Les anciens d'Aveos réclament 1 milliard $ à Air Canada, Québec et Ottawa

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La fermeture d'Aveos a entraîné la perte de 2700 emplois en mars 2012.

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(Québec) L'Association des anciens travailleurs d'Aveos veut intenter un recours collectif contre Air Canada et les gouvernements du Canada et du Québec à la suite de la fermeture des centres d'entretien. Ils réclameront des dommages variant entre 800 millions $ et 1 milliard $.

Les 2600 travailleurs qui ont perdu leur emploi - dont 1800 au Québec - allèguent que depuis la faillite du sous-traitant Aveos en mars 2012, Air Canada viole sa loi constitutive et a causé de lourds dommages aux employés, poussant certains au suicide, à la faillite personnelle et au divorce.

Air Canada doit être tenue responsable de la vague de pertes d'emplois, estiment les travailleurs, des drames qui n'auraient jamais dû survenir «si elle avait agi en citoyen corporatif responsable», ajoutent-ils.

Cette Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada, qui lui avait permis en 1988 de passer d'une société d'État à une société privée, obligeait le transport aérien à maintenir des centres de révision et d'entretien de ses avions à Montréal, Winnipeg au Manitoba et Mississauga en Ontario.

S'il est autorisé par un juge de la Cour supérieure, le recours sera porté par le mécanicien Gilbert McMullen de Saint-Eustache, à l'emploi d'Air Canada de 1988 à 2011.

Forcé de choisir entre la mise à pied et un transfert vers Aveos, Gilbert McMullen s'est résigné à prendre la seconde option. Il a toutefois rapidement appris qu'à 46 ans, il perdrait son emploi le 18 mars 2012, avec la fermeture du centre d'entretien de Montréal.

Après un an et demi de recherche et beaucoup de stress pour sa famille et lui, Gilbert McMullen a réussi à se trouver un nouvel emploi en aéronautique, avec une baisse de salaire de 12 000 $ par année.

Le recours visera les employés qui se sont trouvé un nouvel emploi, ceux qui sont restés sur le carreau et ceux qui sont aujourd'hui décédés. Une évaluation actuarielle viendra préciser l'ampleur des dommages subis par chaque travailleur depuis quatre ans.

La somme globale réclamée se situera entre 800 millions $ et 1 milliard $, indique Me Jean-François Bertrand.

Les gouvernements complices

Les ex-travailleurs d'Aveos veulent aussi poursuivre les gouvernements du Québec et du Canada qui, disent-ils, ont cautionné et illégalement toléré la contravention à la loi par Air Canada.

En avril 2012, la Procureure générale du Québec (PGQ) avait pourtant déposé un recours devant la Cour supérieure pour faire établir juridiquement le fait qu'Air Canada contrevenait à sa loi constituante en fermant ses centres d'entretien. La Cour supérieure puis la Cour d'appel lui ont donné raison.

Les juges de la Cour d'appel commandaient à Air Canada de reprendre ses centres d'entretien après la faillite d'Aveos.

Le litige s'est transféré en Cour suprême, mais est depuis suspendu en raison, prétendent les travailleurs, d'une entente secrète entre le gouvernement du Québec et Air Canada pour l'achat par le transporteur de 45 avions de la CSeries de Bombardier.

«Par la conclusion d'une telle entente, la PGQ a clairement abandonné les anciens travailleurs d'Air Canada et d'Aveos en ce qu'elle a indûment favorisé ses propres intérêts au détriment de ceux des travailleurs», affirme l'association des travailleurs qui considère que l'entente visait à justifier les investissements de 1,3 milliard de dollars injectés par le gouvernement du Québec dans le développement des avions de la CSeries.

Le gouvernement du Canada est lui demeuré complètement passif devant le sort fait aux travailleurs, allègue-t-on dans la requête en autorisation. Pire encore, le gouvernement Trudeau veut maintenant «légaliser l'illégal» avec le dépôt de son projet de loi C-10 concernant Air Canada, constate Jean Poirier, ancien représentant syndical des travailleurs, à l'occasion d'un point de presse mardi au cabinet de son avocat, Me Jean-François Bertrand.

Malgré le dépôt de cette requête en autorisation de recours collectif, les travailleurs d'Aveos se disent ouverts à discuter avec Air Canada et les gouvernements dans le but d'en arriver à un règlement.

Anglade «entend la requête»

La ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, a dit prendre acte de la demande de recours. «J'entends la requête, mais le processus est judiciarisé et par respect pour le processus, je ne peux pas entrer dans le détail de ce qui a été mis de l'avant», a-t-elle dit en mêlée de presse en marge d'une annonce sur le numérique à l'hôtel de ville de Québec.

La ministre Anglade s'est toutefois défendue d'avoir laissé tomber les travailleurs d'Aveos.

«On a été particulièrement avec eux parce qu'il y a justement eu tout un litige. Je vous rappelle qu'en quatre ans, il n'y a pas eu un emploi de qualité créé avec ce litige», a-t-elle dit en appelant à prendre «un certain recul» le temps des discussions. «Ce que nous souhaitons est de créer des emplois de qualité et de long terme. Prenons un peu de perspective : on fait ça dans le but de parler des 40 000 emplois en aérospatiale au Québec et du fait que l'on veut qu'il y ait des commandes pour la CSeries.» 

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