Accusés de l'UPAC: interdit de communiquer avec... 115 témoins potentiels!

Jusqu'à 115 personnes pourraient témoigner au procès de... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Jusqu'à 115 personnes pourraient témoigner au procès de Nathalie Normandeau et des six autres personnes arrêtées par l'UPAC le 17 mars dernier.

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(Québec) Elle est longue, la liste des personnes avec qui les sept accusés de la dernière rafle de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont dû s'engager à ne pas communiquer pendant les procédures judiciaires. Pas moins de 115 noms y figurent, dont plusieurs ont été cités à la commission Charbonneau.

Le tableau des restrictions de communications avec les témoins et coaccusés - déposé dans les dossiers de Nathalie Normandeau, Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, France Michaud, Mario Martel, Ernest Murray et François Roussy - remplit une page, ce qui est peu commun. 

En signant le document, en même temps que la promesse de comparaître, les accusés se sont engagés à ne pas communiquer directement ou indirectement «de quelque façon que ce soit» avec les personnes nommées ainsi que «tout président, vice-président ou membre du conseil d'administration, présent ou passé, de la firme Roche Groupe-Conseil devenue dorénavant Norda Stello». 

Les mêmes noms reviennent sur chacune des sept listes. En plus des coaccusés, on trouve les incontournables ayant témoigné devant la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats dans l'industrie de la construction, comme l'entrepreneur Lino Zambito, l'ingénieur Rosaire Sauriol et l'argentière du Parti libéral du Québec (PLQ) Violette Trépanier. 

Des dizaines de dirigeants, d'ingénieurs et d'employés de Roche sont nommément identifiés par la Couronne. Certains représentants de firmes concurrentes, dont BPR, Dessau et Kwatroe basée en Gaspésie, sont aussi désignés comme témoins potentiels. 

Des politiciens de Boisbriand, dont l'ancienne mairesse Sylvie Saint-Jean et l'actuelle Marlèna Cordato, figurent au tableau. Le dossier de l'usine d'épuration des eaux a mené à un procès pour fraude et partage de contrats municipaux dans cette municipalité de la couronne nord de Montréal. 

Il ne faut pas communiquer avec l'ex-maire de Baie-Comeau Ivo Di Piazza, non plus qu'avec Gilles D'Amour, ex-maire de Cacouna, et Bertin Denis, ex-préfet de la MRC des Basques, qui ont déjà fait mention publiquement de l'influence des firmes de génie-conseil dans les petites municipalités québécoises. 

Le député libéral des Îles-de-la-­Madeleine, Germain Chevarie, et son frère Roger se trouvent dans la liste. Le nom de l'élu libéral avait été prononcé devant la commission Charbonneau pour avoir présumément accepté 5000 $ de firmes et d'entreprises actives dans l'est du Québec pour financer sa campagne électorale de 2008. Aucun blâme n'a toutefois été retenu contre lui dans le rapport final. 

Attachés politiques et têtes dirigeantes du PLQ

D'anciens attachés politiques libéraux sont du lot, comme Vincent Lehouillier et Michel Binette, qui ont travaillé avec Nathalie Normandeau et Bruno Lortie, mais aussi Jonathan Trudeau, ancien attaché de presse maintenant chroniqueur à Radio X et au Journal de Québec. Pierre Milette, lui, agit toujours comme directeur de cabinet de la ministre responsable du Travail et de Chaudière-Appalaches, Dominique Vien. 

D'anciennes têtes dirigeantes du PLQ, Robert Parent et Joël Gauthier, se trouvent dans la liste. Quelques fonctionnaires du gouvernement provincial également. 

Le porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Jean-­Pascal Boucher, a refusé de commenter jeudi la preuve qui pourrait être présentée devant le tribunal. 

Rappelons que l'UPAC a procédé le 17 mars, jour du budget provincial, à l'arrestation des anciens ministres Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, du chef de cabinet Bruno Lortie, des ingénieurs de Roche France Michaud et Mario Martel, de l'ancien attaché politique Ernest Murray et de l'ex-maire de Gaspé, François Roussy. Ils font face à plusieurs accusations, parmi lesquelles complot, fraude et corruption. Les faits remontent pour la plupart à la période où Mme Normandeau était ministre des Affaires municipales.  Avec Isabelle Mathieu

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