Lyne Massicotte «a eu le malheur de connaître Alain Perreault»

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Manon Lessard (à gauche) et Francine Massicotte ont livré des témoignages empreints d'émotion, mercredi, lors du procès d'Alain Perreault.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Lyne Massicotte est une employée de banque de 43 ans, mère monoparentale d'un garçon et d'une fille. Elle collectionne les semences de fleurs et les timbres. Son dos malade lui cause de vives douleurs, qu'elle tente d'apaiser en fumant un joint de marijuana en fin de journée. Sa vie s'est arrêtée lorsqu'elle «a eu le malheur de connaître Alain Perreault», tentera de démontrer la Couronne.

À quelques minutes du début de son second procès, l'accusé Alain Perreault, 54 ans, entre dans le box des accusés, sans le moindre sourire. Le grand gaillard au visage bouffi et à l'abondante chevelure grise regarde sa montre et croise ses bras. Son avocat, Me Stéphane Beaudoin, s'approche pour lui dire quelques mots.

Une trentaine de spectateurs, dont beaucoup d'avocats, sont venus entendre le début du procès.

Pour la seconde fois, la procureure de la Couronne, Me Lyne Morais, épaulée cette fois de son collègue Me Thomas Jacques, essayera de convaincre le jury, hors de tout doute raisonnable, qu'Alain Perreault a étranglé Lyne Massicotte le 17 juillet 2003 parce qu'elle avait refusé ses avances.

Treize ans après la disparition de la femme de Chambly, la procureure de la Couronne parle de Lyne Massicotte au présent. Elle l'appellera «Lyne» à une occasion.

La disparue, séparée depuis quelques années, a connu Alain Perreault au printemps 2003 sur des sites de clavardage.

Par une chaude journée d'été, elle part le rencontrer à Québec. Après avoir suivi attentivement les indications, elle se rend à l'appartement de Perreault. Le corps de Lyne Massicotte ne sera jamais retrouvé.

Alain Perreault reste sous l'oeil des policiers durant six ans. En 2009, une équipe d'agents d'infiltration montent une opération Mister Big. Alain Perreault est alors enrôlé dans une organisation criminelle fictive et doit accomplir diverses tâches.

À l'ultime rencontre avec le patron de l'organisation, le fameux Mister Big, Perreault avouera qu'il a étranglé Lyne Massicotte parce qu'elle lui résistait. Dans ses aveux, l'accusé dira aussi qu'il aurait par la suite amené le corps de la femme sur un lit, l'a déshabillée et a tenté sans succès d'avoir une relation sexuelle avec son cadavre.

Les membres du jury auront l'occasion de regarder la vidéo de la rencontre entre Perreault et le patron.

Lyne Massicotte... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Lyne Massicotte

Photothèque Le Soleil

Disparition et recherches

Premier témoin de la Couronne, Manon Lessard a raconté avec émotion la disparition de sa grande amie et collègue de travail. Le 17 juillet, elle a reçu, comme convenu, un premier appel de Lyne Massicotte à son arrivée à Québec. Elle a attendu en vain un second coup de fil pour confirmer, en fin de journée, que tout allait bien.

Manon Lessard a fini par appeler Alain Perreault vers 22h. Ce dernier lui aurait dit que Lyne Massicotte était partie chercher des cigarettes en début de soirée et n'était jamais revenue.

«Je ne l'ai pas cru parce qu'elle m'aurait appelée, c'est certain», a témoigné Mme Lessard.

Manon Lessard a aussitôt appelé Francine, la grande soeur de Lyne, pour lui faire part de son inquiétude.

Cette dernière a confronté Alain Perreault au téléphone. «Quand je lui ai demandé d'aller voir si son auto était là, il m'a dit qu'il ne connaissait pas son char, a témoigné Francine Massicotte. Mais deux jours plus tard, M. Perreault me dit que Lyne et lui ont fumé du pot et comme il n'était pas capable de conduire, il lui a dit d'aller souper toute seule.»

Les deux femmes et leurs amis ont passé les semaines suivantes à faire des battues à Québec, à visiter les restaurants fréquentés par les camionneurs pour distribuer des photos de la disparue, à talonner les policiers.

Francine Massicotte va faire le guet à quelques reprises rue Mont-Thabor, où vit Alain Perreault.

La Pontiac Sunfire de Lyne Massicotte est retrouvée le 21 juillet 2003, rue Port-Dauphin, près du Château Frontenac. Les quatre portes sont déverrouillées et le siège est reculé au maximum pour laisser assez de place à un conducteur de grande stature. La disparue mesure un peu plus de cinq pieds et pèse environ 110 livres.

Les ailes et les roues, du côté droit, sont maculées de boue séchée. Selon Manon Lessard, la voiture de Lyne Massicotte avait été lavée la veille de son départ.

Dans le coffre, presque rempli, se trouve encore le sac de voyage de Lyne Massicotte avec tous ses vêtements soigneusement rangés.

Le technicien en scène de crime a indiqué au jury qu'aucune expertise menée sur le véhicule de Mme Massicotte n'a permis de faire progresser l'enquête.

Alain Perreault a écouté les premiers témoignages sans trop broncher. Il a tenté de cacher son visage aux yeux du portraitiste judiciaire.

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