36 mois pour un ex-infirmier ayant agressé une bénéficiaire

Un ex-infirmier de 72 ans, Marcel Boudreau, s'est vu imposer lundi une peine de... (Archives La Presse)

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Un ex-infirmier de 72 ans, Marcel Boudreau, s'est vu imposer lundi une peine de 36 mois de prison par la juge Chantale Pelletier pour avoir agressé sexuellement une bénéficiaire de la résidence Jardins Le Flandre, dont il avait autrefois la charge.

Qualifiant les accusations d'extrêmement graves, la juge Pelletier a refusé de considérer l'âge avancé de l'accusé comme un facteur atténuant. «À votre âge, on se serait attendu à plus de maturité», a-t-elle déclaré, s'attardant plutôt aux séquelles du crime.

«Il y a des séquelles physiques et psychologiques qui sont bien présentes, et c'est vous qui êtes responsable de ça. Il y a aussi des séquelles sur la famille: c'est triste de voir sa mère victime de ça», a poursuivi la juge.

Fête de Noël

Les tristes événements sont survenus à Noël dernier, alors que Boudreau est retourné fêter Noël à la résidence où il avait travaillé comme infirmier jusqu'en avril 2015. À l'époque, il avait entre autres la responsabilité de distribuer les médicaments à la victime maintenant âgée de 84 ans et qui souffre de démence et de la maladie d'Alzheimer.

«Il l'avait soignée pendant deux ans, il connaissait l'état de santé de la dame et il a dit qu'il était attiré par elle. Il lui donnait des becs lors de la prise des médicaments et elle le repoussait. Il se disait que ce n'était pas vraiment grave, vu qu'il était en fin de carrière, même si ce n'était pas correct ce qu'il faisait», a cité la juge Pelletier en lisant des passages du rapport présentenciel de Boudreau.

Ivre lors de la soirée de Noël des Jardins Le Flandre, Boudreau est entré dans la chambre de la dame, l'a déshabillée et agressée sexuellement de façon très violente. «Elle a eu la hanche cassée, des blessures aux coudes et aux mains, et a dû subir une opération pour lui insérer trois vis à la hanche en raison de la fracture», a poursuivi la juge.

Malgré sa maladie, la victime aurait parfois des «flashbacks» de l'agression, ainsi que des épisodes de panique et de peur lors de la prise des médicaments dans la nouvelle résidence où elle a été transférée.

La juge Pelletier a accepté la proposition commune de l'avocate de la Couronne, Me Valérie Lahaie, et de celle de l'accusé, Me Myralie Roussin, soit une peine de 36 mois de laquelle a été soustraite une période de quatre mois et 15 jours représentant la détention préventive. Boudreau devra donc purger encore deux ans, sept mois et 15 jours de prison en plus de se soumettre à une ordonnance lui interdisant de posséder des armes pour une période de 10 ans et d'être inscrit pour 20 ans au registre des délinquants sexuels.

Famille bouleversée

Présents sur place, le fils et les filles de l'octogénaire avaient écrit une lettre qui a été lue devant le tribunal avant le prononcé de la sentence. Toujours bouleversés par les événements qui, disent-ils, changeront leur vision de la fête de Noël à jamais, les enfants se sont dits satisfaits de la peine imposée à Boudreau.

«C'est fini, on passe à autre chose...», a laissé tomber le fils, étreignant l'une de ses soeurs après l'audience. L'homme dit dorénavant toujours s'inquiéter et ne plus faire confiance à aucun employé, même dans la nouvelle résidence où loge maintenant sa mère.

«Maman a beaucoup changé. Maintenant, elle ne peut plus se lever et se coucher seule, elle a besoin d'une marchette pour se déplacer. On ne sait pas ce qui se passe dans son cerveau. Elle a parfois des «flashs» même si elle souffre de la maladie d'Alzheimer. On se demande toujours si ça lui revient parfois [les souvenirs de l'agression]. Je suis certain que oui...», a-t-il déclaré en entrevue avec les médias.

Cette perte d'autonomie de leur mère à la suite de l'agression a nécessité qu'elle déménage dans une résidence offrant davantage de soins et dont le loyer est le double, 4000 $ plutôt que 2000 $ par mois, que celui des Jardins Le Flandre. «On nous a aussi imposé une pénalité de deux mois de loyer quand nous avons décidé de lui faire quitter les Jardins Le Flandre suite à l'agression car le bail n'était pas encore terminé», a aussi laissé tomber le fils.

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