Richard Henry Bain a présenté ses «excuses sincères»

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Au terme de son procès, en août dernier, Richard Henry Bain a été déclaré coupable du meurtre du technicien de scène Denis Blanchette, et de trois tentatives de meurtre.

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Sidhartha Banerjee
La Presse Canadienne
Montréal

Richard Henry Bain a présenté ses «excuses les plus sincères», vendredi, après que le juge eut entendu les arguments de la Couronne et de la défense sur le nombre d'années de prison que l'auteur de l'attentat au Métropolis devrait purger avant d'être admissible à la libération conditionnelle.

La Couronne a réclamé le maximum, soit 25 ans de prison ferme, alors que la défense a proposé le minimum, 10 ans.

Le juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure, prononcera la peine le 18 novembre.

Le mois dernier, un jury a reconnu Bain coupable notamment de meurtre non prémédité relativement à l'attentat survenu derrière le Métropolis, à Montréal, le soir des élections du 4 septembre 2012. La première ministre élue, Pauline Marois, prononçait alors un discours devant les partisans péquistes dans la salle de spectacles montréalaise. Lors de son arrestation, il avait lancé: «les Anglais se réveillent».

Au terme de onze jours de délibérations, le jury n'a pas retenu la thèse de la défense, qui plaidait la non-responsabilité criminelle pour cause de trouble mental. Bain a également été reconnu coupable de trois chefs de tentative de meurtre.

Bain, qui a eu 66 ans jeudi, s'est adressé brièvement au tribunal avant l'ajournement, vendredi après-midi. Il a offert ses «excuses sincères» aux victimes, notamment aux collègues et amis du technicien de scène Denis Blanchette, qu'il a tué d'une balle le 4 septembre 2012.

«Je peux juste imaginer le deuil qu'ils ont dû affronter. C'est une terrible, terrible tragédie», a-t-il dit à voix basse.

«Mes excuses les plus sincères», a-t-il déclaré en français et en anglais.

Le chef d'accusation de meurtre non prémédité est passible d'une peine d'emprisonnement à vie mais avec la possibilité d'une libération conditionnelle entre 10 et 25 ans; c'est ce que le juge Cournoyer devra maintenant déterminer.

Lors des audiences sur la peine à imposer, vendredi, le procureur Dennis Galiatsatos a plaidé que les crimes commis par l'inculpé étaient abominables et répugnants, et que Bain devrait purger la peine maximale de 25 ans de prison avant d'être admissible à une libération conditionnelle. Il a plaidé que ce crime politique moralement répréhensible, qui a visé tant de gens, commandait une peine exemplaire.

Me Galiatsatos a rappelé que l'attentat aurait pu faire beaucoup plus de victimes si l'arme de Bain ne s'était pas enrayée et si les policiers n'étaient pas intervenus aussi rapidement. «Il a fait feu lors d'un rassemblement politique - le soir des élections, en plus. Cette atteinte à la démocratie elle-même justifie une peine de 25 ans et écarte toute comparaison» avec d'autres affaires, a-t-il plaidé.

Comme Denis Lortie

La défense, quant à elle, a réclamé la peine minimale de 10 ans de prison avant que Bain ne soit admissible à une libération conditionnelle. L'avocat de Bain, Alan Guttman, a plaidé qu'il s'agissait de la peine imposée à l'ex-caporal Denis Lortie, qui avait tué trois employés du gouvernement et blessé 13 autres personnes au cours d'une fusillade à l'Assemblée nationale en 1984. Or, Me Guttman soutient que les deux affaires sont comparables - un mobile politique et un trouble mental présumé.

«C'est la seule affaire judiciaire qui puisse se rapprocher de celle de M. Bain, a-t-il plaidé vendredi. Denis Lortie était un homme très malade, il n'aimait pas le gouvernement. Il s'est rendu à l'Assemblée nationale en 1984 avec l'intention de tuer le plus de députés possible.»

Lortie avait été reconnu d'abord coupable de meurtres prémédités mais ce verdict avait été infirmé en appel. Lors d'un nouveau procès, il a plaidé coupable aux accusations réduites de meurtres non prémédités, et il a été condamné à la peine minimale - aucune possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

Le juge Cournoyer a par ailleurs admis, vendredi, qu'il avait oublié de demander aux jurés leur suggestion de peine, lorsqu'ils ont prononcé leurs verdicts le 23 août.

La Couronne a appelé vendredi cinq témoins à la barre: quatre collègues et la soeur de Denis Blanchette, qui a livré un «résumé d'impact» au Je, comme si la victime s'exprimait par sa voix. Denis Blanchette, âgé de 48 ans, a laissé dans le deuil une fillette qui a maintenant huit ans.

En s'adressant directement à Bain, Diane Blanchette a lu, au nom de son frère: «Vous m'avez pris le droit d'être un père avec ma fille. Vous m'avez fait quitter la vie de manière tragique, sans dire au revoir». Pendant ce temps, Bain était assis, impassible. Me Guttman a expliqué plus tard que les médicaments antipsychotiques avaient cet effet sur son client.

Jonathan Dubé, ancien collègue de Denis Blanchette, a souhaité que Bain «brûle en enfer pour l'éternité». Les quatre collègues ont parlé par ailleurs d'effets post-traumatiques et de sentiment de culpabilité.

La défense n'a appelé aucun témoin à la barre vendredi.

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