Assaut sur un chauffeur d'Uber à Québec

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Le flou entourant le service Uber et le temps que prend le ministère des Transports pour déposer son projet de loi sur l'industrie du transport de personnes entraînent des tensions entre les chauffeurs de taxi et ceux d'Uber.

La Presse, OLIVIER JEAN

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(Québec) S'il condamne fermement la violence et l'intimidation sous toutes ses formes, le président de Taxi Coop, Abdallah Homsy, craint de ne plus pouvoir contrôler tous les chauffeurs. «Les gars ne sont plus capables.»

Un chauffeur d'Uber a été agressé physiquement, vendredi, après avoir transporté deux clients de la Gare du Palais jusqu'à une auberge du Vieux-Québec. Charles (nom fictif), a affirmé au Soleil que son assaillant était un chauffeur de taxi qui l'aurait suivi tout au long de son trajet.

«Rendu à l'auberge, je suis sorti de mon auto pour aller ouvrir le coffre», a raconté Charles, qui a requis l'anonymat par peur de représailles ou de saisie de véhicule, Uber étant toujours considéré comme illégal.

Selon son récit, le chauffeur de taxi s'était immobilisé derrière sa voiture et observait la scène. «Je croyais qu'il attendait des clients.» Mais une fois les bagages remis aux passagers, le chauffeur de taxi est sorti à l'extérieur et aurait invectivé Charles «sur un ton agressif». «Il m'a dit : "Qu'est-ce que tu fais là toi?" Ensuite, il m'a agrippé par le chandail, au niveau du cou, et m'a lancé sur ma voiture.»

Le chauffeur de taxi serait ensuite entré dans l'auto de Charles pour s'emparer des clés qui se trouvaient toujours dans le contact. «Il disait : "Tu es chauffeur d'Uber toi, et bien tu vas voir, tu vas voir".» Le suspect a ensuite pris la fuite selon l'employé d'Uber, qui n'a pas été blessé.

Suspect intercepté

Le chauffeur de taxi serait revenu sur les lieux de l'altercation une dizaine de minutes plus tard, «sans son enseigne de taxi», et a lancé les clés volées par la fenêtre. La police de Québec, mise au courant par Charles quelques instants auparavant, a rapidement intercepté le suspect non loin de la rue Sainte-Ursule.

Le Service de police de la Ville de Québec a confirmé qu'un homme avait été arrêté pour voies de fait et vol dans cette affaire, mais n'a pas corroboré les circonstances décrites par Charles, le tout étant sous enquête. L'homme a été libéré et pourrait faire face à des accusations criminelles.

Conséquence directe

Abdallah Homsy, président de Taxi Coop et du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), n'était pas au courant de la situation lorsque joint par Le Soleil vendredi, et ne savait donc pas si le chauffeur arrêté était à l'emploi de sa flotte. Quoi qu'il en soit, il a vivement condamné le comportement décrit par Charles.

Mais M. Homsy n'était pas surpris. Pour lui, il s'agit d'une conséquence directe du flou entourant le service Uber et du temps que prend le ministère des Transports pour déposer son projet de loi sur l'industrie du transport de personnes. «Plus le temps passe, plus le stress est là. C'est de plus en plus difficile de contrôler le terrain», a-t-il soufflé.

Depuis le début de la saga Uber, M. Homsy s'est rangé du côté des pacifistes. Le RITQ a notamment gardé ses distances du dernier coup d'éclat des taxis à l'aéroport Jean-Lesage, le 8 avril, lequel a semé la colère chez des usagers. «Je suis de ceux qui croient que la solution doit se passer de manière démocratique.»

Son discours n'en est pas moins catégorique. «Dans mon esprit à moi, c'est clair, chaque jour est un jour de plus dans l'évasion fiscale et un vol de job de plus», a-t-il pesté. «Le ministre [Jacques] Daoust doit accélérer les travaux du projet de loi. Les gars ne sont plus capables.»

Projet de loi avant l'été

Revenant sur l'agression présumée, M. Homsy a soutenu que le gouvernement aurait dû imposer un moratoire et suspendre Uber le temps des débats parlementaires, ne serait-ce que pour apaiser les tensions.

Le projet de loi doit absolument être déposé avant la fin de la présente session parlementaire, croit-il. «Est-ce que vous pensez que la situation actuelle peut se poursuivre durant tout l'été? Moi, à mes yeux, je ne pense pas. On ne peut pas attendre jusqu'en septembre.» M. Homsy en a finalement contre «l'arrogance» des chauffeurs d'Uber, qui ne se gênent pas pour aller chercher des clients près des zones d'attente de taxi, comme à la Gare du Palais ou à l'aéroport.

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