Moins de formation pour les policiers de Lévis

Les heures de formation des agents seront diminuées... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Les heures de formation des agents seront diminuées de près du quart cette année, dénonce la Fraternité des policiers de Lévis.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Les heures de formation des policiers de Lévis seront amputées de près du quart en 2016, alors que les interventions en santé mentale se font de plus en plus fréquentes sur le territoire, dénonce Marc Allard, président de la Fraternité des policiers de Lévis.

«On sait que la criminalité est en baisse à Lévis, mais on a un phénomène grandissant de gens qui ont des problèmes de santé mentale et qui sont laissés à eux-mêmes. On en a beaucoup plus ces dernières années», indique le représentant syndical. 

François Dubé, directeur adjoint au Service de police de la Ville de Lévis, admet que les heures de formation des policiers, tous sujets confondus, seront moindres en 2016, sans pouvoir quantifier la baisse. «On a dû réduire quelque peu pour être capables de boucler [le budget].»

Il soutient toutefois que la santé mentale est un «secteur d'activité qui prend de l'ampleur» dans son service, tout en indiquant que «depuis les dernières années, on s'en est occupés grandement».

Les policiers ont tous assisté à une demi-journée de formation à ce sujet en 2014, et à une autre demi-journée en 2015, explique M. Dubé. «On a aussi tous les jours un partenariat actif avec Urgence-Détresse», ajoute-t-il.

Marc Allard salue ces initiatives, mais, selon lui, ce n'est pas suffisant. «Oui, on a eu de la formation en santé mentale, mais c'était pour faire affaire avec des gens pacifiques, en relation d'aide. Ce qu'on n'a jamais eu, c'est comment réagir et intervenir auprès de personnes qui ont des problèmes de santé mentale et qui sont agressives. C'est carrément différent», lance-t-il. 

Les policiers de Lévis demandent fréquemment de l'aide aux intervenants d'Urgence-Détresse, qui se déplacent parfois. Mais souvent, les conseils sont donnés au téléphone. 

«Encore là, c'est un service utile quand la personne coopère. Mais quand on a quelqu'un qui devient tout à coup violent devant nous, il faut réagir en une fraction de seconde», explique M. Allard. 

C'est pourquoi il plaide pour que les policiers aient accès à davantage de formation et «aux bons outils», notamment au pistolet à impulsion électrique Taser. Intéressé, le Service de police de la Ville de Lévis prendra une décision finale dans quelques mois, à savoir s'il s'en procure et comment il le fera.  

Cas médiatisés

Ces derniers temps, les policiers de Lévis ont eu du fil à retordre avec des citoyens aux prises avec des problèmes de santé mentale. Des coups de feu ont été tirés sur Andrée Morin, 37 ans, lors d'une poursuite au centre-ville à la mi-mars. Les policiers étaient intervenus auprès d'elle deux fois dans les 24 heures précédentes. 

En février, les policiers ont dû demander l'aide de leurs collègues à Québec, armés d'un pistolet Taser, pour maîtriser un homme en crise, qui s'était enfermé dans une chambre de l'aile psychiatrique de l'Hôtel-Dieu de Lévis. 

Ni M. Allard ni M. Dubé n'ont voulu commenter ces cas précis. Reste qu'une étude de la chercheuse Annie Gendron, de l'École nationale de police du Québec, a révélé cette semaine que sur 143 enquêtes indépendantes récentes, 79 % des individus impliqués «étaient dans un état de conscience altéré par un problème de santé mentale, un état d'intoxication ou les deux conditions». 

«La réalité est là, à Lévis et partout au Québec. Alors, c'est sûr qu'on va se requestionner sur comment on pourrait faire les choses encore mieux», indique M. Dubé. 

Interrogé la semaine dernière par Le Soleil, François Winter, directeur général de l'organisme L'A-Droit, a réclamé qu'un centre de crise similaire à PECH (Programme d'encadrement clinique et d'hébergement), à Québec, soit implanté à Lévis. L'endroit accueille les personnes en crise, au lieu que les policiers les déposent à l'hôpital. 

Si les fonds et les ressources sont au rendez-vous, l'idée sourit à M. Dubé. «C'est un magnifique programme pour le Service de police de la Ville de Québec.»  Avec la collaboration de Jean-François Néron

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