«Je n'ai plus rien»

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Impuissante, la propriétaire de Sonia Pelletier collections a vu cette nuit partir en fumée deux décennies de «création».

Le Soleil, Erick Labbé

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(Saint-Raymond de Portneuf) L'incendie survenu au centre-ville a des conséquences économiques irréparables pour au moins deux commerçantes. L'une avait ouvert ses portes en mars tandis qu'une autre pourrait bien mettre la clé dans la porte après 20 ans d'activités.

Rachel Paré est esthéticienne. Le 7 mars, elle aménageait son entreprise Salon d'esthétique Saint-Raymond dans le local au rez-de-chaussée de l'édifice voisin, acquis par son conjoint. «Ça allait faire deux mois que mon commerce était ouvert. Nous venions de compléter les travaux vendredi», explique-t-elle, dépassée par les événements. Pour elle, c'est un faux départ.

Tandis que pour sa voisine, la propriétaire de Sonia Pelletier collection, c'est possiblement la fin prématurée de deux décennies de dur labeur. La dame, qui se spécialise dans la confection d'uniformes de travail dans le domaine de la santé, était visiblement secouée.

«Tous mes patrons de vêtements sont sur des cartons. Il y a 20 ans de collections là-dedans... toute la création... depuis 20 ans... c'est perdu», répétait Mme Pelletier, le regard rivé sur les flammes qui poursuivaient leur ravage. Elle louait des locaux au second étage de Déry Télécom depuis maintenant six ans.

Encore si près du drame, elle ne voyait aucune issue. «Moi, c'est une fermeture, je ne vois pas autre chose. J'essaie d'avoir de l'espoir, mais je ne suis pas capable. Dans le vêtement, c'est impossible de recommencer. Je ne vois pas de quelle manière je pourrais reproduire mes vêtements. Je n'ai plus aucun échantillon. Je n'ai plus rien. Je suis ici depuis une heure et demie et je ne trouve pas de solution. On était parmi les rares à produire encore à Québec. Aujourd'hui, tout se fait en Chine», se désole celle qui fournissait du travail à cinq personnes.

45 ans d'histoire en fumée

Un pilier de la vie communautaire et de l'histoire de Portneuf, la station de télévision CJSR, a aussi été la proie des flammes. Elle devait diffuser en HD à compter du 10 mai. Non seulement elle ne pourra mettre un pied dans l'avenir, mais le passé télévisuel de toute une région dont elle était la gardienne a été détruit.

«Ça fait quatre ans qu'on travaille là-dessus. Et ça ne se fera pas.» Le directeur de production, Stéphane Lépine, indique au Soleil que CJSR avait investi 120 000 $ depuis 2012 pour passer à la technologie HD.

Les studios étaient situés dans l'édifice de Déry Télécom. «Tout l'équipement de mise en ondes et de production est détruit, à part quelques caméras qui étaient à l'extérieur du local pour des tournages de semaine», explique-t-il.

Le matériel, ça se remplace. On ne peut en faire autant des milliers d'heures d'archives télévisuelles racontant l'histoire de Saint-Raymond et des villes avoisinantes. «Nous fêtions nos 45 ans d'existence cette année. Nous sommes une des plus anciennes télévisions communautaires du Québec. Moi, ça fait 22 ans que je travaille là», poursuit M. Lépine, dépité.

CJSR compte quatre employés à temps plein et quelques-uns à temps partiel. Il y avait aussi de nombreux bénévoles qui assuraient la douzaine d'heures de production locale hebdomadaire.

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