«On va tout envoyer: du monde, des avions», clame Couillard

Un camion carbonisé git dans le secteur de... (Radio-Canada, Sylvain Bascaron)

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Un camion carbonisé git dans le secteur de Beacon Hill, à Fort McMurray, mercredi.

Radio-Canada, Sylvain Bascaron

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(Québec) «On va tout envoyer : du monde, des avions. On est disponible.» Le message est clair : le premier ministre Philippe Couillard ne lésinera sur aucune ressource pour venir en aide aux gens touchés par l'immense feu de forêt qui frappe actuellement Fort McMurray, en Alberta.

«Je veux qu'on y aille, je veux qu'on aide. [...] Imaginez, 80 000 personnes évacuées. Un désastre apocalyptique, je pense que le mot est juste», a dit mercredi M. Couillard.

L'appel du premier ministre s'est vraisemblablement fait entendre, car déjà mercredi après-midi, la SOPFEU (Société de protection des forêts contre le feu) annonçait l'envoi de quatre avions-citernes en Alberta. Ledit équipement, ainsi que le personnel nécessaire à son bon fonctionnement - quatre chauffeurs et quelques mécaniciens -, devrait arriver à Lac-La Biche, situé au sud de Fort McMurray, au plus tard jeudi midi.

Éloïse Richard, de la SOPFEU, précise que ces quatre avions-citernes «répondent aux besoins» de l'Alberta. Elle ajoute que l'organisme ne prévoit pas débloquer davantage de ressources, à moins que la situation ne se détériore sur place.

La SOPFEU a précisé par voie de communiqué avoir évalué les besoins potentiels au Québec avant de répondre favorablement à l'appel à l'aide de l'Alberta. Une décision prise en collaboration avec les autres provinces par l'entremise du Centre interservices des feux de forêt du Canada.

Appel aux dons

Elle aussi sur place, la Croix-Rouge canadienne s'affaire à répondre aux besoins de base des milliers de sinistrés, rappelle le porte-parole Carl Boisvert. 

Un appel aux dons par téléphone (au 1 800 418-1111) ou par Internet (www.croixrouge.ca) a d'ailleurs été lancé lundi soir. Dès le lendemain matin, 500 000 $ avaient été amassés, en ne comptant que les dons par Internet, se réjouit M. Boisvert. 

«Il va y avoir beaucoup de besoins pour le rétablissement. Il y a des milliers de maisons détruites. La collecte de dons va servir à combler ces besoins-là.»

À cela s'ajouteront assurément des bénévoles québécois de la Croix-Rouge venus prêter main-forte à leurs homologues de l'Ouest canadien. Sur les 5000 bénévoles québécois actuels, «entre 150 et 200 vont être approchés pour être déployés. On commence déjà la mobilisation», mentionne-t-il, précisant que les gens déployés pourraient rester plusieurs semaines sur les lieux étant donné l'ampleur des dégâts.

Carl Boisvert admet que l'organisation est toujours en mode «évaluation des besoins», mais il croit que cette étape est primordiale, lorsque faite en collaboration avec les différents paliers de gouvernement, pour éviter de «dédoubler nos efforts».

L'Ontario a elle aussi offert son aide à l'Alberta, en y déployant 100 pompiers, alors que la Colombie-Britannique, aux prises avec ses propres feux de forêt, s'est abstenue.

Ottawa sera là, assure Trudeau

«Nous avons alerté les Forces armées canadiennes qui sont en train de regarder la mobilisation de différents effectifs aériens pour pouvoir être là si le besoin se concrétise en Alberta», a laissé entendre mercredi le premier ministre Justin Trudeau en conférence de presse.

Il a d'ailleurs réitéré sa promesse aux habitants de Fort McMurray : Ottawa sera là, a-t-il dit, «maintenant et lorsque viendra le temps de reconstruire».

Plus tard, aux Communes, M. Trudeau a précisé que «les Forces armées canadiennes déploient des hélicoptères de recherche et sauvetage». En effet, quatre hélicoptères Griffon étaient en route mercredi, et doivent servir à évacuer les communautés près de Fort McMurray.

Pour l'instant, il n'est pas question d'une contribution de soldats sur le terrain. 

Possiblement causé par l'homme

Le violent incendie de forêt qui fait rage à Fort McMurray, dans le nord de l'Alberta, aurait vraisemblablement été causé par l'homme, croit le professeur Mike Flanagan, de l'Université de l'Alberta.

Partant du principe que l'incendie se trouve près de la ville et que les informations météorologiques indiquent qu'il n'y avait pas d'orage ni d'éclairs dans ce secteur, il croit que la cause du brasier est d'origine humaine.

Il fait valoir que l'hiver doux et sec qu'a connu l'Ouest canadien a fait s'accumuler au sol une épaisse couche de feuilles mortes et sèches et du bois qui peut rapidement s'embraser.

Au Québec, Yves Bergeron, professeur en écologie forestière à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et à l'Université du Québec à Montréal, a indiqué en entrevue avec La Presse Canadienne que le printemps chaud et sec dans cette région a favorisé la propagation du feu, qui devient «très difficile à contrôler à cette période-ci de l'année» parce que la végétation est encore peu développée.

«Ce n'est pas un problème écologique. Est-ce que c'est lié aux changements climatiques? C'est difficile à dire. On sait qu'il risque d'y avoir plus de feux avec les changements climatiques, mais il y en a déjà beaucoup dans cette partie-là du monde, donc ça fait peut-être partie de la variabilité naturelle et que les changements climatiques n'ont pas à être pris en cause de façon particulière dans ce cas-là», avance le professeur Bergeron.  Avec La Presse Canadienne

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