Le pharmacien trafiquant Christian Vézina évite la prison

L'ex-pharmacien Christian Vézina était propriétaire de la pharmacie... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'ex-pharmacien Christian Vézina était propriétaire de la pharmacie Brunet située rue Marie-de-l'Incarnation, à Québec.

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(Québec) Le pharmacien déchu Christian Vézina est condamné à une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité pour avoir vendu des dizaines de milliers de comprimés de narcotiques sans ordonnance.

Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de pharmacien, Christian Vézina, 44 ans, s'est avancé lentement, les yeux dans l'eau, pour entendre quel sort le juge Christian Boulet lui réservait.

Il y a un an, il a plaidé coupable aux accusations de possession dans le but de trafic de Dilaudid, d'hydromorphone et d'autres drogues aux effets aussi puissants que ceux de l'héroïne.

En 2011, le pharmacien avait accepté de dépanner un premier client aux prises avec des douleurs. Devant la menace d'être dénoncé à l'Ordre des pharmaciens, Vézina a continué à vendre des médicaments sans ordonnance durant un an à une dizaine de clients. L'enquête du syndic de l'Ordre a révélé que pour la période couverte par les accusations criminelles, il manquait 145 000 comprimés dans l'inventaire de la pharmacie de Christian Vézina.

Une information venue d'un citoyen a mené les policiers de Québec à surveiller la pharmacie Brunet de la rue Marie-de-l'Incarnation, dans Saint-Sauveur. Le pharmacien-propriétaire a été arrêté en 2012, après avoir vendu des comprimés à un agent d'infiltration.

Ses ventes illicites ont procuré un revenu d'environ 3000 $ à 4000 $ par mois à Christian Vézina.

Les trafics vont toutefois le conduire à sa perte, souligne le juge Boulet dans sa décision. Obligé de vendre les narcotiques au prix coûtant à un client menaçant, Vézina voit sa marge bénéficiaire chuter de 25 à 18 %. Au moment de son arrestation, sa marge de crédit a grimpé à 400 000 $. Il va rapidement faire faillite, devoir céder sa pharmacie à la chaîne et retourner vivre chez ses parents. 

Depuis les événements, son couple a éclaté et il a été radié de l'Ordre des pharmaciens. Il s'est recyclé comme menuisier-charpentier.

Christian Vézina a fait preuve de négligence, d'une grande naïveté et d'un flagrant manque de jugement, a souligné le juge, citant le rapport de l'agente de probation qui a analysé le cas de l'accusé. Le fait que le pharmacien ait subi des pressions ne diminue que légèrement sa responsabilité, estime le juge Boulet.

«Les pharmaciens doivent résister à ces pressions, comme le père de l'accusé l'a fait lorsqu'il exerçait la même profession, a insisté le juge Christian Boulet. L'accusé aurait pu et aurait dû faire appel à la police, mais il a choisi de ne pas le faire, sachant que des quantités importantes de drogues dures seraient écoulées sur le marché à cause de lui.»

Souvent la prison ferme

La poursuite, qui réclamait une peine de pénitencier de quatre ans pour le pharmacien, étudiera la possibilité d'interjeter appel.

Pour en arriver à sa suggestion de quatre années, la procureure de la Couronne Me Sarah-Julie Chicoine s'était appuyée sur les cas récents d'un aide-pharmacien de Nouvelle-Écosse, condamné à 30 mois de prison pour avoir volé de son employeur 5000 comprimés de narcotiques qu'il a remis à un coaccusé trafiquant. La poursuivante avait aussi cité le cas d'une infirmière, sans antécédents judiciaires, condamnée à 42 mois de prison en Ontario pour avoir fabriqué six prescriptions et ainsi permis à son frère d'obtenir 500 comprimés d'oxycodone.

Le juge Christian Boulet a estimé que Vézina, qui manifeste des remords et dont la réhabilitation est acquise, dit le juge, était un bon candidat à l'emprisonnement avec sursis. Vézina devra être à son domicile 24 heures sur 24 durant les 12 premiers mois de sa peine. Il devra par la suite observer un couvre-feu. Il devra aussi faire le maximum d'heures de travaux communautaires (240 heures), se soumettre à une probation de trois ans et faire un don de 1000 $.

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