Le Renard, la Belle et l'animateur de radio

L'atrium du palais de justice de Québec, où Daniel... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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L'atrium du palais de justice de Québec, où Daniel Dunn a plaidé coupable il y a une semaine à diverses accusations d'enlèvement, de séquestration et d'extorsion.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Voici l'histoire trouble d'un Renard qui aurait voulu devenir motard.

Les mésaventures de Daniel Dunn, surnommé le Renard de Daveluyville, auraient pu être écrites par le plus fou des scénaristes.

Février 2013. Karen (prénom fictif), une mère monoparentale de Lévis, rencontre sur Internet Toussaint (prénom fictif), animateur de radio à Port-au-Prince, âgé de 48 ans. Au fil des courriels, la relation amoureuse se développe.

La Lévisienne décide de parrainer Toussaint et le couple se marie en Haïti en juin 2013.

Un an plus tard, le mari obtient les papiers pour venir rejoindre sa femme au Canada.

L'histoire d'amour dégénère toutefois au bout de quelques mois en raison, selon le mari, de la jalousie de l'épouse.

Karen exige que son mari quitte le domicile familial et annonce qu'elle va demander le divorce. Toussaint va vivre dans une maison de chambres et travaille au McDonald.

Karen recommence à fréquenter les sites de rencontre. C'est ici que Daniel Dunn, 54 ans, entre en scène.

La Lévisienne se plaint de son «futur-ex-mari» et déplore les quelques milliers de dollars dépensés pour les démarches d'immigration.

Le barbu rouquin à la vague allure de Viking, membre d'un club de moto appelé Les Renards, à Daveluyville dans les Bois-Francs, décide de prendre les choses en main pour débarrasser sa douce de son époux. «Je vais aller te le chercher et tu y diras ce que tu veux!»

Karen le supplie toutefois de ne pas faire de mal à Toussaint. Le Renard promet et glisse autour de son cou le chapelet offert par son père. «Pour qu'il m'aide à rester calme pour ne pas pogner les nerfs», expliquera-t-il plus tard aux policiers de Lévis.

Le 11 février dernier, Dunn, vêtu de son manteau de cuir, de son chapeau noir et de ses chaînes en argent, va attendre Toussaint à la porte de l'école où il suit des cours pour adultes.

Il réussit à convaincre Toussaint de le suivre en prétextant que Karen, qui a fait un accident cérébro-vasculaire quelques mois plus tôt, est au plus mal.

Dans l'auto, le Renard montre à Toussaint des outils et lui dit «qu'il est habitué et qu'il peut le torturer» s'il ne collabore pas.

Arrivés au logement de Karen, Dunn demande à Toussaint de retirer ses bottes. «Je savais que sans botte, il ne pourrait pas se sauver facilement», glisse Dunn.

Toussaint voit sa femme couchée dans son lit. Dunn amène ensuite son otage à la cuisine. Il commence à détailler chacune des bagues qu'il porte aux doigts pour intimider sa victime. L'un des bijoux a été acheté d'un Hells Angels, dit-il, un autre représente la mort, un dernier, la souffrance. Le Renard raconte que ses ancêtres étaient des pirates qui attaquaient les autres bateaux. Toussaint est de plus en plus paniqué.

«J'ai un contrat sur ta tête de 8000$ et je l'aurais fait gratuit, confie Dunn à Toussaint. Si tu ne fais pas ce que je veux, je vais te faire souffrir, te paralyser à vie, te casser les doigts et te crever les yeux», énumère-t-il avant de placer un couteau avec une lame de 12 pouces sur la table

Sous la menace, Dunn va obliger Toussaint à signer une lettre où il reconnaît avoir été «un arnaqueur et un crosseur» et où il accepte de divorcer et de retourner dans son pays d'origine.

À la fin du document, on peut lire que Toussaint «apprécie énormément la façon douce et gentille dont M. Daniel Dunn s'occupe de mon annulation de mariage et de mon retour en Haïti».

Le Renard va ensuite amener son otage chez les deux avocates qui s'occupent du divorce. Une des avocates, inquiète, appellera la police.

Daniel Dunn conduit ensuite Toussaint dans une agence de voyages où il achète un billet aller simple pour Port-au-Prince, dont le départ est prévu une semaine plus tard.

Les policiers de Lévis vont réussir à localiser Daniel Dunn et le malheureux Toussaint grâce au téléphone cellulaire du Renard.

Daniel Dunn a plaidé coupable il y a une semaine à diverses accusations d'enlèvement, de séquestration et d'extorsion. Le juge Bernard Lemieux a accepté la suggestion des parties d'imposer une peine de 21 mois de prison à Daniel Dunn, un homme peu criminalisé.

Le procureur de la Couronne Me Michel Fortin a demandé la confiscation de toutes les armes trouvées au domicile de Daniel Dunn.

«Cet homme-là a dit à l'enquêteur qu'il aurait aimé vivre au Far West parce qu'à cette époque-là, on réglait vite leur compte aux arnaqueurs et aux crosseurs, a fait valoir le procureur de la Couronne. Ce n'est pas sécuritaire pour personne que ce monsieur-là soit propriétaire d'armes à feu.»

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