Caméra du parlement pointée vers des hôtels: un policier destitué

Le Comité de déontologie policière a destitué de ses fonctions de policier le... (Archives La Presse Canadienne)

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(Québec) Le Comité de déontologie policière a destitué de ses fonctions de policier le sergent Stéphane Demers, membre de la Sûreté du Québec, qui épiait des ébats sexuels dans les hôtels Hilton et Delta à l'aide d'une caméra de surveillance de l'Assemblée nationale.

Cette destitution marque la fin d'une histoire révélée par Le Soleil en avril 2012. Dans sa décision rendue publique le 25 août, le comité de déontologie mentionne que l'ex-policier n'a pas démontré qu'il avait les «qualités d'honnêteté et d'intégrité» liées à ses fonctions et qu'il «a porté atteinte à la vie privée».

Les faits se sont produits entre le 1er avril 2010 et le 4 février 2012 à l'aide de ce qui est devenu la célèbre caméra de sécurité 81 installée au sommet du parlement. L'intimé s'en servait «pour visionner et zoomer dans les chambres de l'hôtel le Hilton en s'attardant principalement lorsqu'il pouvait constater la présence d'occupants dans celles-ci», relate le comité.

«Même si la caméra ne lui permettait pas de découvrir l'identité de ses occupants en raison de la qualité de l'image, il pouvait, à tout le moins, voir certaines de leurs caractéristiques physiques», est-il aussi écrit dans le document.

Un «running gag»

Au total, plus d'une trentaine de personnes ont été interrogées lors de l'enquête. Certaines ont révélé que l'utilisation que l'ex-sergent faisait de la caméra était devenue un «running gag». Il est reconnu qu'il «recherchait de la nudité ou des activités sexuelles chez les occupants de l'hôtel».

Les agissements répréhensibles pouvaient se dérouler jusqu'à plusieurs fois par quart de travail. «[...] Il faisait tous les étages. Quand il y avait de la lumière et que ça bougeait, il s'arrêtait et zoomait à cet endroit. Ça pouvait durer deux à trois minutes et par la suite, il allait vérifier ailleurs», explique un témoin.

De nombreux collègues, au fait des activités de l'intimé, ont dit lui avoir souligné leur malaise. Celui-ci aurait rétorqué qu'il «n'y aurait pas de problème et qu'il assumerait les conséquences de ses gestes [...] et que s'ils [ses patrons] n'étaient pas contents, ils n'avaient qu'à le retourner comme enquêteur». Personne n'a jamais dénoncé la situation par peur de représailles ou parce qu'ils croyaient que ça ne servirait à rien. Trois gardiens qui ont utilisé la caméra de façon inappropriée ont déjà perdu leur emploi.

Quatre autres sergents de la SQ, Pierre Allaire, Jean-Nil Roy, Jean Sinotte et Louis Saint-Germain, se font reprocher leur absence d'intervention auprès de leur collègue et d'avoir omis d'en aviser leurs supérieurs. Même chose pour deux constables spéciaux, Stéphanie Chabot et Jean-Benoît Bolduc. Leur audience devant le comité de déontologie est prévue en septembre.

Aucune accusation criminelle n'a été portée dans cette affaire.

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