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Les motards au coeur tendre arrivent à Québec

Les motards Bikers against child abuse (BACA) ne... (Fournie par CC Rider)

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Les motards Bikers against child abuse (BACA) ne sont pas des criminels. Ils cherchent plutôt à redonner confiance aux enfants victimes d'abus sexuel en les accompagnant dans la vie de tous les jours, soutient le groupe.

Fournie par CC Rider

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(Québec) Un nouveau groupe de motards international ouvrira un premier chapitre dans la capitale au cours des prochains mois, a appris Le Soleil. Leur nom: BACA (Bikers Against Child Abuse). Leur mission: redonner confiance aux enfants victimes d'abus sexuel.

Joint par Le Soleil, l'un des membres de la section montréalaise a confirmé que six «bikers» faisaient actuellement l'objet d'une enquête pour démarrer un premier chapitre à Québec. Il faut compter de 14 à 18 mois avant de pouvoir obtenir sa veste aux couleurs du gang. Et ne peut pas y adhérer qui veut.

«Il y a un long processus. On vérifie les antécédents judiciaires. Il faut s'assurer que ce sont des gens sérieux. Ce n'est pas une ride d'une fin de semaine», affirme celui qu'on surnomme CC Rider et qui ne veut pas dévoiler son nom pour protéger ses proches. D'ailleurs, tous les membres de la formation sont appelés par un surnom.

Pour obtenir son adhésion, chaque nouveau membre doit également posséder une moto, avoir plus de 18 ans et suivre une formation sur le Web de plus de 40 heures sur les différentes méthodes d'intervention pour venir en aide aux enfants.

Bien qu'ils aient des allures de motards dangereux, les BACA ne sont pas composés de criminels, assure CC Rider. Oui, certains ont des tatouages et un look de durs à cuire, mais ce n'est pas avec leurs poings qu'ils règlent leurs problèmes. Ils cherchent plutôt à redonner confiance aux enfants victimes d'abus sexuel en les accompagnant dans la vie de tous les jours.

Pas des justiciers

«Les BACA, ce sont des propriétaires d'entreprises, des comptables, des ingénieurs, des pères et mères de famille. Ce sont des gens qui ont une grande passion pour la moto et qui ont le désir brûlant d'aider les enfants. [...] Nous ne sommes pas des justiciers», décrit celui qui occupe la chaise de président du chapitre de Montréal. Ce dernier a vu le jour en octobre 2015.

«On se fout de l'abuseur. Le but de notre organisation est d'autonomiser les enfants. De l'aider à avoir moins peur afin qu'il regagne sa vie d'enfant et qu'il retrouve sa confiance pour être en mesure de dévoiler ce qui lui est arrivé», poursuit-il, précisant que son clan collabore avec les autorités.

L'organisation suit une charte de règles et chaque chapitre possède son conseil d'administration. Pour monter dans la hiérarchie, les membres doivent prouver leur valeur afin d'obtenir des «patchs», par exemple en démontrant leur disponibilité envers un enfant.

Lorsque les BACA font une intervention auprès d'un jeune, en plus de lui remettre une veste aux couleurs du clan, deux membres du groupe «adoptent» l'enfant. À partir de ce moment, «les parrains» sont disponibles 24h sur 24, 365 jours par année, si la victime communique avec eux. Que ce soit simplement pour discuter ou pour réclamer de l'aide. Ce sont souvent des parents qui font appel à leurs services.

Rôle de protecteur

«L'enfant va sentir qu'il y a du monde dans son coin. C'est intimidant de dire à un autre: "Moi, mes chums, ce sont des bikers"», souligne CC Rider, concédant que parfois ils doivent faire face à certains pédophiles. «Il arrive que l'on doive monter la garde, que ce soit près du lieu de la résidence du jeune ou même en cour. Lorsqu'un abuseur est toujours en liberté, il peut essayer de faire de l'intimidation. Bien entendu, s'il tente de passer à travers de nous, nous sommes quand même des bikers. Et oui, c'est arrivé», ajoute-t-il.

Les BACA existent depuis 21 ans. Le groupe a ouvert son premier chapitre en Utah, aux États-Unis. Le clan possède aujourd'hui des tentacules partout à travers le monde.

Au Canada, on compte une vingtaine de chapitres. Le chapitre de Montréal sera présent à Québec le 3 septembre pour La marche blanche, un rassemblement pour demander au gouvernement de Philippe Couillard de mettre sur pied un registre public des délinquants sexuels.

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