts. «Ça prend une source qui conjugue la présence du shale rouge et des contaminants industriels», affirme le géologue. Certains contaminants trouvés sont compatibles avec la présence du chantier maritime Davie, a convenu l'expert.

L'expert a aussi analysé le sol de la grève Gilmour à Lévis, en septembre 2016, et l'a trouvé très différent des échantillons prélevés sur la voiture en 2003.

Emportée par les grandes marées

Pour l'expert en sauvetage Stacy Dufour, surintendant à la Garde côtière, il est fort probable que le corps de Lyne Massicotte, petite femme qui pesait environ 110 livres, ait été emporté par les grandes marées de l'automne 2003. Le corps a ainsi pu dériver vers l'est jusqu'à l'océan Atlantique, a estimé ce dernier témoin de la Couronne. La police de Québec a fouillé deux sites distincts en bordure du fleuve à Lévis, à l'été 2010, à la recherche des restes du corps de Lyne Massicotte. Les policiers se sont basés sur les déclarations de Perreault, faites en janvier 2010 au grand patron de la fausse organisation criminelle. Il a dit avoir pris un chemin sinueux en gravier et avoir laissé le corps sur le bord du fleuve, non loin de ce qui ressemblait à un poste d'Hydro-Québec. Les policiers aidés des maîtres-chiens ont fouillé un secteur à Beaumont, autour d'une usine de filtration d'eau et un autre à côté du chantier Davie, à Lauzon, près de la grève Gilmour. Dans les deux cas, aucun indice n'a été retrouvé.

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