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Cogeco ne veut pas payer Normandeau durant son procès

Nathalie Normandeau est de retour au palais de... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Nathalie Normandeau est de retour au palais de justice de Québec jeudi.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Cogeco n'a pas à payer de salaire à son ex-animatrice Nathalie Normandeau pour lui permettre de se défendre dans un litige criminel qui ne concerne nullement le radiodiffuseur.

C'est notamment ce qu'a argumenté Me Michel Towner, avocat de Cogeco, lors de la fin de l'audition sur la requête d'ordonnance de sauvegarde présentée par l'ex-animatrice du FM93 afin de retrouver son salaire.

L'ordonnance de sauvegarde existe pour «maintenir ou rétablir l'équilibre entre les parties», selon la définition présentée par l'avocat de Cogeco.

Or, affirme Me Towner, Nathalie Normandeau se plaint de ne pas pouvoir se défendre contre Cogeco, mais contre un tiers, soit l'Unité permanente anticorruption (UPAC). «Elle dit ouvertement qu'elle cherche à obtenir la rémunération dans le but avoué de payer des honoraires pour sa défense criminelle dans un procès criminel qui s'annonce long et coûteux», a indiqué l'avocat à la juge Suzanne Ouellet de la Cour supérieure.

La situation est complètement étrangère à Cogeco, et le radiodiffuseur n'a aucune implication dans les accusations criminelles de fraude, de corruption, d'abus de confiance portées contre son ex-animatrice après une frappe de l'UPAC le 17 mars. «Ni de près ni de loin», insiste Me Towner.

Congédiement expéditif

Le matin de l'arrestation, Cogeco a pris la décision, dans un contexte de panique, a souligné l'avocat, de retirer Nathalie Normandeau des ondes et de la suspendre sans solde.

Son contrat a été résilié le 5 avril. Cogeco dit avoir utilisé une clause du contrat permettant de résilier l'entente pour un «motif sérieux» affectant la crédibilité et l'image de l'employé contractuel ou l'image et la crédibilité de la station.

Me Michel Towner a indiqué ce matin que l'ex-animatrice avait finalement été payée pour la période du 17 mars au 5 avril.

Cogeco n'épouse aucune cause et ne se prononce pas sur la culpabilité de son ex-animatrice, assure l'avocat. «Tout ce qu'on dit, c'est que le seul dépôt des accusations, qu'elles soient fondées ou pas, entache la réputation de l'animatrice et qu'on ne peut pas la garder en ondes et, donc, on résilie son contrat», résume Me Towner.

Nathalie Normandeau elle-même était consciente que les accusations allaient nuire à sa crédibilité d'animatrice, a soutenu l'avocat de Cogeco. Me Michel Towner a déposé des courriels écrits par Nathalie Normandeau à ses patrons et collègues après son arrestation. L'ex-animatrice du midi remercie notamment le directeur des programmes Pierre Martineau et lui demande de transmettre «ses excuses» à différents patrons. Un mois plus tard, elle entamait la requête en ordonnance de sauvegarde pour son salaire et la poursuite en dommages de plus de 700 000 $.

Elle livre aussi le fond de sa pensée sur les accusations criminelles déposées contre elle. «Je vais me battre comme je ne me suis jamais battue, écrit-elle. Je vais le faire pour la vérité, pour la Gaspésie et pour mon engagement politique.»

L'ancienne vice-première ministre a «des actifs suffisants» pour se défendre, a plaidé Me Towner, sans en dire davantage. Rappelons que la situation financière de Nathalie Normandeau, tant l'actif que le passif, est frappée d'une ordonnance de non-publication.

Situation urgente

En réplique, l'une des avocates de Nathalie Normandeau, Me Geneviève Baillargeon-Bouchard, a réitéré l'urgence de la situation. Son collègue Me Maxime Roy, qui défend Nathalie Normandeau au criminel, doit acquérir une «connaissance parfaite du dossier», dit-elle, afin de prendre des décisions avant la prochaine présence en cour, au début juillet. Ce travail implique évidemment des honoraires, ajoute l'avocate.

Me Baillargeon-Bouchard n'est pas d'accord avec son homologue de Cogeco lorsqu'il affirme que Nathalie Normandeau a été congédiée non en raison des accusations criminelles, mais à cause de la perte de crédibilité liée au dépôt des accusations. «Ça revient à la même chose, estime l'avocate. Si on a le principe de la présomption d'innocence, c'est justement pour éviter tous les stigmates liés au dépôt d'accusations qui n'ont pas encore été prouvées.»

La juge Suzanne Ouellet a pris la cause en délibéré.

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