Quatre ans de prison pour le père Rédemptoriste Bergeron

Jean-Claude Bergeron, 75 ans, a été reconnu coupable... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Jean-Claude Bergeron, 75 ans, a été reconnu coupable le 9 décembre dernier de grossière indécence et d'attentat à la pudeur sur sept étudiants de secondaire 1 dont il était le surveillant de dortoir, au Séminaire Saint-Alphonse de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Le père Rédemptoriste Jean-Claude Bergeron écope d'une peine de quatre ans de pénitencier, exactement ce que la poursuite réclamait, pour des abus sur de jeunes élèves, commis il y a près de 40 ans.

Après l'annonce de la peine, l'homme de 76 ans s'est levé de son siège, le visage neutre, et a marché, hésitant, vers le quartier cellulaire, échangeant quelques mots au passage avec son avocat. 

Les victimes - que la procureure de la Couronne Me Carmen Rioux appelle affectueusement «ses petits» - l'ont suivi du regard, avec une satisfaction évidente. 

«Ça a valu la peine de passer à travers les hauts et les bas, c'est une très grande victoire», a témoigné Stéphane Trottier, un plaignant qui a choisi de faire lever l'ordonnance de non-publication protégeant son identité.

Jean-Claude Bergeron a été reconnu coupable le 9 décembre dernier de grossière indécence et d'attentat à la pudeur sur sept élèves de première secondaire dont il était le surveillant de dortoir, au Séminaire Saint-Alphonse de Sainte-Anne-de-Beaupré. Les abus ont été commis durant environ un an, principalement la nuit.

La procureure de la Couronne Me Carmen Rioux réclamait une peine variant entre trois ans et demi et quatre ans de prison. L'avocat de Bergeron, Me Michel Massicotte, suggérait pour sa part une peine dans la collectivité.

Le juge a choisi d'insister sur la dissuasion.

Les plaignants ont vécu des séquelles traumatiques qui, pour certains, étaient importantes, a souligné le juge Jean-Pierre Dumais dans sa décision. «Leurs vies ont été marquées ou brisées par les agressions dont ils ont été victimes», a dit le juge.

L'accusé, qui a été supérieur provincial des Rédemptoristes, a présenté des regrets «bien tardifs», a noté le juge.

Comme surveillant de dortoir, Jean-Claude Bergeron bénéficiait d'une position avantageuse pour commettre des abus «sur des proies jeunes, sans défense et à portée de main», a souligné le juge.

Bergeron utilisait le prétexte de vérifier l'hygiène des jeunes, pour la plupart souffrant d'énurésie nocturne, pour commettre des attouchements à répétition.

La dénonciation était quasi impossible. «Les victimes étaient toutes prises au piège avec un système complaisant qui menaçait d'expulsion ceux qui dénonçaient, a insisté le juge Dumais. L'accusé était complice de cette omertà.»

Le premier père Rédemptoriste condamné, Raymond-Marie Lavoie, s'était vu imposer une peine de quatre ans de prison, qui avait été majorée à cinq ans par la Cour d'appel.

Très long processus

Jean-Claude Bergeron a été arrêté en octobre 2010. Immédiatement suspendu de ses fonctions de prêtre, il a été remis en liberté durant les procédures. Son procès s'est amorcé en novembre 2013, mais a été interrompu à plusieurs reprises. 

Le procès criminel a été si long que le recours collectif au civil contre les prêtres du Séminaire Saint-Alphonse a eu le temps de se régler, laissant une indemnité de 20 millions $ aux victimes.

Le processus judiciaire a été très pénible, reconnaît Stéphane Trottier. «Il faut trouver un moyen pour que ces procès-là ne durent pas 6-7 ans, dit-il. Ce sont des procès trop longs et ça décourage les victimes.»

Comme il le fait depuis le début du procès, Stéphane Trottier encourage les victimes à parler et à faire confiance au système, malgré ses failles et ses retards.

La procureure de la Couronne Me Carmen Rioux, qui a porté le dossier Bergeron après celui de Raymond-Marie Lavoie, était soulagée pour les victimes que tout soit enfin terminé. «On garde les victimes dans ce passé-là tant et aussi longtemps que la justice ne trouve pas l'aboutissement par un verdict et une peine», rappelle Me Rioux.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer