Incendie sur la rue des Cyprès en janvier: demande d'enquête indépendante

Les trois membres d'une famille avaient dû sauter... (Photothèque Le Soleil, Steve Jolicoeur)

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Les trois membres d'une famille avaient dû sauter du quatrième étage de son logement en flammes car la grande échelle des pompiers n'était pas déployée.

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(Québec) L'avocate de la famille qui a sauté du quatrième étage de son logement en flammes en janvier envisage de demander une enquête indépendante à la suite de révélations laissant croire que le Commissariat aux incendies aurait omis volontairement d'intégrer à son rapport certains témoignages qui discréditent l'intervention des pompiers.

«On a été sidéré. C'est choquant.» Me Dominique Bertrand a obtenu au cours de l'été des témoignages de policiers qui contredisent le rapport du commissaire aux incendies, Jean-Pierre Boilard, rendu public en juin par TVA.

Lors du sinistre survenu le 6 janvier sur la rue des Cyprès, la famille Chicoine, Nathalie Chicoine, son conjoint Claude Gignac Jr et son fils de 10 ans, Jason Chicoine, ont sauté par la fenêtre parce que la grande échelle du camion ne s'était pas déployée et que les sapeurs ne disposaient pas d'équipement pour amortir leur chute.

Dans son rapport, M. Boilard montre du doigt des témoins de la scène : «Devant la gravité de la situation et suite aux recommandations de certaines personnes qui auraient eu intérêt à se taire et à laisser les pompiers faire leur travail, ceux-ci ont sauté de la fenêtre de la chambre à coucher de la locataire des lieux.»

Plus loin, il poursuit : «Il y a eu un problème mécanique avec le véhicule 408 et après avoir constaté qu'il ne réussissait pas à monter l'échelle, le pompier a informé l'officier du 208 de demander l'échelle à crochet [...] Ce plan B fut rapidement mis à exécution, mais n'a pu être conduit à terme pour les raisons mentionnées plus haut.»

Ordre d'un pompier

Mais voilà que des témoignages de trois policiers présents lors du drame sous-tendent qu'un pompier a donné l'ordre de sauter du quatrième étage. «Je ne peux pas concevoir que le commissaire a mis ces déclarations de côté. Je ne comprends pas, lance Me Bertrand, qui tient pour acquis le fait que le commissaire connaissait l'existence de ces témoignages lors de la rédaction de son rapport. 

«Pour l'instant, j'essaie de trouver une autre explication que d'avoir écarté ces témoignages de façon volontaire. Et je n'en trouve pas. Si c'est ça qui s'est produit, c'est la perte de confiance du public envers les institutions. Est-ce que ça a été fait dans d'autres dossiers?» questionne la juriste.

Ces nouvelles révélations choquent aussi la famille Chicoine, toujours marquée par la tragédie. «Madame, qui était infirmière auxiliaire, doit se réorienter parce qu'elle a été blessée aux jambes. Monsieur, qui est débosseleur, a été blessé à un bras. Ils n'ont pas repris le travail et ils ont de la misère à joindre les deux bouts», rapporte Me Bertrand.

«Ça nécessite une enquête indépendante. J'envisage de demander au ministère de la Justice ou à celui de la Sécurité publique d'intervenir», soutient l'avocate, qui entretenait déjà des doutes sur l'impartialité du rapport en juin. 

Au nom de la famille, elle a fait parvenir une mise en demeure à la Ville de Québec. Me Bertrand aurait aimé avoir des discussions pour conclure un éventuel règlement, mais la Ville nie jusqu'à présent toute responsabilité pour les dommages subis.

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