Accusations de crimes sexuels: le chef Mike McKenzie prend «un temps de recul»

Le chef de Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie.... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque)

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Le chef de Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie.

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Le Soleil

(Sept-Îles) Le chef de Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie, «prend un temps de recul» et se retire temporairement de ses fonctions après avoir été accusé mardi de crimes sexuels sur une mineure. Les actes reprochés remontent à il y a 15 ans.

«Le chef, à l'heure actuelle, va prendre un temps de recul justement pour se positionner s'il revient ou ne revient pas», a affirmé au Soleil la vice-chef du conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam (ITUM), Virginie Michel, qui assurera par le fait même l'intérim de la chefferie de la communauté de la Côte-Nord.

Le chef McKenzie, 42 ans, a été interrogé par les policiers et libéré sous promesse de comparaître. Le mandat d'arrestation visé fait état d'accusations d'attouchement sexuel, d'incitation à des contacts sexuels et d'agression sexuelle sur la même présumée victime, «une enfant de moins de 14 ans», entre juin 2000 et mai 2001 à Mashteuiatsh et à Sept-Îles. «La communauté vit des épreuves, a poursuivi Mme Michel, citant notamment l'enquête publique du coroner sur la vague de suicides dans la bande de quelque 4000 âmes. Les services sont maintenus et on va rester près de notre population. [...] on a pris la situation en main et on sait qu'il faut rester droit pour surmonter l'épreuve ensemble.»

Les élus au courant des allégations

Depuis le début de l'année, le chef McKenzie, qui a été réélu pour un second mandat en mars, a été au centre d'allégations si bien qu'il avait tenu à lire une déclaration lors de son assermentation en avril pour «éliminer tout doute à [son] sujet». «On était au courant qu'il y avait des allégations», a rappelé Mme Michel.

«Maintenant, les élus ont pris connaissance de l'acte d'accusation. La table des élus a quand même réagi, ç'a été émotif. On s'en est parlé entre élus ce matin [mercredi] et j'ai aussi parlé au chef au plus tard». Selon la chef intérimaire, Mike McKenzie, qui est à la tête d'ITUM depuis 2013, avait l'air relativement calme au bout du fil. Après les élections, le chef avait déclaré n'avoir «jamais, en aucune circonstance, commis d'actes pouvant être répréhensibles envers qui que ce soit». «Mon âme et ma conscience sont parfaitement libres à ce sujet», avait-il dit. Il affirmait ne faire l'objet «d'aucune procédure judiciaire» et ne pas avoir été rencontré par «les autorités concernées».

Mike McKenzie devait mercredi participer au volet recommandations de l'enquête publique du coroner Me Bernard Lefrançois sur la problématique du suicide de la communauté, mais il ne s'est pas présenté. Les travaux doivent prendre fin jeudi, avec l'audition de l'avocat du conseil d'ITUM, Me Jean-François Bertrand.

Mike McKenzie possède des antécédents judiciaires. Il a notamment été déclaré coupable de méfaits, d'entrave au travail d'un policier, de conduite avec les facultés affaiblies et de voies de fait entre 1992 et 2005.

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