Nathalie Normandeau en cour pour la première fois

Nathalie Normandeau a retrouvé un microphone: à compter... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Nathalie Normandeau a retrouvé un microphone: à compter de septembre, elle sera à l'antenne de BLVD 102,1.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

L'ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau sera présente en cour lundi pour la première fois depuis le début des procédures contre elle.

Accusée notamment de corruption avec six autres personnes à la suite d'un vaste coup de filet de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) le 17 mars, elle sera au palais de justice de Québec pour une conférence de gestion en vue de fixer l'enquête préliminaire.

Lors de la dernière audience, le 5 juillet, le juge Alain Morand, de la Cour du Québec, avait exigé la présence de tous les accusés et de leurs avocats à la prochaine étape des procédures.

Par la voix de leurs avocats, les accusés avaient alors fait savoir qu'ils allaient contester la tenue du procès dans le cadre de leur enquête préliminaire. La Couronne devra donc ainsi faire sa preuve sur les éléments essentiels de l'infraction. Le juge aura à déterminer, à la fin de l'ensemble de la preuve, s'il doit citer à procès chacun des prévenus sur les chefs d'accusation qu'on leur reproche, avait alors expliqué le procureur de la Couronne, Pascal Lescarbeau.

L'enquête préliminaire devrait avoir lieu en 2017, mais elle pourrait être plus longue étant donné la contestation du renvoi en procès, avait-il aussi indiqué.

Nathalie Normandeau fait face à un total de sept chefs d'accusation de complot, de corruption, d'abus de confiance et de fraude. Elle est passible d'un maximum de 14 ans d'emprisonnement.

Nouveau micro dès septembre

Ancienne mairesse de Maria, en Gaspésie, Nathalie Normandeau a été députée de Bonaventure pendant 12 ans, vice-première ministre, ainsi que titulaire du portefeuille des Affaires municipales et des Ressources naturelles dans le gouvernement de Jean Charest, jusqu'à sa démission en 2011.

Elle est devenue plus tard animatrice au FM93, à Québec. Elle poursuit actuellement son ancien employeur, Cogeco, qui l'a suspendue sans solde, puis congédiée à la suite de son arrestation.

Toutefois, elle a maintenant retrouvé un microphone: à compter de septembre, elle sera à l'antenne de BLVD 102,1, toujours dans la région de Québec, mais tous les partis représentés à l'Assemblée nationale ont fait savoir qu'ils allaient la boycotter. Cependant, des élus fédéraux ont indiqué qu'ils accepteraient ses invitations.

Fonds de défense

Un groupe de Gaspésiens a mis sur pied un fonds de défense qui collecte des dons pour appuyer Nathalie Normandeau dans ses démarches judiciaires contre son ancien employeur. Les quelques libéraux qui sont instigateurs de ce fonds visent à amasser 300 000 $, dont 150 000 $ d'ici à décembre.

Les six autres accusés arrêtés en même temps que Nathalie Normandeau sont son ex-directeur de cabinet, Bruno Lortie, trois anciens dirigeants du cabinet de génie-conseil Roche, Mario Martel, France Michaud et l'ex-ministre et organisateur libéral Marc-Yvan Côté, de même que l'ancien maire de Gaspé, François Roussy, et l'ancien responsable du bureau de circonscription de Pauline Marois dans Charlevoix, Ernest Murray.

À la suite des arrestations, le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, avait déclaré que les sept prévenus étaient soupçonnés d'avoir participé à «des stratagèmes criminels reliant à la fois des activités frauduleuses de financement politique et l'obtention indue de subventions gouvernementales ou de contrats publics».

Manif contre la «normandite»

Des professionnels du gouvernement du Québec profiteront de la présence en cour de Nathalie Normandeau pour manifester devant le palais de justice de Québec lundi, dès 7h.

«Le vrai problème qui rend le gouvernement vulnérable à la corruption et à la collusion, c'est le manque d'expertise interne de l'État», affirme David Bernans, vice-président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

C'est pourquoi quelques dizaines de fonctionnaires, sans convention collective depuis un an et demi, ont décidé de revêtir des sarraus de médecins afin de «prescrire au gouvernement une forte dose d'expertise». «On pense que le gouvernement souffre de normandite, qui est le syndrome d'un problème plus profond», exprime M. Bernans.

En novembre dernier, la commission Charbonneau avait pointé le manque d'expertise à l'interne comme un facteur pouvant ouvrir la porte à la corruption et la collusion. «Le gouvernement doit être capable d'attirer et de retenir des professionnels de haut niveau, sans avoir à faire affaire à des entreprises privées pour en surveiller d'autres!» plaide M. Bernans.

C'est pourquoi le SPGQ presse le gouvernement Couillard de s'entendre avec lui, qui représente 17 000 experts travaillant dans la fonction publique, comme analystes financiers, analystes informatiques, chimistes et recherchistes, entre autres.

Pour l'heure, le gouvernement offre à ces employés une hausse de salaire de 5,5% sur cinq ans, «ce qui est en dessous de l'inflation», indique M. Bernans. En décembre dernier, les fonctionnaires membres du front commun avaient obtenu des hausses de salaire variant de 9 à 10% sur cinq ans. Le Soleil, Patricia Cloutier

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