Gros coup de filet contre des trafiquants de méthamphétamine en Beauce

  • Un laboratoire de production de méthamphétamines démantelé par la SQ. (Photo fournie par la Sûreté du Québec)

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    Un laboratoire de production de méthamphétamines démantelé par la SQ.

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  • Un local de 10 pieds par 10 suffit à la fabrication de métamphétamines. (Photo fournie par la Sûreté du Québec)

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    Un local de 10 pieds par 10 suffit à la fabrication de métamphétamines.

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  • Des armes ont été saisies dans une résidence de la rue Poulin à Les Etchemins. (Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur)

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    Des armes ont été saisies dans une résidence de la rue Poulin à Les Etchemins.

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  • Quatorze perquisitions ont eu lieu, dont ici à Saint-Prosper. (Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur)

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    Quatorze perquisitions ont eu lieu, dont ici à Saint-Prosper.

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  • La SQ a mobilisé des chiens renifleurs lors de l'opération. (Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur)

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    La SQ a mobilisé des chiens renifleurs lors de l'opération.

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  • La présumée trafiquante Brenda Roy a été arrêtée par la Sûreté du Québec. (Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur)

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    La présumée trafiquante Brenda Roy a été arrêtée par la Sûreté du Québec.

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  • Au moins cinq personnes sont visées par un mandat d'arrestation, dont Brenda Roy, qui a été conduite au poste de police de Saint-Joseph. (Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur)

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    Au moins cinq personnes sont visées par un mandat d'arrestation, dont Brenda Roy, qui a été conduite au poste de police de Saint-Joseph.

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  • Jonathan Drouin, la tête dirigeante présumée du réseau, est considéré comme une relation des Hells Angels. (Photo tirée de Facebook)

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    Jonathan Drouin, la tête dirigeante présumée du réseau, est considéré comme une relation des Hells Angels.

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  • Les comprimés saisis, dont celui du milieu frappé du logo de la LNH (Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur)

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    Les comprimés saisis, dont celui du milieu frappé du logo de la LNH

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(Saint-Joseph-de-Beauce) Le Soleil a eu un accès privilégié à la frappe policière baptisée Obtus qui s'est déroulée mercredi en Beauce. Voici un tour d'horizon sur l'opération antidrogue et un bilan du trafic de la méthamphétamine.

La Sûreté du Québec (SQ) a démantelé mercredi en Beauce un important réseau de méthamphétamine qui pouvait écouler jusqu'à 10 000 comprimés par semaine dont une partie se retrouvait dans les écoles secondaires de la région. La tête dirigeante est considérée comme une relation des Hells Angels.

Une centaine de policiers ont participé à cette opération d'envergure au cours de laquelle ils ont effectué 14 perquisitions et plusieurs arrestations. Au moins cinq personnes étaient visées par un mandat d'arrestation.

Parmi elles, Jonathan Drouin, 39 ans, un homme connu des milieux policiers. Il a des antécédents en matière de drogue et de violence. Il a notamment fait face à la justice pour une agression armée et du harcèlement criminel. Cette fois, il doit faire face à des accusations de trafic, notamment.

Son profil Facebook donne un aperçu de ses allégeances. Il s'affiche avec un chandail «Support 81 Montreal». Le 81 fait référence à la huitième et à la première lettre de l'alphabet, HA pour Hells Angels. Le Soleil a appris que l'individu est considéré comme une relation des Hells Angels. Une information que ne peut confirmer la SQ.

Le réseau était en activité depuis 2014, principalement dans les régions de la Beauce et des Etchemins. «La première phase de l'enquête a débuté en janvier 2016. Il y a eu des perquisitions et des arrestations. Ça a aussi servi à recueillir des informations pour la seconde phase qui se déroule aujourd'hui [mercredi]», explique la sergente Ann Mathieu.

Dans les écoles secondaires

Plusieurs substances ont été saisies, mais l'opération vise surtout la vente de méthamphétamine. L'enquête révèle que la drogue vendue se retrouvait aussi dans les écoles secondaires de la région. À lui seul, un trafiquant a écoulé 193 000 comprimés.

Il y avait, en quelque sorte, urgence d'agir parce qu'il «y avait utilisation de violence extrême et utilisation de mineurs pour la vente». La plus jeune vendeuse n'avait d'ailleurs que 18 ans. Il s'agit de Brenda Roy, qui a été amenée au poste de Saint-Joseph-de-Beauce en début d'avant-midi.

Les autres suspects visés par un mandat sont Maxime Vallée, 28 ans, Marcel Gagné, 42 ans, et Gabriel Caron, 24 ans. Ce dernier était déjà au Centre de détention de Québec pour d'autres infractions.

Mme Mathieu a précisé que l'enquête a débuté grâce à des informations du public, mais aussi en raison de la vigilance des patrouilleurs des régions visées. «Ils ont été impliqués à tous les stades de l'enquête. Comme quoi leur travail sur le terrain peut mener à des enquêtes importantes.»

Elle souligne aussi l'insouciance des jeunes qui, trop souvent, croient que le concept de «consommation personnelle» existe lorsqu'il est question de méthamphétamine. Rien de plus faux. «Les gens peuvent être inculpés de possession pour un seul comprimé. De même, une accusation de trafic peut être portée, même si la personne a donné le comprimé à un ami», précise la policière.

La première phase en début d'année avait permis de faire 14 arrestations et 9 perquisitions. La police avait saisi 4500 comprimés de méthamphétamine, 160 grammes de cocaïne, 100 grammes de cannabis, 17 000 comprimés d'ordonnance, 10 000 $ en argent et 7 armes à feu.

Le bilan provisoire de l'opération de mercredi a permis d'arrêter au moins les cinq personnes visées par des mandats plus un nombre encore indéterminé d'autres complices. Outre de la méthamphétamine, les agents ont saisi du cannabis et des armes à feu. Un bilan final devrait être rendu public ce jeudi.

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Une centaine de policiers ont participé à cette opération d'envergure au cours de laquelle ils ont effectué 14 perquisitions et plusieurs arrestations. Au moins cinq personnes étaient visées par un mandat d'arrestation.

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Déjà plus de comprimés saisis qu'en 2015

La preuve n'est plus à faire sur les dangers de la méthamphétamine. La Sûreté du Québec met d'ailleurs beaucoup de ressources pour enrayer le trafic. La preuve, le nombre de comprimés saisis pour les cinq premiers mois de 2016 dépasse déjà celui de 2015.

Mario Fournier est lieutenant responsable de l'escouade régionale mixte Laval, Laurentides et Lanaudière. Il est aussi spécialiste en démantèlement des laboratoires clandestins de fabrication de méthamphétamine. La SQ possède sa propre équipe depuis 2010.

Pour lui, l'intérêt des consommateurs pour cette drogue ne se dément pas. La disponibilité du produit et son faible coût (parfois jusqu'à 10 comprimés pour 20 $, selon les secteurs) jouent en faveur de sa popularité.

Outre les troubles physiques et les troubles de dépendance que peut entraîner la consommation de «meth», il y a les dangers liés à la fabrication même du produit. 

Dans la région de Québec, le plus célèbre cas de fabricant de drogue de synthèse est celui de l'ex-professeur de chimie de l'Université Laval, Daniel Cozak, arrêté à l'automne avec ses deux fils. L'homme de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier avait aménagé deux laboratoires haute technologie et propres, dont le principal au Nouveau-Brunswick, d'une capacité de 1,5 million de comprimés par semaine. Mais c'est une exception, soutient l'officier. 

«C'est des apprentis chimistes qui font ça, lance le lieutenant Fournier. Les gens ont appris ça sur le tas et ils font les recettes. Les laboratoires sont toujours insalubres. Ils prennent habituellement des mélangeurs et des perceuses à ciment et mélangent les produits dans une chaudière en plastique. La poudre que ça fait est même parfois récupérée avec une Shop-Vac pour faire plus de comprimés.»

Résultats inquiétants

La SQ fait analyser chaque année près de 6000 comprimés saisis. Les résultats sont inquiétants. «Pour un même lot de comprimés, la substance active peut varier du simple au double d'un comprimé à l'autre. On a aussi saisi des comprimés qui ne contenaient que de la caféine», précise le policier.

Cette variation explique, en partie, les cas de surdose. Sans compter que la prise de méthamphétamine s'accompagne souvent de celle d'autres substances et d'alcool. «Quelqu'un qui n'a aucun effet avec un lot de comprimés en prendra davantage la prochaine fois en pensant que c'est le même produit que la fois précédente. C'est à ce moment qu'il y a un risque de surdose.»

Ces laboratoires sont difficiles à localiser. Un local de 10 pieds par 10 suffit à la fabrication. «Ce n'est pas comme une serre de cannabis où l'odeur ou l'électricité détournée peuvent mettre la puce à l'oreille du voisinage.»

La Belle Province semble être une société distincte à plusieurs égards, jusqu'à la consommation de méthamphétamine. «Présentement, au Québec, les trafiquants produisent les comprimés, contrairement au reste du Canada. Quelque 90 % des échantillons saisis par la SQ sont sous forme de comprimés. Dans le reste du pays, c'est 90 % sous forme de poudre ou en liquide»,  explique le lieutenant. Les produits précurseurs qui entrent dans la fabrication des comprimés sont importés habituellement de Chine.

La SQ a saisi en 2014 et 2015 respectivement 502 000 et 333 550 comprimés. En 2016, le chiffre des saisies atteint déjà 437 500 comprimés et 300 kilos de substances prêtes à être transformées en comprimés.

M. Fournier dénonce le fait que cette drogue si dangereuse soit vue comme une drogue «récréative». «Les gens la consomment sous forme de comprimés souvent frappés d'un logo d'une marque de prestige. Ça se prend comme une Tylénol. Ça lui confère un caractère explosif. On a encore beaucoup de travail à faire pour sensibiliser les jeunes», conclut-il.

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Il a fallu moins d'une heure pour arrêter les suspects et rendre sécuritaires les lieux de perquisition. 

Collaboration spéciale, Steve Jolicoeur

Intervention réglée «au quart de tour»

Il a fallu moins d'une heure pour arrêter les suspects et rendre sécuritaires les lieux de perquisition. Cette force de frappe n'a d'égal que le niveau de préparation de l'opération réglée au quart de tour.

En ce mercredi 1er juin, l'opération Obtus bat son plein dans la Chaudière-Appalaches. Au poste de commandement, une équipe de quatre personnes coordonne l'information transmise par les troupes disséminées sur le terrain. Elle collige les renseignements sur les personnes arrêtées et les quantités de drogue, les armes et les autres biens saisis.

Les jours d'opération, les policiers deviennent fouilleurs, responsables des preuves ou des arrestations. Ils informent au fur et à mesure le poste de commandement de leurs trouvailles et, au besoin, leur adresse des demandes particulières. Par exemple, ils peuvent réclamer la présence du maître-chien pour les aider dans leurs recherches.

Au poste de commandement, les téléphones sonnent sans arrêt. Une fois les informations recueillies, il faut les transmettre à l'équipe d'enquêteurs qui procèdent aux interrogatoires. Sans oublier les liens à établir avec les procureurs de la Couronne pour porter d'éventuelles accusations.

«C'est rodé au quart de tour», lance Bertrand Bérubé, responsable de l'opération. «Chaque policier connaît son rôle lorsque débute la frappe», ajoute-t-il, visiblement satisfait du déroulement de celle de mercredi.

Heureux, il l'était. Parce qu'il y a toujours des risques dans ce genre d'opération à grande échelle, malgré le haut niveau de préparation. «Chaque lieu de perquisition fait l'objet d'une évaluation du risque avant de s'y rendre. Là, je sais que toutes les perquisitions se déroulent bien et que les policiers sont tous OK», conclut le coordonnateur.

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