Manipulée pour obtenir de faux aveux de meurtre, plaide la défense

Johanne Johnson est accusée du meurtre avec préméditation de... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Johanne Johnson est accusée du meurtre avec préméditation de son conjoint, survenu le 30 avril 1998.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Geneviève Gélinas</p>
Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Percé) Johanne Johnson a avoué un meurtre qu'elle n'a pas commis parce qu'elle craignait pour sa sécurité et celle de ses amis, a plaidé la défense mercredi au palais de justice de Percé. Mme Johnson, 54 ans, est accusée du meurtre avec préméditation de son conjoint, survenu le 30 avril 1998.

James Dubé, un pêcheur de homard de Grande-Rivière, a été trouvé mort sur son divan en plein jour, une balle dans la tête. À l'époque, les policiers ont soupçonné sa conjointe mais n'avaient pas de preuve.

Les aveux de Mme Johnson ont été obtenus lors d'une opération «Mr Big» étalée sur six mois en 2012 et 2013. Les policiers ont créé de toutes pièces une organisation criminelle, ont recruté Mme Johnson et l'ont incitée à avouer le meurtre présumé devant le grand patron.

L'avocat de la défense, Rodrigue Beauchesne, n'accorde «aucune valeur probante» à ces aveux. «On a manipulé Mme Johnson pour lui faire dire non pas la vérité, mais ce qu'on voulait lui faire dire.»

Mme Johnson était «dans un état mental fragile, suite à son passé de femme battue [par James Dubé]. Elle était prête à faire énormément de choses pour aider ses filles et ses petits-fils.» L'organisation lui a donné 18 500 $, un véhicule et des repas au restaurant.

Lors d'un des scénarios montés par les policiers, on a posé une arme sur la tempe d'un membre de l'organisation factice. Les «amis» de Mme Johnson, des agents d'infiltration, lui ont aussi laissé entendre qu'ils auraient des problèmes si elle mentait au patron.

L'accusée était «bien petite, dans une organisation qui lui paraissait bien puissante et bien dangereuse, a plaidé la défense. Clamer son innocence sans en apporter la preuve lui paraissait impossible.»

Maître Beauchesne s'est demandé si l'enquêteur de l'époque «avait donné toute l'attention nécessaire aux autres pistes qui s'offraient», notamment des conflits entre pêcheurs.

L'avocat a fait grand cas d'une ombre qu'un collègue de M. Dubé a aperçue par la fenêtre de la victime, après l'heure où l'accusée pouvait avoir commis le meurtre.

La fille de Mme Johnson a témoigné que sa mère a avoué le meurtre deux fois devant elle. Ses déclarations ne doivent pas être retenues comme preuve, estime M. Beauchesne. Elle avait 11 ans et était très près de son père, dit-il. Ses opinions sont fortement teintées de celles de la famille Dubé, chez qui elle est allée habiter et qui croyait Mme Johnson coupable. 

Le jury, composé de sept femmes et de cinq hommes, entendra jeudi le plaidoyer de la Couronne.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer