Motocycliste fauché: accusation criminelle contre la policière

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Une autopatrouille a été impliquée dans un accident causant la mort d'un motocycliste de 38 ans le 10 septembre, sur l'autoroute Laurentienne.

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(Québec) Une policière de Québec, Isabelle Morin, est accusée de conduite dangereuse causant la mort du motocycliste Jessy Drolet, le 10 septembre dernier sur l'autoroute Laurentienne.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé, mardi matin, le dépôt de l'accusation contre la policière de 44 ans en vertu de l'article 249 (4) du Code criminel. Par voie de communiqué, le porte-parole du DPCP, Jean-Pascal Boucher, précise que la décision a été prise «après avoir examiné et analysé l'ensemble de la preuve» recueillie par la Sûreté du Québec. Aucun autre commentaire ne sera fait puisque le dossier se retrouve maintenant devant les tribunaux.

Quelques éléments sont déjà connus entourant cette histoire. On savait que la policière de Québec au volant de l'autopatrouille impliquée ne répondait pas à un appel d'urgence au moment de l'accident.

L'impact fatal s'est produit vers 23h dans une zone de travaux du ministère des Transports. L'axe nord était bloquée à la circulation, qui était déviée en direction sud. Une voie, séparée par des cônes, était disponible dans chaque direction.

Les premières observations laissent croire que la policière, qui circulait en direction nord, effectuait une manoeuvre de demi-tour ou voulait prendre la sortie George-Muir, direction sud.

Au même moment, M. Drolet, 38 ans, circulait en direction sud. Il n'a pu éviter l'autopatrouille, malgré une tentative de freinage, qui a d'ailleurs laissé une trace apparente sur la chaussée. Il a percuté de plein fouet la portière de l'autopatrouille, côté passager.

Permis en cas d'urgence

Il est aussi reconnu que l'agente Morin et le collègue qui l'accompagnait ne répondaient pas à un appel d'urgence. Il s'agit d'un élément important considérant que l'article 378 du Code de la sécurité routière «permet au conducteur d'un véhicule d'urgence d'enfreindre certaines dispositions prévues au Code de la sécurité routière lorsque les feux clignotants ou pivotants ou les avertisseurs sonores ou un dispositif de changement des signaux lumineux dont est muni le véhicule d'urgence sont en fonction et que les circonstances l'exigent».

En somme, le conducteur d'une autopatrouille qui répond à un appel d'urgence peut enfreindre les règles de limite de vitesse, d'arrêt aux feux rouges et aux arrêts obligatoires, d'interdiction de faire des zigzags et celles entourant les virages et les dépassements. Pour toute autre intervention non urgente, les policiers doivent suivre le Code de la sécurité routière. 

Même si les policiers ne répondaient pas à un appel d'urgence, ils auraient pu actionner les gyrophares. À ce jour, cette information n'a pas été rendue publique officiellement. Une caméra du ministère des Transports a capté la scène. Selon ce que Le Soleil a appris, on n'y verrait pas les gyrophares allumés.

L'agente Morin et son collègue ont tous deux une dizaine d'années d'expérience. Ils n'ont subi que des blessures mineures dans l'accident.

L'accusée doit comparaître le 26 mai au palais de justice de Québec.

Deuxième accusation en huit mois

Il s'agit de la seconde accusation de même nature en moins de huit mois contre un agent du Service de police de la Ville de Québec. En août dernier, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) portait des accusations de conduite dangereuse causant la mort et de négligence criminelle causant la mort contre l'agent Simon Beaulieu. Il était au volant de l'autopatrouille qui a heurté à mort le cycliste Guy Blouin, en septembre 2014, à Québec.

Jessy Drolet... (Photo tirée de Facebook) - image 2.0

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Jessy Drolet

Photo tirée de Facebook

Pas de suspension pour l'agente accusée

La policière Isabelle Morin était toujours agente de patrouille avant le dépôt de l'accusation portée contre elle. Mardi, elle était en congé. Mais dès son retour, «elle sera assignée à des tâches administratives le temps des procédures judiciaires», explique l'agente Christine Lebrasseur.

Par ailleurs, le directeur du service de police a réagi à l'accusation déposée. «Nous déplorons le décès du motocycliste, a mentionné le chef Michel Desgagné, par voie de communiqué. Nous allons offrir toute notre collaboration aux instances judiciaires qui vont traiter ce dossier, comme nous l'avons fait avec les enquêteurs depuis le début.»

Il indique aussi qu'une plainte a été déposée au Commissaire à la déontologie policière concernant cet événement. Le service dit qu'il assurera tout le soutien nécessaire au personnel visé.

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