Richard Henry Bain s'est effondré lors d'un interrogatoire

Richard Henry Bain, en 2012.... (Archives La Presse)

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Richard Henry Bain, en 2012.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

La guerre psychologique qu'a menée l'enquêteur Daniel Prieur lors du deuxième interrogatoire de Richard Henry Bain, deux jours après l'attentat du 4 septembre 2012 au Métropolis, s'est conclue par l'effondrement au sol de ce dernier.

Richard Bain subit son procès pour le meurtre du technicien de scène Denis Blanchette, ainsi que pour tentative de meurtre à l'endroit de 14 autres personnes, notamment.

Les jurés, qui avaient vu la veille la première partie de la vidéo de l'interrogatoire du 6 septembre 2012, ont complété mercredi le visionnement avant que l'accusé ne revienne à la barre dans le cadre de son témoignage en défense.

Ils ont vu Bain invoquer son droit de refuser de répondre puis cesser complètement de parler ou même de regarder le policier durant plus de deux heures, prenant souvent sa tête à deux mains et sanglotant par moments.

L'enquêteur est cependant revenu à la charge sans relâche, lui demandant s'il avait des motivations politiques, s'il était à la recherche de célébrité, invoquant souvent la petite fille de 4 ans de Denis Blanchette qui avait perdu son père.

Il lui a reproché à plusieurs reprises son absence de remords et a fait appel à son sens des valeurs et à sa foi pour tenter de le faire parler.

Vers la fin de l'interrogatoire, Richard Bain s'est plaint de douleurs à la poitrine et s'est finalement effondré au sol à côté de sa chaise où il est demeuré de longues minutes.

Le policier et un collègue l'ont toutefois relevé pour l'emmener devant le tribunal où il devait comparaître, répétant à quelques reprises qu'il avait été examiné par les médecins la veille et qu'il ne souffrait d'aucun malaise.

Richard Bain est par la suite revenu à la barre des témoins, où il a dit ne se souvenir que partiellement de cet interrogatoire et de la visite qu'il avait faite à l'hôpital Royal Victoria.

Il a dit qu'il avait cru qu'il allait mourir lorsqu'il avait ressenti la douleur à la poitrine et qu'il avait dit au policier que sa perception était fausse et qu'il avait bel et bien des remords.

À la sortie de l'audience, l'avocat de Richard Bain, Alan Guttman, a dit croire à la lumière de cette vidéo que le droit au silence de son client n'avait pas été respecté et que l'interrogatoire frisait la cruauté mentale. Me Guttman, qui a déjà fait part de son intention de plaider la non-responsabilité criminelle pour cause de trouble mental, a précisé avoir demandé la mise en preuve de la vidéo afin de montrer l'état mental dans lequel son client se trouvait.

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