Un «parfait fraudeur» coupable d'arnaque d'un demi-million $

Réjean Thiboutot... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Réjean Thiboutot

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(Québec) Un ex-courtier en valeurs mobilières, Réjean Thiboutot, 53 ans, a été reconnu coupable jeudi d'une fraude à la Ponzi de 500 000 $ aux dépens d'une dizaine de plaignants.

«Pour obtenir l'argent des plaignants, il utilise donc les artifices du parfait fraudeur : les belles paroles et l'apparence de l'homme qui a un train de vie aisé.» La juge Chantal Pelletier a été caustique au moment de prononcer sa sentence. «Le Tribunal a constaté que l'accusé s'exprime avec aisance et est capable de prononcer beaucoup de mots sans rien dire de substantiel», poursuit la magistrate, au sujet de son témoignage, ponctué «d'explications longues et contradictoires» et de «réponses invraisemblables», et dont la «crédibilité a été grandement affectée par les mensonges».

Selon elle, la Couronne a réussi à prouver hors de tout doute que Thiboutot avait créé un système illégal de financement pyramidal qui, inévitablement, s'écroule lorsque l'argent des nouveaux clients ne suffit plus à rembourser les autres investisseurs. 

La fraude a pris naissance en 2005 lorsque l'accusé a fondé l'entreprise Capital Ventura inc., une société de gestion installée au 801, Grande Allée Ouest, à Québec. La juge a qualifié l'entreprise de «coquille vide». Il garantissait rien de moins que des taux de rendement qui, lorsque transférés sur une base annuelle, grimpaient jusqu'à 1825 %. En seulement deux ans, il a fait 24 chèques sans provision. 

Faillite en 2009

L'entreprise et son seul actionnaire ont fait faillite en 2009. Malgré cela, Thiboutot a continué à arnaquer ses clients jusqu'en 2012, moment où il a été arrêté. Pour encaisser les sommes, Thiboutot a successivement ouvert des comptes bancaires dans à peu près toutes les institutions financières québécoises. 

La défense a toujours plaidé ne pas avoir voulu frauder les clients. Elle soutient que tous savaient les risques qu'ils encouraient. Thiboutot disait prendre l'argent des clients pour les investir dans de nouvelles entreprises. Le Tribunal ne croit pas dans les efforts consentis par l'accusé pour faire fructifier cet argent, qu'il utilisait plutôt à ses propres fins. À cet égard, l'ensemble des témoignages reflète d'ailleurs l'image de l'homme aisé qu'il projetait.

Parallèlement aux accusations criminelles, d'autres plaignants, dont l'ex-homme d'affaires Jean-Noël Lacroix, ont poursuivi Réjean Thiboutot au civil pour 2,5 millions $ en décembre 2011. Le dossier a depuis été réglé par un règlement à l'amiable.

Une des victimes de Thiboutot, qui préfère ne pas être identifiée, était présente jeudi pour connaître la sentence. Elle a réussi à récupérer une partie de l'argent qu'elle et son conjoint avaient confié au fraudeur lors d'un arrangement à l'amiable à la suite d'une poursuite civile. Mais encore aujourd'hui, elle témoigne des conséquences financières qui l'affligent.

«Mon conjoint était torturé. Il en est mort. J'ai 76 et je dois continuer à travailler», raconte celle qui offre des traitements thérapeutiques alternatifs. Comme bien d'autres, elle s'est fait prendre par les apparences.

«Je croyais qu'il était aisé. Il avait une belle allure et un vocabulaire riche. En plus, il avait une chronique hebdomadaire à la radio», explique-t-elle. Jeudi, elle revivait avec émotions les longues années de démêlés judiciaires.

Réjean Thiboutot revient en Cour le 2 novembre pour les observations sur la peine. Il a déjà été reconnu coupable de fraude en 1993 et a obtenu une absolution inconditionnelle.

Stratagème à la Ponzi

Structure d'investissement pyramidale élaborée de façon à ce que les profits des premiers investisseurs soient payés à même les sommes versées par les nouveaux investisseurs. La structure survit tant que l'escroquerie n'est pas découverte et tant que de nouveaux investisseurs font leur entrée régulièrement. L'homme d'affaires d'origine italienne Charles Ponzi avait conçu ce type de fraude au début du XXe siècle. Le financier américain Bernard Maddoff a été son plus célèbre adepte; il a été condamné à 150 ans de prison pour une fraude de 65 milliards $.

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