Sikh tabassé à Québec: peine de 10 mois pour «un geste lâche»

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Les images de l'agression ont circulé dans tout le Canada après la diffusion d'un reportage par CTV News.

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(Québec) Un «geste de lâche» qui «porte ombrage à la région de Québec». C'est ainsi que le juge Pierre Rousseau a qualifié l'attaque gratuite sur un Torontois de confession sikhe en condamnant Gabriel Royer-Tremblay à 10 mois de prison.

La vidéo de Royer-Tremblay et de ses deux amis, tous en état d'ébriété avancé, qui tabassent un homme portant un turban à la sortie des bars sur Grande Allée avait fait le tour du Canada. Plusieurs politiciens avaient condamné l'attaque, et certains craignaient que Québec perde de son lustre comme destination touristique.

Gabriel Royer-Tremblay, 22 ans, l'instigateur de l'attaque de la fin de semaine de Pâques, a plaidé coupable jeudi aux voies de fait. Il a aussi réglé une série d'autres infractions commises sur une période d'un an, allant de l'entrave au travail des policiers au recel de cartes de crédit, à la possession de métamphétamine, jusqu'aux non-respects des conditions.

Pour l'ensemble des infractions, le juge Pierre Rousseau a condamné le jeune homme à 10 mois de prison, dont il restera 8 mois à purger une fois la détention provisoire soustraite. Il sera aussi en probation durant deux ans.

Caractère discriminatoire

Après avoir été forcé de revoir la vidéo de l'agression, filmée par un ami de la victime, Royer-Tremblay a répété qu'il avait terriblement honte. «Je ne suis pas quelqu'un de raciste», insiste celui qui a grandi dans les HLM et qui dit avoir plusieurs amis arabes.

Au lendemain de l'événement, la police de Québec avait diffusé un communiqué en disant rejeter l'idée que l'agression sur M. Khehra «ciblait une communauté religieuse spécifiquement».

Le juge Pierre Rousseau, lui, a été convaincu du caractère haineux et raciste de l'attaque. Sur la vidéo, note le magistrat, on voit Royer-Tremblay pointer sa tête, en référence au turban, se moquer de la victime parce qu'elle parle anglais avec un fort accent et la traiter de «shish taouk». «Ça jette un ombrage sur la région de Québec, et je suis certain que ça peut avoir un impact sur les citoyens et sur le tourisme», a dit le juge Rousseau.

Trois hommes qui battent un seul individu à coups de pied et de poing et qui continuent même lorsque la victime tombe au sol est «un geste de lâche», a insisté le magistrat.

Supninder Singh Khehra, en visite à Québec, cherchait un taxi lorsque Royer-Tremblay et ses amis l'ont interpellé et se sont mis à se moquer de lui avant de lui sauter dessus.

L'homme a perdu son turban au cours de l'assaut et a tenté de répliquer pendant que les trois agresseurs grimpaient dans leur véhicule pour se sauver. Les policiers, qui étaient à proximité, ont rapidement procédé aux arrestations. Gabriel Royer-Tremblay, survolté, a proféré une menace de mort à l'endroit de l'un des agents.

Dans une lettre déposée à la Cour, le visiteur torontois a rappelé avoir subi plusieurs blessures à l'oeil, au front, à l'épaule et au dos. Il dit aussi avoir vécu beaucoup de stress et ne plus se sentir en sécurité lorsqu'il marche seul. Les parents et la femme de M. Khehra, qui vivent en Inde, ont aussi vécu beaucoup d'inquiétudes, indique-t-il.

L'avocat de défense Me Benoît Labrecque a tenté de convaincre le juge qu'il fallait avant tout miser sur la réhabilitation de son jeune client, qui n'a jamais fait de prison et qui a des remords. La défense suggérait une peine de 90 jours à purger les fins de semaine en plus de travaux communautaires et d'une thérapie obligatoire.

La procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine estimait, elle, que l'attaque, parmi les plus gratuites qu'elle ait jamais vues, devait être sévèrement punie. Elle suggérait une peine globale de 18 mois pour une «dérape criminelle» qui a duré un an.

L'accusé a une façon «aberrante» de minimiser sa responsabilité, ajoute Me Chicoine. «Ce n'est jamais lui, c'est à cause de l'alcool», ironise la procureure, en imitant le ton larmoyant de l'accusé.

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