Baton Rouge: des tensions qui existent depuis longtemps

Au fil de ses voyages, Alain Gelly a... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Au fil de ses voyages, Alain Gelly a été témoin des tensions raciales qui existent dans le sud des États-Unis, particulièrement en Louisiane.

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(Québec) Le policier à la retraite Alain Gelly a patrouillé en Louisiane de nombreuses fois dans le cadre d'échanges professionnels. Pour lui, le récent événement violent qui touche cet État du sud témoigne des tensions raciales qui existent depuis fort longtemps déjà.

L'ancien porte-parole de la police de Lévis enseigne toujours en technique policière au Collège Notre-Dame-de-Foy. Depuis maintenant 20 ans, il se rend régulièrement en Louisiane pour des stages avec ses étudiants. À l'inverse, il reçoit au Québec, comme cette semaine, des aspirants policiers du sud des États-Unis. Au total, il a réalisé une quarantaine d'échanges.

«On s'entend que tout ça prend une saveur qui dépasse le lien normal entre le rôle et le devoir d'un policier et sa communauté, lance-t-il, en référence aux trois policiers tués, dimanche, au moment où, il faut préciser, il ne savait pas si le tireur de Baton Rouge avait délibérément fait feu sur des policiers blancs dans un contexte de vengeance raciale.

«Ça serait faux de dire qu'il n'y a aucun policier raciste, mais ce n'est pas ce que j'ai vu, tient à dire celui qui a eu d'innombrables conversations avec des policiers blancs, noirs et latino-américains. Moi, j'ai vu des gens de toutes origines vouloir protéger leur population.» C'est d'ailleurs ce qui l'attriste le plus dans le drame qui touche ses collègues américains.

Au fil des voyages, M. Gelly a été un témoin direct des tensions raciales qui existent. Déjà, lors d'une visite en Floride en 1975, il avait vécu une manifestation au cours de laquelle un policier blanc avait tiré mortellement sur un homme noir. L'affaire avait été traitée comme un acte racial.

Pas la bienvenue, peu importe la couleur

Il a aussi fait de nombreuses patrouilles dans des quartiers noirs très pauvres de la Louisiane, là où la police, qu'elle soit blanche ou noire, n'est jamais la bienvenue. «C'est tellement difficile. Les policiers blancs se font traiter de racistes et les policiers noirs de traître parce qu'ils représentent l'autorité», explique M. Gelly.

Il a souvent discuté avec les stagiaires et enseignants de la question raciale au sein même des forces de l'ordre. La réponse des policiers noirs l'oblige à constater que cette question n'explique pas, à elle seule, les drames à répétition qui se déroulent.

«Ces policiers disaient ne pas sentir le racisme parmi les troupes. Même plus, les policiers noirs se demandaient pourquoi ils devaient être les agents appelés à intervenir systématiquement dans des quartiers noirs alors que ce n'est pas plus facile pour eux.» Comme quoi, certaines solutions ne s'appliquent pas aussi facilement qu'il paraît.

Il pointe du doigt les conditions socioéconomiques difficiles des personnes noires, surreprésentées dans l'appareil judiciaire, et surtout l'omniprésence des armes à feu que tout citoyen muni d'un permis valide peut porter sur lui. «La présence des armes n'aide pas», soutient l'ex-policier. Il se souvient d'une phrase prononcée par un enseignant policier américain. «Je dois former des individus comme si on était en temps de guerre pour intervenir contre un homme qui peut être armé sur un coin de rue», lui avait-il confié.

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