Le plus beau cas de légitime défense, plaide l'avocat d'Alex Skinner

Le 28 juin 2013, l'ancien quart-arrière du Rouge et Or... (Photothèque Le Soleil)

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Le 28 juin 2013, l'ancien quart-arrière du Rouge et Or Alex Skinner a eu maille à partir dans un bar avec un policier de Lévis qui n'était pas en service à ce moment.

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(Québec) L'ancien quart-arrière du Rouge et Or Alex Skinner est le plus beau cas de légitime défense jamais vu par son avocat. Et la victime d'un gâchis qui lui a «scrappé sa vie», plaide Me Maxime Roy.

Après avoir mené le Rouge et Or de l'Université Laval au triomphe en finale de la Coupe Vanier en 2013 et avoir été invité au camp d'entraînement des Alouettes de Montréal, vrai que le footballeur étoile a vu sa carrière prendre une tout autre tournure après la fameuse bagarre à la Commission des liqueurs, le 28 juin 2013.

Le quart-arrière, accompagné de deux coéquipiers, a eu maille à partir ce soir-là avec Yan Lévesque, un policier de Lévis qui n'était pas en service.

Les esprits se sont échauffés lorsque le joueur Artchill Monney a fait une accolade à la blonde du policier Lévesque.

Alex Skinner dit avoir voulu aider son ami Artchill Monney, alors en train d'échanger des coups de poing avec le policier. «J'ai pris le chandail de Lévesque par en arrière, j'ai tiré et je l'ai mis au sol.»

Skinner s'est ensuite couché sur le policier pour l'immobiliser durant environ cinq secondes.

Quelques minutes plus tard, Alex Skinner sort à l'extérieur du bar. Il voit la conjointe de Yan Lévesque, une jeune femme qu'il connaît de l'Université Laval, en train de pleurer et il s'approche pour lui parler.

Le policier Lévesque surgit en lui criant des insultes. Il se met ensuite à frapper Skinner à la poitrine. Un mouvement du bras fait croire au joueur que le policier va le frapper. «J'ai eu le réflexe instinctif de lui donner un coup de poing au visage pour m'évader de la situation, a raconté le jeune homme. J'avais peur, j'étais stressé.»

Après avoir donné le coup, Skinner fuit en courant par les escaliers. Il affirme qu'il est retourné chez lui, à un coin de rue de là, et est revenu au bar 20 minutes plus tard pour vérifier l'état de santé de son ami Monney.

Durant son absence, Lévesque confronte le joueur Michel Savard et finira par être assommé par la boxeuse Leila Barlovits-Martel.

Alex Skinner dit être tombé des nues lorsque Yan Lévesque a porté plainte pour voies de fait ayant causé des lésions. «Je me sentais comme l'agressé et non l'agresseur.»

Le joueur du Rouge et Or va lui aussi porter plainte contre le policier de Lévis, mais sa plainte ne sera pas retenue.

La couverture médiatique de l'événement affecte grandement le joueur vedette. «Ça a été très difficile pour moi et l'organisation, explique-t-il. J'avais l'impression que personne ne me croyait.»

Le jeune homme, fils d'un policier d'Ottawa, ira passer un détecteur de mensonges à Montréal.

Alex Skinner sera suspendu pour trois matchs et perdra son statut de quart-arrière numéro un. Il quittera le Rouge et Or un peu plus tard durant la saison 2014-2015 et jouera pour le Gryphons de Guelph en Ontario. Il demeure présentement à Paris où il joue pour une équipe semi-professionnelle.

Le seul à aller en procès

Alex Skinner est le seul joueur du Rouge et Or impliqué dans la bagarre qui a décidé de faire un procès.

Le receveur de passes Artchill Monney a plaidé coupable et obtenu une absolution conditionnelle à une probation de 12 mois. Leila Barlovits-Martel s'en est aussi tirée avec une absolution conditionnelle après avoir plaidé coupable.

Aux yeux de l'avocat de Skinner, Me Maxime Roy, le mince jeune homme, aujourd'hui âgé de 23 ans, est un des «plus beaux cas de légitime défense». Son client n'aurait jamais dû être accusé, répète l'avocat. «Tout ce qu'il a voulu faire, c'est aider son ami», plaide Me Roy. 

Le policier Yan Lévesque n'a jamais voulu porter plainte le soir des événements et ne l'a fait quelques jours plus tard que pour «sauver sa job», lance Me Roy.

La procureure de la Couronne Me Nicole Ouellet a admis que la preuve du ministère public «n'était pas parfaite» et que ses témoins s'étaient contredits. «Mais selon nous, Yan Lévesque n'a jamais été menaçant envers M. Skinner et il ne peut pas y avoir de légitime défense», a plaidé Me Ouellet.

La juge Rena Émond rendra son verdict le 5 juillet.

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