Un comptable dépressif risque quatre ans de prison

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Le palais de justice de Québec

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(Québec) Un comptable à l'emploi du ministère de la Justice, Jean Vézina, risque une peine minimale de quatre ans de prison s'il est déclaré coupable d'avoir déchargé une arme à feu avec insouciance dans sa maison, où se trouvaient ses proches, lors d'un violent épisode dépressif.

Dans la soirée du 16 février 2014, Jean Vézina, 54 ans, rentre chez lui passablement éméché et envahi par des idées noires.

Il commence par sommer sa conjointe ainsi que le fils de 17 ans de cette dernière et deux jeunes amis de quitter la maison de la rue Armand-Buteau à Beauport. Vézina va ensuite s'enfermer dans sa chambre.

Les trois jeunes restent au sous-sol. La conjointe va parler avec Jean Vézina, mais, rapidement, le ton monte et la dispute éclate.

Selon la preuve présentée au procès lundi, Vézina tire un premier coup de feu de son arme de chasse alors que sa conjointe est toujours au rez-de-chaussée. La dame réussit à prendre une boîte de balles et quitte la maison après avoir appelé le 9-1-1. Les jeunes sortent après avoir entendu le deuxième coup de feu.

Les policiers de Québec arrivent rapidement sur les lieux. Ils évacuent une dizaine de résidences voisines par mesure préventive.

Une douzaine de balles tirées

Durant environ une demi-heure, Jean Vézina tire une douzaine de balles sur tous les murs de sa chambre, faisant beaucoup de dégât.

Le groupe tactique d'intervention est appelé en renfort. Le forcené sort de lui-même vers 6h.

L'avocat de Jean Vézina, Me Alain Dumas, affirme que son client, à l'époque suicidaire, s'est soucié de ses proches et ne peut pas être déclaré coupable de l'infraction principale. «Son but était de laisser sortir les personnes et de se suicider après», indique l'avocat de la défense.

Et comme il était seul dans la chambre à coucher au moment de tirer, ajoute Me Dumas, il ne peut pas être déclaré coupable d'avoir «déchargé intentionnellement une arme à feu en direction d'un lieu, sachant qu'il s'y trouve une personne ou sans se soucier qu'il s'y trouve ou non une personne», tel que le stipule le Code criminel.

Rien de plus faux, rétorque la procureure de la Couronne, Me Geneviève Bédard. «Le lieu, ce n'est pas la chambre à coucher, mais bien la résidence et c'est de connaissance judiciaire que les balles traversent les murs de gypse!» lance-t-elle.

Comme plusieurs infractions criminelles commises avec une arme à feu, celle de décharger une arme à feu avec insouciance est frappée d'une peine minimale de quatre ans.

La défense a toutefois la possibilité de contester la constitutionnalité de la peine minimale dans ce cas précis.

Le juge Hubert Couture tranchera le débat le 28 octobre.

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