L'enquête sur les suicides à Uashat mak Mani-Utenam débute

La communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam à... (Archives La Presse, André Tremblay)

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La communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam à Sept-Îles a été secouée par une vague de cinq suicides en 2015.

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Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) L'enquête publique du coroner portant sur la vague de suicides à Uashat mak Mani-Utenam est à peine débutée que l'avocat de la communauté, Me Jean-François Bertrand, ne s'attend à rien de moins qu'à des «gestes concrets» de Québec et d'Ottawa.

L'avocat du conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque) - image 1.0

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L'avocat du conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam et représentant quatre des cinq familles, Me Jean-François Bertrand, réclame des actions concrètes de Québec et d'Ottawa.

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«On va avoir le coroner et son rapport, mais je m'attends à ce que les gouvernements y donnent suite de façon concrète et non avec de belles grandes paroles en l'air», a affirmé Me Bertrand, en marge du jour 1 des travaux qui se tiennent dans un premier temps jusqu'à vendredi, au palais de justice de Sept-Îles.

«Je ne m'arrêterai pas là après, je vais aller plus loin», a-t-il ajouté, rappelant que Québec a ordonné l'enquête du coroner et que le gouvernement Trudeau «tend» la main aux peuples autochtones depuis son arrivée à la tête du pays. «C'est le temps de voir si la main est réellement tendue», dit l'avocat, qui prévoit assurer le «suivi» après l'exercice.

Le conseil innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam a déjà fait valoir une série de demandes pour éviter de revivre un drame comme celui de 2015, où cinq membres de la communauté de quelque 4000 âmes se sont enlevé la vie, le pire bilan en 20 ans. Le chef sera entendu dans la seconde partie de l'enquête, du 27 au 30 juin.

À cette étape, divers intervenants liés à la problématique du suicide témoigneront devant le coroner. Les avocats et les procureurs seront aussi appelés à y aller de leurs recommandations. «Il faut évidemment attendre de voir ce qu'il va se dégager cette semaine, mais ça va être pour essayer d'enrayer ce fléau», explique Me Bertrand.

Récits des familles

Jusqu'à vendredi, le coroner Me Bernard Lefrançois s'intéressera à chacun des cinq cas de suicide. Policiers et enquêteurs reviendront sur leur travail et les familles livreront leurs témoignages. «Je tenais à ce que ce soit libre, qu'elles [les familles] parlent avec leur coeur», précise Me Bertrand, qui en représente quatre des cinq.

«Je ne leur ai pas mis de balises comme par exemple dans un procès normal, je veux qu'elles disent ce qu'elles ont à dire, qu'elles s'expriment», poursuit l'avocat. Une dizaine de proches et amis sont notamment attendus pour le seul cas de Nadeige Guanish, 18 ans, dont la mort à l'automne a entraîné le déclenchement de l'enquête publique.

Alicia Grace Sandy

L'enquête s'est ouverte lundi avec le cas d'Alicia Grace Sandy, 21 ans, de la nation naskapie de Kawawachicamach, trouvée morte sur la berge, à Uashat, le 22 juin 2015. Il a été révélé que la jeune, qui était aux prises avec des problèmes de consommation, avait séjourné un mois plus tôt en psychiatrie de l'hôpital de Sept-Îles.

Questionnée sur tout le protocole entourant le congé des patients, la psychiatre qui a traité Alicia Grace Sandy a soulevé qu'il devrait y avoir plus de services offerts à la clientèle autochtone surtout pour l'accompagnement à la suite d'un traitement. Elle a aussi mis en lumière n'avoir aucun pouvoir de référencement après une intervention.

Les cas de Charles Junior Grégoire-Vollant, 24 ans, Marie-Marthe Grégoire, 46 ans, Céline Rock Michel, 30 ans, et Nadeige Guanish seront entendus d'ici vendredi.

Ottawa versera une aide de 69 millions $ aux collectivités autochtones

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé lundi que le gouvernement fédéral versera 69 millions $ au cours des trois prochaines années pour financer des services en santé mentale pour les Autochtones.

Il a procédé à cette annonce après avoir rencontré plus de 20 jeunes qui faisaient partie d'une délégation autochtone venant du nord de l'Ontario.

Le financement «appuiera la mise en oeuvre de mesures immédiates qui permettront de fournir une aide et un soutien requis d'urgence», a indiqué le cabinet du premier ministre par communiqué.

M. Trudeau n'a pas donné la répartition détaillée de ce financement.

L'investissement permettra notamment de créer quatre équipes en cas de crise en Ontario, au Manitoba et au Nunavut - où les besoins sont reconnus comme étant les plus élevés - et ajoutera 32 équipes de bien-être mental dans les collectivités les plus à risque. La Presse Canadienne

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