Un réfugié somalien condamné à trois ans de prison

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Le palais de justice de Québec

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Salim Mohamed Abdi, 46 ans, un réfugié somalien établi au Québec depuis plusieurs années, a été condamné à trois ans de prison lundi pour avoir entretenu en 2002 et en 2003 une relation avec une adolescente de 13 ans.

Abdi, qui avait 33 ans à l'époque, avait prétendu avoir 19 ans pour commencer une relation amoureuse avec la jeune fille. Il l'a rencontrée à son appartement à raison d'une fois par semaine pendant une période de huit mois.

La première relation sexuelle entre lui et l'adolescente a eu lieu même si celle-ci disait non. Par la suite, l'adolescente acceptait, mais Abdi a toujours refusé de porter un préservatif, mettant ainsi en danger la santé de la jeune fille et provoquant le risque qu'elle tombe enceinte.

«Elle ne voulait pas avoir de relations sexuelles, mais elle le faisait, car elle pensait que c'était ce qu'un couple devait faire. Elle aimait l'attention qu'elle recevait de lui parce qu'elle n'avait jamais eu de père et qu'elle n'avait jamais reçu ce genre d'attention», a expliqué le juge René de la Sablonnière lors de l'audience.

Croyant avoir attrapé une maladie transmissible sexuellement, la jeune fille s'est même rendue à une clinique. Elle n'a cependant pas pu subir les tests parce qu'on exigeait la présence de ses parents en raison de son jeune âge.

Pendant les années qui ont suivi, la jeune femme aujourd'hui âgée de 26 ans a vécu avec les séquelles des gestes d'Abdi, des séquelles que le juge a mises en lumière en lisant une partie de son témoignage.

«J'ai longtemps craint pour ma santé, car j'avais entendu des rumeurs qu'il avait le sida. Ces événements ont influencé de façon négative mes relations successives avec des hommes. Je me suis sentie trahie lorsqu'il a mis fin à la relation. Je me suis sentie dégradée, j'ai été troublée et j'ai eu des pensées noires tout le long de mon adolescence», a relaté le magistrat, soulignant la souffrance, la détresse et la perte d'estime de soi de la victime.

Crainte de déportation

Le juge a refusé de tenir compte du fait qu'Abdi, un réfugié politique originaire de Somalie maintenant résident permanent du Canada et en attente de sa citoyenneté, puisse être déporté s'il écopait d'une peine à purger dans un pénitencier fédéral. Il a donc penché pour la recommandation de la Couronne, qui réclamait entre trois et quatre ans d'emprisonnement.

La défense, qui demandait une peine de 18 à 20 mois de prison, tablait sur le fait qu'Abdi, qui réside maintenant à Nouvelle, dans la Baie-des-Chaleurs, était sans antécédent et avait maintenant une vie rangée. Il habite en effet avec sa conjointe, avec qui il a eu deux enfants, et travaille dans la résidence pour personnes âgées qu'elle administre.

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