20 000 $ en promesses de dons pour Normandeau

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Selon Fabrice Bourque, Nathalie Normandeau a été d'abord été réticente à l'idée du fonds. «Mais on lui a fait comprendre que c'est pour son bien, et l'ampleur des coûts pour se défendre.»

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<p>Geneviève Gélinas</p>
Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Gaspé) Visant un objectif de 300 000 $, les initiateurs du fonds de défense de Nathalie Normandeau disent avoir déjà des promesses de dons pour 20 000 $. Cette collecte qui vient d'être lancée servira à payer les honoraires d'avocat de l'ex-ministre libérale, accusée notamment de fraude et de corruption. L'un des initiateurs du fonds, Fabrice Bourque, espère amasser la moitié de l'objectif d'ici le mois de novembre.

La démarche des citoyens ne fait pas l'unanimité. Le député péquiste de Bonaventure la qualifie «d'indécente» et craint du «Gaspésie bashing».

L'idée vient de sympathisants de Mme Normandeau, explique M. Bourque, qui est convaincu que l'ex-députée de Bonaventure n'est pas coupable. «On s'est dit : il faudrait bien aider Nathalie. Ce n'est pas jojo, ces accusations [...]. Elle a été charroyée pas mal dans les médias. Il y a cinq autres personnes accusées [six, en fait] mais on entend bien plus le nom de Nathalie.»

Selon M. Bourque, Mme Normandeau a d'abord été réticente à l'idée du fonds. «On lui a fait comprendre que c'est pour son bien, et l'ampleur des coûts pour se défendre.» M. Bourque estime ces coûts entre 300 000 $ et 500 000 $. 

Le mouvement «émane de la Gaspésie», disent ses initiateurs, mais ils souhaitent qu'il «déferle sur toute la province». Pour l'instant, il est formé de «militants [du Parti libéral], mais aussi de non-membres, de donateurs, d'industriels», énumère M. Bourque.

«Indécent»

«C'est indécent, c'est un manque d'éthique. Les mots me manquent. C'est gros», a réagi le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy.

«Une personne est accusée d'avoir mal géré les fonds publics et fait appel à la générosité de la population qui peut avoir été lésée», analyse M. Roy. «Quand on voit que des enfants n'ont pas à déjeuner, que les banques alimentaires sont vides, j'ai de la misère avec une campagne pour la défense de Mme Normandeau», poursuit-il.

«Ça crée un Gaspésie bashing, croit M. Roy. Déjà qu'on avait la cimenterie. Quand on arrive avec une initiative comme celle-là, décrite comme gaspésienne, ce n'est pas bon.» Le député fait référence à la cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie, qui coûtera 444 millions de dollars plus cher que prévu à construire.

La mairesse de Cloridorme, Jocelyne Huet, «souhaite la meilleure des chances» à Mme Normandeau. Elle est «d'accord» avec les créateurs du fonds, même si elle n'a pas d'argent à y verser.

Jean Charest devrait contribuer

Les libéraux au pouvoir sont restés discrets lundi. Le député libéral des Îles-de-la-Madeleine, Germain Chevarie, a refusé de commenter. 

Le ministre responsable de la Gaspésie, Sébastien Proulx, a indiqué qu'il «ne réagira pas à cela considérant qu'il s'agit d'une initiative citoyenne».

Par ailleurs, Fabrice Bourque s'attend à ce que Jean Charest contribue. «On m'a dit qu'il avait accepté le principe et qu'il allait faire un don.»

Les administrateurs du fonds acceptent des chèques personnels de 1000 $ au maximum. «On n'a pas voulu que ce soit des gros montants ni des chèques d'entreprise. On a voulu que ce soit plus populaire. On a pris le pattern de la Loi électorale», dit M. Bourque.

L'argent servira à payer des factures d'avocat, précise M. Bourque. S'il y a des surplus, ils iront à la Fondation communautaire Gaspésie-Les Îles.

Fabrice Bourque, un évaluateur agréé à la retraite, a été le président de l'Association libérale de Bonaventure de 2001 à 2010, alors que Mme Normandeau était députée de Bonaventure, puis ministre.

Un autre des requérants, André Poirier, est un concessionnaire automobile de Carleton à la retraite. Il s'était présenté à l'investiture libérale de Bonaventure en 2013 et avait perdu aux mains de Damien Arsenault.

Mme Normandeau est accusée de complot, de corruption, d'abus de confiance et de fraude envers le gouvernement à la suite de son arrestation par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) le 17 mars.

L'ex-ministre a perdu son salaire d'animatrice de radio au FM93 à la suite des accusations et tente de le récupérer par la voie des tribunaux.  Avec Gilles Gagné (colloraboration spéciale)

Normandeau touchée par la main tendue

Jointe par téléphone, Nathalie Normandeau a admis être sensible à la main tendue par les siens qui veulent la soutenir dans sa défense judiciaire en créant un fonds d'aide.

L'ancienne vice-première ministre du Québec a accepté d'accorder une très brève entrevue téléphonique au Soleil, en prévenant toutefois qu'elle devait être prudente dans ses commentaires. «Je suis très touchée de cette initiative, s'est-elle contentée de dire. Durant mes treize ans à l'Assemblée nationale, la Gaspésie a toujours été ma priorité. Que des Gaspésiennes et des Gaspésiens croient toujours en moi, ça me touche doublement.»

Mme Normandeau a refusé de répondre à nos autres questions, «du moins pour le moment».

Johanne Fournier (collaboration spéciale)

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