«Cogeco a condamné Nathalie Normandeau»

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L'ex-animatrice du FM93, Nathalie Normandeau au tribunal mardi.

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(Québec) «Cogeco a tout simplement épousé la thèse de l'UPAC. Elle a condamné Mme Normandeau sur la place publique et la rend inemployable, faisant fi de sa présomption d'innocence.»

C'est là un des dommages subis par l'ex-animatrice du FM93 à la suite de son congédiement le 5 avril 2016, soutient sa procureure, Me Sophie Cloutier. Nathalie Normandeau se retrouvait en cour mardi à Québec pour débattre d'une ordonnance de sauvegarde pour rétablir son traitement salarial. La demanderesse doit prouver le préjudice irréparable et la situation d'urgence.

En ce sens, elle déclare ne pas avoir les moyens financiers de faire face à «un procès criminel long et coûteux». L'ancienne vice-première ministre doit répondre à sept accusations de fraude, corruption, abus de confiance après une frappe de l'Unité permanente anticorruption. Elle a été arrêtée le 17 mars en même temps que d'autres personnalités politiques, comme Marc-Yvan Côté.

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L'ex-animatrice du FM 93, Nathalie Normandeau s'adresse au tribunal pour que son ancien employeur, Cogeco, lui verse un salaire pendant les procédures criminelles auxquelles elle fait face.

Le Soleil, Patrice Laroche

Pour sa procureure, l'absence de rémunération pendant les procédures judiciaires entraîne une perte de droits pour sa cliente. «Elle a annoncé qu'elle plaidera non coupable. Comme elle va se battre, elle doit bénéficier d'une défense pleine et entière. Si elle n'a pas de rémunération, elle n'aura pas les moyens de faire face à ses obligations financières liées au procès criminel», a plaidé l'avocate auprès de la juge de la Cour supérieure, Suzanne Ouellet.

Jurisprudence à l'appui, Me Cloutier plaide que «la suspension était suffisante pour protéger les intérêts de Cogeco. Le seul inconvénient, c'était de lui verser un salaire. Ça découle d'une règle de droit.»

À ce propos, elle rappelle le principe d'égalité dans l'emploi d'une personne déclarée coupable d'une infraction criminelle qui n'a aucun lien avec son emploi. Pourquoi n'en est-il pas ainsi pour ceux qui bénéficient de la présomption d'innocence?» questionne-t-elle.

Ordonnance de non-publication

En matinée, Me Cloutier avait déposé une requête pour que demeurent privés certains éléments de la situation financière de sa cliente. La juge Ouellet a donc frappé d'une ordonnance de non-publication les chiffres sur l'actif et le passif de Mme Normandeau, qui pourraient être dévoilés devant le tribunal. Elle estime que la divulgation publique de ces chiffres n'est pas nécessaire à ce stade des procédures.

Du même souffle, la juge a accédé à la requête du procureur de Cogeco, Me Michel Towner, qui réclamait les relevés de comptes et de cartes de crédit de Mme Normandeau pour étudier les mouvements d'argent depuis son arrestation le 17 mars.

L'affaire se poursuivra le jeudi 9 juin avec, cette fois, la plaidoirie de Me Towner.

Le débat sur l'ordonnance de sauvegarde n'est qu'un prélude à cette cause. Mme Normandeau poursuit Cogeco pour congédiement illégal et réclame au total 722 000 $, soit l'équivalent de son salaire prévu jusqu'en 2019 ainsi que des dommages moraux et punitifs. Les motifs sur le fond seront entendus ultérieurement.

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