Procès pour une arnaque sexuelle

L'atrium du palais de justice de Québec... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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L'atrium du palais de justice de Québec

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Une jeune femme de Québec dit avoir été victime d'une «fraude»... au lit. Elle a porté plainte pour agression sexuelle contre un homme qui aurait pris la place de son partenaire sexuel à son insu.

«J'ai été utilisée ce soir-là. Je me sentais souillée.» Un an plus tard, témoignant devant la juge Marie-Claude Gilbert, Alexandra (prénom fictif), 22 ans, a encore la voix pleine de colère.

En janvier 2015, la jeune femme rencontre le barman Éric Beaupré-Wilson, qui ne fait l'objet d'aucune accusation criminelle. Les deux jeunes se plaisent et vont avoir une première relation sexuelle complète, dans le sous-sol d'un ami, lors d'une fête.

Un mois plus tard, le soir du 6 février, Alexandra relance Éric, qui l'invite à venir le rejoindre.

Il lui donne l'adresse de ce qu'il présente comme la maison qu'il vient d'acheter. Il s'agit en fait de la résidence de ses parents, partis au Mexique pour une semaine.

Alexandra arrive avec une amie. Éric accueille les filles et leur présente Charles Dufour. Le jeune homme, âgé de 25 ans, est vêtu d'une robe de chambre rouge. Il raconte aux filles qu'il suit des cours de droit et de criminologie.

Après avoir fini leur vodka-jus d'orange, Alexandra et Éric s'éclipsent dans la chambre. Ils ont une relation sexuelle.

Après les ébats, Alexandra réclame un verre d'eau. Selon le témoignage de la jeune femme, Éric va à la cuisine pour le chercher. Il se fait attendre.

Lorsqu'il revient dans la chambre, toujours plongée dans l'obscurité, le jeune homme, la tête couverte d'un capuchon, selon les dires d'Alexandra, aurait tendu le verre d'eau. Alexandra boit, pose le verre sur la table de chevet et se recouche sur le côté, en présentant son dos à son partenaire. Le jeune homme se serait couché en cuillère derrière elle.

Rapidement, les jeux sexuels s'amorcent jusqu'à la pénétration. Après la relation sexuelle, Alexandra affirme qu'elle entend une voix dire : «C'est excitant, tout ça.»

À sa grande stupéfaction, la voix est celle d'Éric qui, dit-elle, se tient dans le cadre de porte en les regardant. Elle saisit son téléphone, allume la petite lampe de poche et voit Charles Dufour couché dans le lit avec elle. «Je n'y croyais pas, a-t-elle témoigné. Eux étaient très calmes, mais moi, je capotais ma vie.»

Alexandra se rhabille et va réveiller son amie, étendue dans une autre pièce. Enragée, elle se rend dans la cuisine et lance un verre sur le sol. Les deux filles quittent ensuite la maison.

La suite des échanges se déroulera par messages textes. Éric aimerait pouvoir lui reparler, mais lui demande «d'arrêter de jouer les victimes». Il ajoute qu'il l'appréciait beaucoup.

«Tu m'appréciais tellement que tu as voulu me partager», répond Alexandra, cinglante, dans un texto déposé à la cour mardi.

Plainte à la police

Alexandra décide de porter plainte à la police et va subir des examens à l'hôpital. Elle retrace sur Facebook les profils de Éric Beaupré-Wilson et de Charles Dufour et les fournit aux policiers. Une accusation sera éventuellement déposée contre Dufour.

Contre-interrogée par l'avocate de la défense Me Susan Corriveau, Alexandra admet que quelques semaines avant de fréquenter Éric, elle a participé à un «trip à quatre» avec deux hommes et une autre femme. «Cette fois-là, j'étais vraiment en état d'ébriété et ça ne me représente pas», assure-t-elle.

Éric Beaupré-Wilson était présent lors de cette fête olé-olé et avait d'ailleurs jeté un oeil aux ébats. La procureure de la Couronne Me Carmen Rioux a voulu savoir si le jeune barman appréciait voir des gens en train de faire l'amour. «Plus maintenant car je suis en couple», a répondu le témoin.

Éric avait parlé du fameux «trip à quatre» avec son ami, le soir des événements allégués. «J'avais dit à Charles qu'elle serait peut-être prête à faire la même chose», a témoigné Éric.

La défense a mis en relief les différences physiques entre Éric Beaupré-Wilson et Charles Dufour. Le premier est plutôt mince, le second est plus baraqué et a le torse velu et tatoué.

Alexandra assure qu'elle n'a jamais vraiment regardé son partenaire lorsqu'il est revenu se coucher avec elle et qu'ils n'ont échangé aucune parole.

Le procès se poursuit mercredi avec le témoignage de l'accusé.

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