Une longue enquête débute aux Îles-de-la-Madeleine

Une équipe de 20 membres de la Sûreté... (Fournie par le BST)

Agrandir

Une équipe de 20 membres de la Sûreté du Québec et des enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports sont arrivés sur les lieux de la tragédie, mercredi.

Fournie par le BST

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) C'est une longue et difficile enquête qui s'est amorcée mercredi aux Îles-de-la-Madeleine pour déterminer les causes de l'accident d'avion qui a fait sept morts mardi, dont le chroniqueur politique Jean Lapierre et quatre membres de sa famille.

Les six enquêteurs en provenance des bureaux de Montréal et de Nouvelle-Écosse sont arrivés sur le site de la tragédie en début d'après-midi. Leurs tâches au cours des prochains jours s'annoncent nombreuses et complexes.

«Pour faire une enquête détaillée, nous devons dans un premier temps faire l'acquisition des données, documenter le site et rencontrer des témoins», a indiqué d'entrée de jeu l'enquêteur André Turenne, lors d'un point de presse tenu mercredi en fin d'après-midi. Le BST a aussi mentionné que des pièces de l'appareil pourraient être transportées jusqu'au centre d'expertise situé à Ottawa pour y subir des analyses plus approfondies.

Depuis l'écrasement rapporté mardi à 11h40 dans un champ près du chemin Richard, les hypothèses se succèdent pour expliquer les causes de l'accident.

Des experts consultés par Le Soleil mardi évoquaient que les mauvaises conditions météo - brume, pluie et vents forts - et la sensibilité de l'appareil, difficile à manoeuvrer dans de telles conditions, pouvaient expliquer le drame.

En point de presse, l'enquêteur a fait sentir qu'il ne spéculera pas. «Il faut établir des faits : que ce soit sur les compétences des membres de l'équipage, les systèmes de l'appareil ou la météo», a indiqué M. Turenne.

Le BST a déjà demandé l'aide du Conseil national de la sécurité des transports des États-Unis, où était enregistré l'avion. L'organisme est le pendant américain du BST. La Federal Aviation Administration, agence gouvernementale américaine chargée des réglementations et des contrôles de l'aviation civile aux États-Unis, a aussi été sollicitée. Enfin, Mitsubishi, constructeur de l'appareil MU-2B-60, a confirmé qu'il dépêchera des experts pour analyser le site d'accident.

Le travail pourrait durer plusieurs jours, indiquait plus tôt en journée John Cottreau, porte-parole au BST. Aux tâches de recherche d'indices sur le terrain et d'analyse de la carlingue s'ajoutent la prise de photos et la cueillette des données météorologiques au moment de l'accident, donnait-il en exemple.

Un autre enquêteur qui participait au point de presse s'est permis d'avancer qu'il pourrait s'agir d'un accident lors de l'approche. Ce genre d'accident est inscrit depuis 2010 sur une liste de surveillance prioritaire du BST.

Sur son site Internet, l'organisme fédéral indique avoir enregistré de 2009 à 2013, en moyenne, 150 accidents à l'approche et à l'atterrissage mettant en cause des aéronefs. «Les approches stables augmentent sensiblement les chances d'atterrir en toute sécurité. Selon les études, de 3,5 % à 4 % des approches sont instables. De celles-ci, 97 % se poursuivent jusqu'à l'atterrissage», est-il écrit sur le site.

L'enquêteur principal du Bureau de la sécurité des... (La Presse, Olivier Pontbriand) - image 2.0

Agrandir

L'enquêteur principal du Bureau de la sécurité des transports du Canada, André Turenne, a expliqué aux journalistes le déroulement de l'enquête visant à déterminer les causes de l'écrasement qui a coûté la vie à sept personnes, mardi.

La Presse, Olivier Pontbriand

Écarter la cause criminelle

Une équipe de 20 membres de la Sûreté du Québec (SQ), basée à Montréal, est arrivée la première vers 8h mercredi à l'île du Havre aux Maisons. Elle est composée d'enquêteurs des crimes contre la personne, de l'identité judiciaire et d'agents du service d'urgence. «Notre mandat est de s'assurer qu'il n'y a pas d'élément criminel en cause dans cet accident et faire un retour sur les 24 dernières heures des personnes qui étaient sur le vol. C'est une procédure courante en pareille circonstance», explique la sergente Martine Asselin. Des agents doivent aussi assurer la sécurité sur le site de l'accident pour que les enquêteurs puissent faire leur travail en toute tranquillité. La SQ travaille en collaboration avec les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports.

Tâches amorcées ou à venir

  • Identifier des composants électroniques pouvant servir à comprendre le profil de vol
  • Analyser le site et le relief
  • Photographier l'épave du sol et des airs
  • Transporter l'appareil au laboratoire d'Ottawa
  • Recueillir des renseignements sur la météo
  • Compiler les informations sur les communications des services de circulation aérienne et des données radar
  • Obtenir les dossiers d'entretien de l'aéronef et les dossiers de formation des pilotes
  • Mener des entrevues auprès des témoins

La famille Gosselin cherche des réponses

La famille de Pascal Gosselin, le pilote décédé dans l'accident, a exprimé sa douleur et son incompréhension, mercredi, par voie de communiqué. «Nous manquons de mots pour qualifier l'incommensurable douleur qui nous habite. Nous offrons nos sympathies à la famille Lapierre avec qui nous entretenions de profonds liens d'amitié et aux proches de Fabrice Labourel», écrit-elle. Nous ne pouvons expliquer l'inexplicable. En ce moment, tous souhaitent des réponses qui n'arriveront malheureusement pas aujourd'hui.» La famille dit collaborer pleinement aux enquêtes en cours et souhaite vivre son deuil dans l'intimité.

Mitsubishi a publié un communiqué, mercredi, pour exprimer... (Tirée de www.newswire.ca) - image 5.0

Agrandir

Mitsubishi a publié un communiqué, mercredi, pour exprimer ses condoléances aux familles éprouvées par la tragédie aux Îles-de-la-Madeleine.

Tirée de www.newswire.ca

Condoléances en «franglais»

Dans un français approximatif, Mitsubishi a publié un communiqué, mercredi, pour exprimer ses condoléances aux familles éprouvées. «La famille de l'aviation Mitsubishi est profondément attristé par les rapports de cet accident et adresse ses condoléances sincèrement de ceux à bord de l'avion qui sont descendus dans Les Îles-de-la-Madeleine [sic]» peut-on lire. Il s'agit visiblement d'un communiqué passé dans un logiciel de traduction ou corrigé par une personne au français déficient. L'entreprise poursuit : «La majorité d'environ 270 MU-2 avions sont enregistrés dans le États-Unis où l'avion a un meilleur dans son dossier de sécurité de classe au cours des huit dernières années». En fin de soirée, la compagnie a toutefois fait amende honorable en publiant un nouveau communiqué, écrit dans un français plus adéquat.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer