Procès pour «fraude» au lit: quiproquo «épouvantable», dit la défense

Dès 8h30, près de 300 juristes ont entamé... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Dès 8h30, près de 300 juristes ont entamé une marche de la place George-V, sur Grande Allée, jusqu'au palais de Justice (photo), lançant officiellement une grève générale illimitée destinée à relancer les négociations avec le gouvernement.

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(Québec) Quiproquo épouvantable ou tromperie? La juge Marie-Claude Gilbert devra maintenant déterminer si Charles Dufour a commis une agression sexuelle en se glissant dans le lit d'une jeune femme... qui l'a pris pour un autre.

Au terme du procès de trois jours, l'avocate de Charles Dufour, un intervenant en toxicomanie âgé de 26 ans, a tenté de convaincre la juge que son client avait la croyance sincère, mais erronée, que la plaignante consentait à une relation sexuelle. Aux yeux de Me Susan Corriveau, il ne peut donc pas être déclaré coupable d'agression sexuelle.

La plaignante elle-même, par son message texte «deux filles, deux gars, ça le fait, il est tôt», a semé dans la tête du Dufour «les graines de la croyance», qu'elle était consentante, a soumis l'avocate.

Lorsqu'il est entré dans la chambre, après que son ami Éric Beaupré-Wilson eut eu une relation sexuelle avec la jeune femme, Charles Dufour était convaincu qu'elle l'avait vu, puisqu'elle a pris le verre d'eau qu'il avait dans les mains.

Le fait qu'elle ait par la suite guidé son pénis pour faciliter la pénétration ne lui laissait plus aucun doute, plaide la défense. Dufour a été abasourdi par la réaction de colère de la plaignante lorsqu'elle s'est aperçue de sa méprise et garde beaucoup de regrets de cette soirée. «C'est un quiproquo épouvantable», déplore Me Corriveau.

Entré «comme un voleur»

La procureure de la Couronne Me Carmen Rioux considère comme complètement inadmissible la défense de la croyance sincère, mais erronée au consentement. Rien dans la preuve, plaide-t-elle, ne permettait à l'accusé de croire que la plaignante voulait avoir une relation sexuelle avec lui. «C'est à Éric qu'elle écrit et c'est Éric qui l'intéresse», insiste Me Rioux.

L'accusé s'est fié aux impressions d'un tiers pour considérer la plaignante comme une fille facile, constate la procureure de la Couronne. La juge Marie-Claude Gilbert est alors intervenue pour rappeler aux parties que la loi lui interdit de tenir compte du comportement sexuel antérieur de la plaignante pour jauger sa crédibilité. 

Après être entré dans la chambre «comme un voleur», dixit Me Rioux, Dufour n'a pris aucune mesure raisonnable pour s'assurer du consentement de la plaignante. «Il y a dans toute cette affaire une odeur de tromperie, de fraude», a conclu la procureure. La juge rendra son jugement le 15 juillet.

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