Wali récupérera ses armes

L'homme de 34 ans surnommé Wali, qui avait... (Collaboration spéciale, Ian Bussières)

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L'homme de 34 ans surnommé Wali, qui avait combattu à titre volontaire le groupe armé État islamique au Kurdistan irakien. Il est accompagné de Guy Morin du collectif contre un registre des armes à feu.

Collaboration spéciale, Ian Bussières

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) L'homme de 34 ans surnommé Wali, qui avait combattu à titre volontaire le groupe armé État islamique au Kurdistan irakien, pourra enfin récupérer les armes à feu qui lui avaient été confisquées à la suite d'une opération menée en juin à son domicile.

L'ancien tireur d'élite du Royal 22e Régiment préfère que ne soient pas dévoilés dans les médias son nom et son lieu de résidence pour des raisons de sécurité, mais ne s'objecte pas à la publication de sa photo. Le Soleil a choisi de ne pas publier son nom et d'utiliser le surnom qui lui a été donné par la population locale lors de ses missions en Afghanistan.

«C'était trop facile...», a déclaré Wali aux médias après avoir reçu la confirmation qu'il retrouverait ses outils de travail au terme de la brève audience de mardi. «J'avais une valise pleine de jurisprudence, mais ça n'a pas été nécessaire», a ajouté celui qui s'est représenté seul.

L'ancien militaire déplore d'ailleurs que ni la police ni la Couronne n'aient recueilli sa version des faits ni consulté son dossier médical avant de saisir ses armes. «Malheureusement, ce sont des situations qui arrivent souvent dans des cas de séparations et plusieurs préfèrent abandonner leurs armes plutôt que de dépenser de l'argent devant les tribunaux.»

Ce scénario n'était cependant pas une option pour celui qui donne des cours de maniement d'armes, pratique le tir à la cible et prévoit retourner au Moyen-Orient cet automne pour y combattre de nouveau l'État islamique et tourner un documentaire.

Chicane de ménage

Wali s'était fait saisir trois armes semi-automatiques, un fusil d'assaut CZ58, un pistolet SIG-Sauer P220 et une carabine Ruger de calibre .22 quand la police était intervenue chez lui lors d'une chicane de ménage avec son ex-conjointe qu'il venait de quitter pour une autre.

Ce n'était cependant pas elle, mais bien sa mère à qui elle parlait au téléphone, qui avait contacté les policiers. Ainsi, aucune plainte ni aucune accusation n'avaient été déposées à la suite de l'opération policière, mais les armes de Wali avaient tout de même été saisies. La Couronne tentait d'obtenir une ordonnance d'interdiction préventive pour ne pas qu'elles lui soient rendues.

Réglé rapidement

Le dossier a été réglé plutôt rapidement mardi alors que l'avocate de la Couronne, Me Sonia Lapointe, a choisi de ne pas faire témoigner l'ex-conjointe de Wali même si le juge René de la Sablonnière aurait préféré l'entendre afin d'évaluer sa crédibilité.

«Madame n'a jamais voulu porter plainte et ce n'est pas à sa demande que les armes ont été saisies. Elle se retrouve prise dans une situation qu'elle n'a pas demandée», a déclaré Me Lapointe, s'en remettant à la déclaration écrite de la femme.

Wali, qui estime que son ex-conjointe a prétendu à tort qu'il était instable mentalement parce qu'elle n'acceptait pas la rupture, a pour sa part remis ses rapports médicaux au juge. Il a souligné qu'il n'avait pas été libéré de l'armée pour des raisons médicales et que les médecins n'avaient jamais rien eu à signaler concernant sa santé mentale après chacune de ses missions en sol afghan.

«Je comprends que Madame ne veut pas porter plainte... mais d'un côté, j'ai un témoignage assermenté et de l'autre, j'ai une déclaration écrite. J'ai aussi un rapport médical qui montre que Monsieur est en bonne santé. Il n'y a donc pas lieu de rendre une ordonnance. Ses armes pourront lui être rendues», a conclu le juge.

Plus de 1000 saisies préventives par année au Québec

Plus de 1000 saisies préventives d'armes à feu, comme celle faite en juin au domicile de Wali, seraient réalisées au Québec chaque année, selon le collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu.

Guy Morin, vice-président du collectif, accompagnait Wali lors de l'audience où il a pu reprendre possession de ses armes à feu. Il l'a également conseillé dans sa défense. «Nous ne sommes pas contre les saisies préventives. Le problème est que la Couronne va toujours essayer de faire saisir les armes pour une durée variant entre un an et dix ans même quand il n'y a aucune plainte de déposée ou quand la plainte est rejetée», a-t-il déclaré aux médias.

Selon lui, plusieurs propriétaires perdraient l'accès à leurs armes de cette façon. «Ils n'ont pas d'argent pour aller se défendre devant les tribunaux, alors ils laissent tomber. Mais pourquoi leur retirer leurs armes s'ils n'ont rien à se reprocher?» s'interroge M. Morin.

Wali est d'accord avec Guy Morin, ajoutant que selon lui, les saisies préventives ne devraient pas durer 12 mois et plus. «Il faudrait que les armes soient remises à leur propriétaire immédiatement après vérification, s'il appert qu'il n'y a pas de plainte et que la personne est en bonne santé mentale», conclut-il.

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