Michel Laplante partagé entre la vie et le deuil

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(Québec) Après avoir eu brièvement l'impression d'être plongé dans un mauvais rêve, Michel Laplante ne parvient pas encore à comprendre ce qui a pu se produire dans l'accident d'hélicoptère ayant coûté la vie à Roberto «Bob» Bissonnette et Frédérick Décoste. «Je suis tellement chanceux de n'avoir rien, et en même temps, j'ai juste de la peine d'avoir perdu mes deux amis», a confié le président des Capitales de Québec avec des sentiments partagés entre la vie et le deuil.

L'unique survivant de l'écrasement de dimanche dans la rivière Ristigouche, au Nouveau-Brunswick, traîne des points de suture et plusieurs ecchymoses. Sa véritable douleur est plus d'ordre psychologique. Son destin n'était pas le même que celui de ses deux copains, le chansonnier et ex-hockeyeur Roberto Bissonnette et le pilote de l'appareil Frédérick Décoste.

«J'aurais bien pris quelques fractures de plus afin qu'ils évitent la mort. Les secouristes m'ont dit que c'était un miracle que je m'en sorte. C'est aussi un peu le destin ou un coup de chance, ça dépend des croyances de chacun», a raconté Laplante au Soleil, mardi matin, alors qu'il se trouvait toujours à l'hôpital de Campbellton.

Il se réveillait à peine lorsque sa fille aînée nous a mis en contact. Physiquement, Laplante se porte bien et il a l'intention de reprendre le boulot sous peu. Il pensait être en mesure d'obtenir son congé de l'hôpital en cours de journée, mais ignorait s'il avait la force de se taper un long chemin de retour de six heures en voiture. Sa famille est à ses côtés depuis lundi.

Laplante n'a pas de souvenirs de l'accident. Assoupi depuis quelques minutes à bord, il croyait rêver lorsqu'un «boom» l'a réveillé.

«Pendant un quart de seconde, j'avais l'impression d'être dans un mauvais rêve. On était dans les airs et j'ai ensuite réalisé que c'était réel. J'ai eu le temps de penser à mes proches pendant la chute, mais tout était noir. Tout s'est fait rapidement, je me suis retrouvé sous le cockpit, dans l'eau, et je n'ai aucune idée comment je m'en suis sorti. J'espère être capable de rattacher les fils de l'événement, un jour. Pour l'instant, je n'arrive pas à comprendre.»

Aucune fracture

Il n'a subi aucune fracture, foulure, etc. Il pense avoir subi une commotion cérébrale, car il n'a plus de souvenir de certains moments entre sa sortie de la rivière et son transport par ambulance.

«Je demandais des nouvelles de Bob et Fred, mais l'ambulancier me disait de me concentrer sur moi. Même chose à l'hôpital, où ils m'ont d'abord fait passer un scanner parce qu'ils suspectaient une fracture du crâne. Et même là, on ne comprend pas pourquoi je n'en ai pas eu. Puis, le médecin m'a dit : "Tu t'en doutes, tes chums sont décédés". Dans les circonstances, je n'ai pas me plaindre, mais ce n'est pas évident. Oui, je suis heureux d'être vivant, d'être avec les miens, mais je ne peux pas me réjouir parce que deux personnes que j'aimais beaucoup ont perdu la vie.»

Un message pour honorer la mémoire de Roberto... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Un message pour honorer la mémoire de Roberto «Bob» Bissonnette était visible au Stade municipal, mardi.

Le Soleil, Patrice Laroche

«Le plus bel hommage qu'on peut rendre à Bob, c'est de croquer dans la vie»

Michel Laplante avait surpris Bob Bissonnette en acceptant son invitation de passer quelques jours avec lui à Caraquet, où le chansonnier et ex-hockeyeur assistait à un mariage, en fin de semaine.

«On se disait à quel point nous étions choyés par la vie. Ç'a été une très belle fin de semaine, il m'a fait découvrir plusieurs de ses amis que je ne connaissais pas. Bob était serein par rapport à sa vie, ses amours, ses amis, sa carrière. Il m'a joué deux nouvelles chansons qu'il voulait enregistrer sur son prochain disque, c'était beau», a raconté Laplante sur un ton de voix énergique, comme l'aurait souhaité son ami.

Ils sont aussi allés à la pêche aux pétoncles, ont jasé, rigolé.

Actionnaire des Capitales depuis le début de la présente saison, Bissonnette, qui offrait un spectacle aux amateurs du Stade municipal depuis déjà quelques années tous les mardis, accompagnait aussi Laplante dans ses divers projets pour développer le baseball à Québec et faire grandir la Ligue Can-Am.

«J'ai profité du week-end pour le mettre à jour de ce qui s'en venait, ça l'excitait beaucoup. J'ai la ferme intention de réaliser nos projets, surtout que la fenêtre pour le faire est courte. Le plus bel hommage qu'on peut rendre à Bob, c'est de croquer dans la vie.»

Laplante avait aussi hâte de revoir Jean Tremblay, le propriétaire des Capitales. Il était aussi l'ami de Bob Bissonnette et du pilote Frédérick Décoste.

«Ce n'est pas facile non plus pour lui, il est aussi tiraillé entre le deuil de ses amis et le fait que je sois toujours en vie. On a juste hâte de se serrer dans les bras», a ajouté Laplante au sujet de la rencontre qui devait avoir lieu mardi.

L'hélicoptère sorti de la rivière

L'hélicoptère que pilotait Frédérick Décoste (photo) s'est écrasé... (Tirée de Facebook) - image 4.0

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L'hélicoptère que pilotait Frédérick Décoste (photo) s'est écrasé dimanche, provoquant sa mort ainsi que celle du chanteur et ex-hockeyeur Roberto «Bob» Bissonnette, tandis que l'autre passager, le pdg des Capitales de Québec Michel Laplante, a été blessé.

Tirée de Facebook

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) a extirpé, mardi, l'hélicoptère qui s'est abîmé, dimanche, dans la rivière Ristigouche au Nouveau--Brunswick, tuant l'ex-hockeyeur et actionnaire des Capitales de Québec, Bob Bissonnette, et le pilote Frédérick Décoste.

Une excavatrice a été utilisée pour soulever l'engin qui s'est écrasé dans les eaux peu profondes de la rivière dimanche vers 16h dans le secteur de Flatlands, village situé à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Campbellton, tout près de la frontière du Québec. 

L'appareil a été transféré sur la terre ferme où il a été transporté par camion jusqu'à un entrepôt où il subira des analyses, rapporte le porte-parole du BST, Éric Collard. Les images montrent que sa partie avant est manquante. La queue de l'hélicoptère a aussi été sectionnée. Son état témoigne de la force de l'impact.

Les enquêteurs du BST ont aussi interrogé le seul survivant de l'accident, Michel Laplante, président des Capitales de Québec. Mais rien n'a filtré de leur entretien. Reste à savoir ce que l'homme peut amener comme éclairage puisqu'il a dit s'être assoupi quelques minutes avant l'impact fatal.

Les premières informations laissent croire que l'hélicoptère aurait heurté des fils électriques au-dessus de la rivière. D'ailleurs, ils sont visibles sur les photos prises sur le site de l'accident. Une information que ne voulait pas corroborer M. Collard, mardi. 

Avec Jean-François Néron

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